Bibliotheca Classica Selecta - Personalia - Jacques Poucet


Jacques Poucet - Bibliographie - C. Publications numériques
(rangées par sujets)


La publication électronique

Publication électronique et ressources bibliographiques [FEC 1-2001]

  Cet article, dont la première version date de 2001, s'adresse essentiellement à des lecteurs universitaires, étudiants ou collègues en langues classiques, et tente de répondre à une question qu'ils peuvent légitimement se poser s'ils ne sont pas encore des familiers de la Toile : que peut apporter cette dernière au chercheur ? Même aussi strictement balisé, le domaine à explorer reste très vaste ; et l'article n'aborde en fait que deux aspects particuliers, celui de la publication électronique et celui de l'information bibliographique. Le texte en a été revu en 2007.


In memoriam...

[avec Lambrechts Roger], In memoriam Franz De Ruyt (1907-1992) : I. Notice ; II. Bibliographie [FEC 14-2007]

  Notice bio-bibliographique rédigée par Roger Lambrechts et par Jacques Poucet à la mémoire de leur maître commun, le Professeur Franz De Ruyt, dont ils furent aussi le collègue à l'Université de Louvain et le confrère à l'Académie royale de Belgique. Le texte original figure dans Académie royale de Belgique. Annuaire 1994, t. 160, Bruxelles, 1994, p. 77-116. La première partie de l'article présente la vie et l'oeuvre de Franz De Ruyt, qui fut tout à la fois philologue classique, archéologue et étruscologue. La bibliographie détaillée du savant est rassemblée dans la seconde partie.

In memoriam Roger Lambrechts (1927-2005) : I. Notice ; II. Bibliographie [FEC 15-2008]

  Notice bio-bibliographique sur Roger Lambrechts, professeur à l'Université de Louvain, qui, comme son maître Franz De Ruyt, fut philologue classique, archéologue et étruscologue. On lui doit notamment les fouilles d'Artena et des travaux de grande valeur sur les miroirs étrusques, dont il fut un spécialiste mondialement reconnu. Le texte original de cette notice a été publié dans Académie royale de Belgique. Annuaire 2008, t. 174, Bruxelles 2008, Notices biographiques, p. 67-101. La première partie présente la vie et l'oeuvre du savant, la seconde sa bibliographie détaillée.


Autour de Georges Dumézil

Georges Dumézil (1898-1986) [FEC 3-2002]

  Cette présentation très générale de la vie et de l'oeuvre de Georges Dumézil a fait l'objet, le 1 juin 1992, d'un exposé oral, à l'occasion d'une séance de la Classe des Lettres de l'Académie royale de Belgique, dont Georges Dumézil était membre associé. Le texte original a été publié dans le Bulletin de la Classe des Lettres et des Sciences Morales et Politiques de l'Académie Royale de Belgique, 6e série, t. 3, 1992, p. 221-230. Dans la présente version électronique, la bibliographie sélective (établie en 1992) a été complétée in fine pour mieux répondre à la situation de 2002.

Autour de Georges Dumézil : Aspects de l'héritage indo-européen dans la religion romaine archaïque [FEC 3-2002]

  Cet article reprend en partie le texte d'une lecture faite le 13 mai 2002 à Bruxelles lors d'une séance publique de la Classe des Lettres de l'Académie royale de Belgique. L'intégralité de l'exposé est paru dans le Bulletin de la Classe des Lettres et des Sciences Morales et Politiques de l'Académie Royale de Belgique, 2002, p. 163-187. Après une présentation générale de l'idéologie trifonctionnelle de Georges Dumézil, qu'il s'agisse du cadre général d'analyse ou de conceptions plus particulières, l'article s'arrête plus en détail sur trois questions : la triade précapitoline des flamines majeurs (Jupiter, Mars et Quirinus), le rituel des Matralia et la question des « hôtes entêtés » de Jupiter.

Autour de Georges Dumézil : Aspects de l'héritage indo-européen dans l'annalistique [FEC 3-2002]

  Adaptation française, mise à jour et légèrement remaniée, de la seconde partie de l'article Il retaggio indoeuropeo nella tradizione sui re di Roma. A che punto è il dibattito ?, parue dans J. Ries et N. Spineto [Éd.], Esploratori del pensiero umano : Georges Dumézil e Mircea Eliade, Milan, Jaca Book, 2000, p. 103-127 (Di fronte e attraverso, 539). Le même sujet a fait l'objet d'un exposé oral à Bruxelles, le 13 mai 2002, à l'occasion de la séance publique de la Classe des Lettres de l'Académie royale de Belgique (cfr l'article précédent).

  L'article montre la grande diversité sous laquelle est susceptible d'apparaître l'héritage indo-européen dans l'annalistique latine : on rencontre ainsi tantôt des structures d'ensemble fort vastes, tantôt des micro-récits à la structure claire, tantôt des structures imparfaites, tantôt un système complexe d'harmoniques. La matière est délicate, et dans leur recherche d'attestations de la trifonctionnalité indo-européenne, les analystes peuvent facilement se tromper. Il faut également rappeler que cet héritage indo-européen relève non pas de l'Histoire, mais de l'Imaginaire. Reste posée par ailleurs la question des conditions de la transmission à Rome de ces schémas extrêmement anciens.

Comparaison typologique et comparaison génétique : Alexandre Grandazzi et la méthode comparative de Georges Dumézil [FEC 3-2002]

  Dans son livre La fondation de Rome. Réflexions sur l'histoire, Paris, 1991 (Histoire), Alexandre Grandazzi porte un jugement négatif sur l'intérêt des thèses de Georges Dumézil en ce qui concerne l'annalistique romaine. Ce jugement illustre, à notre sens d'une manière exemplaire, un cas typique d'incompréhension de la méthode du comparatiste français. Cette question a été abordée dans quelques pages (p. 424-433) de notre livre sur Les Rois de Rome. Tradition et histoire, Bruxelles, 2000 (Académie Royale de Belgique. Mémoires de la Classe des Lettres. Collection in-8°, 3e série, tome 22). On les trouvera reprises ici.

Georges Dumézil et les historiens de la Rome ancienne : un bilan récent [FEC 3-2002]

  Adaptation française de la première partie de l'article Il retaggio indoeuropeo nella tradizione sui re di Roma. A che punto è il dibattito ?, publié dans J. Ries e N. Spineto [Éd.], Esploratori del pensiero umano : Georges Dumézil e Mircea Eliade, Milan, Jaca Book, 2000, p. 103-127 (Di fronte e attraverso, 539). Les réticences et les incompréhensions des historiens de la Rome primordiale sont encore nombreuses. Plusieurs continuent, sinon à ignorer superbement, en tout cas à marginaliser une oeuvre qu'ils n'ont pas nécessairement pris la peine de lire correctement et dont ils ne comprennent pas toujours les véritables enjeux. On a toutefois l'impression qu'un important travail positif est en train de s'effectuer. Plusieurs chercheurs, qui ont fait l'effort nécessaire pour saisir la pensée de G. Dumézil et sa complexe évolution, tentent, les uns de poursuivre son oeuvre en la nuançant ou en la développant, les autres d'en proposer une adaptation critique qui aide à mieux définir son apport à la problématique du sujet.


Anténor, Venise et les Troyens

Le mythe de l'origine troyenne au Moyen âge et à la Renaissance : un exemple d'idéologie politique (Anténor, fondateur de Venise. II) [FEC 5-2003]

  Une riche minature d'un manuscrit du XVe siècle (la Fleur des Histoires de Jean Mansel), conservé à la Bibliothèque royale Albert Ier de Bruxelles, représente la fondation de Venise par le Troyen Anténor. Dans les FEC 3 (2002), une contribution abondamment illustrée de Danielle De Clercq a abordé les aspects iconographiques de la question. Le présent article est consacré aux aspects historico-légendaires du motif d'Anténor fondateur de Venise. On le replacera dans le contexte, beaucoup plus large, du mythe de l'origine troyenne de plusieurs peuples, régions ou cités de l'Europe médiévale et moderne. On est en effet en présence d'une idéologie politique qui fut très importante au Moyen âge et à la Renaissance. Le sujet a également été traité dans un article intitulé L'origine troyenne des peuples d'Occident au Moyen Âge et à la Renaissance. Un exemple de parenté imaginaire et d'idéologie politique, et publié dans Les Études Classiques, t. 72, 2004, p. 75-107.

Anténor et Venise dans les anciennes chroniques vénitiennes (Anténor, fondateur de Venise. III) [FEC 5-2003]

  La présente étude cherche à retrouver la source de la notice où Jean Mansel (XVe siècle) attribue la fondation de Venise au Troyen Anténor. Explorant les anciens écrits vénitiens, elle montre que plusieurs chroniques font une place à Anténor aux origines de Venise, que l'une d'entre elles, la Cronaca di Marco (1292), présente même un rapport assez précis avec la Fleur des Histoires, mais qu'en définitive aucun texte de chroniqueur vénitien ne peut être considéré comme la source directe de Jean Mansel. Placé sur la Toile en mai 2003, cet article est également paru dans Être romain. Hommages in memoriam Charles Marie Ternes, édités par Robert Bedon et Michel Polfer, Remshalden, Greiner, 2007, p. 273-295.

La fondation troyenne de Venise chez Jean Mansel. La source du motif (Anténor, fondateur de Venise. IV) [FEC 6-2003]

  Suite de l'enquête menée pour retrouver la source de la notice où Jean Mansel (XVe siècle) attribue la fondation de Venise au Troyen Anténor. Le présent article explore d'autres textes médiévaux que les anciennes chroniques vénitiennes, en mettant cette fois l'accent sur le Roman de Troie de Benoît de Sainte-Maure (vers 1165), sur la Cronaca di Marco (vers 1292) et sur l'Histoire ancienne jusqu'à César ou Estoires Rogier (entre 1208 et 1213). Au terme de l'enquête, on peut considérer la notice des Estoires Rogier comme la source de la notice de Jean Mansel dans la Fleur des Histoires (XVe siècle). Toute la question reste de savoir si elle en est une source directe ou indirecte. Pour le déterminer, il faudra voir comment se présente le motif des Troyens, d'Anténor et de Venise dans les autres textes antérieurs à la Fleur des Histoires. Cette partie de l'enquête reste encore à faire.

Les Troyens aux origines des peuples d'Occident, ou les fantasmes de l'Histoire [FEC 12-2006]

  La légende troyenne fournit de beaux exemples de parenté imaginaire et d'idéologie politique dans l'Occident médiéval et moderne : nombreux sont en effet les peuples, les régions ou les cités qui ont revendiqué une origine troyenne. On ignore souvent ces prolongements du mythe de fondation de la Rome ancienne. Ils constituent pourtant une donnée intéressante à l'heure où se discutent les frontières de l'Europe. L'article reprend le texte d'une conférence prononcée à Paris, le 3 avril 2006, aux « Conférences de Clio » dans le cadre d'un cycle intitulé Les origines et les premiers siècles de Rome : Tradition, Histoire et prolongements modernes. Cette conférence reprend, parfois avec plus de détails, le contenu de deux autres articles cités précédemment : Anténor et Venise dans les anciennes chroniques vénitiennes, et Le mythe de l'origine troyenne au Moyen Âge et à la Renaissance, publiés tous les deux dans les FEC 5 (2003).


Autour de Denys d'Halicarnasse et de Virgile

Denys d'Halicarnasse : un historien entre deux mondes [FEC 9-2005]

  En avril 2003, Madame Anouk Delcourt a soutenu à l'Université de Louvain une thèse de doctorat en histoire, intitulée Un historien entre deux mondes. Lecture des « Antiquités Romaines » de Denys d'Halicarnasse. L'ouvrage issu de cette thèse a été publié par l'Académie en 2005 : A. Delcourt, Lecture des « Antiquités Romaines » de Denys d'Halicarnasse. Un historien entre deux mondes, Bruxelles, 419 p. (Collection des Mémoires de la Classe des Lettres, in-8°, 3e série, Tome XXXIV). Le présent article contient le rapport de Jacques Poucet, premier commissaire, repris du Bulletin de l'Académie royale de Belgique. Classe des Lettres, 2004, p. 161-169. Il est livré ici sans autres modifications qu'une adaptation des références à la pagination du livre. Un autre compte rendu détaillé de cet ouvrage a été publié par Nicolas Wiater dans la Bryn Mawr Classical Review (octobre 2005).

L'Énéide et la tradition prévirgilienne. Quelques spécificités de l'Énéide par rapport à la légende d'Énée antérieure à Virgile [FEC 4-2002]

  Lorsqu'on compare les motifs de l'Énéide avec ceux que présentent les versions pré- et périvirgiliennes, on relève de très nombreuses différences ponctuelles. Certaines ne touchent que des détails, d'autres sont beaucoup plus importantes. Par ailleurs, elles ne sont pas toujours toutes explicables. L'article met aussi l'accent sur deux principes de composition utilisés par Virgile pour organiser la matière, à savoir la dilatation et la condensation. Il souligne également l'influence prédominante d'Homère ainsi que de très nombreuses autres influences littéraires, avant de mettre en avant une série de perspectives spécifiques, de type rédactionnel et de type idéologique.

Le motif de la truie romaine aux trente gorets. I. Virgile et les attestations pré- et périvirgiliennes [FEC 7-2004] ; II. Une donnée folklorique : Le motif de la truie romaine aux trente gorets [FEC 7-2004] ; III. Les actualisations romaines [FEC 7-2004]

  L'épisode de la truie aux trente gorets que Virgile a mis en scène dans l'Enéide (III, 387-393 ; VIII, 36-49 et 81-85) est examiné sous plusieurs de ses aspects dans les trois parties de cette étude. Il sera question d'abord de la présentation du sujet chez Virgile ainsi que chez les auteurs pré- et périvirgiliens. La deuxième partie replacera l'épisode romain dans une perspective plus large : on verra qu'il s'agit fondamentalement d'une donnée folklorique attestée dans de nombreuses cultures : celle de l'animal-guide. Enfin, la troisième partie étudiera plus en détail la manière dont le motif a été utilisé et transformé en milieu romain et notamment chez Virgile.


Perspectives ethnographiques en rapport avec le monde romain

Le motif de la truie romaine aux trente gorets. II. Une donnée folklorique [FEC 7-2004

  Sur la donnée folklorique de l'animal-guide, attestée dans de nombreuses cultures, et qu'on retrouve, utilisée par Virgile, dans l'épisode de la truie aux trente gorets (Énéide, III, 387-393 ; VIII, 36-49 et 81-85).

Sur la « chasse aux têtes » dans l’ethnographie et dans la Rome antique. I. Le catalogue ethnographique [FEC 13-2007; II. Le cas romain [FEC 13-2007] ; l'ensemble en un seul fichier PDF [FEC 13-2007]

  Cette contribution trouve sa source dans la lecture d'un article de Jean-Louis Voisin (Les Romains chasseurs de têtes, dans Du châtiment dans la cité, Rome, 1984, p. 241-293) et d'un livre de Claude Sterckx (Les mutilations des ennemis chez les Celtes préchrétiens. La Tête, les Seins, le Graal, Paris, L’Harmattan, 2005, 183 p.). La première partie feuillette le catalogue ethnographique ; la seconde est consacrée à Rome. Il apparaît que si on veut malgré tout qualifier les Romains de chasseurs de têtes, il serait peut-être bon de mettre l’expression entre guillemets ou de bien préciser qu’ils ne l’étaient pas à la manière de tant d’autres peuples passés dans l’Histoire avec cette étiquette. Les Romains ont coupé beaucoup de têtes, mais ils n’ont, au sens propre, chassé les têtes qu’occasionnellement, dans des circonstances très particulières.

Valéria Luperca et le « maillet guérisseur falisque » (pseudo-Plutarque, Parall. minor., 35) [FEC 9-2005] : version HTML - version PDF

  Valéria Luperca est l’héroïne d’une histoire que le récit 35 des Parallèles mineurs du pseudo-Plutarque localise à Faléries. De son contenu, les spécialistes de la religion romaine ne savent trop que faire. En replaçant l'anecdote dans une large perspective comparatiste, Claude Sterckx (Sucellos et Valéria Luperca, dans Ildánach Ildírech. A Festschrift for Proinsias Mac Cana, edited by J. Carey, J. T. Koch, & P.-Y. Lambert, Andover et Aberystwyth, 1999, p. 255-261) a eu récemment le grand mérite de rouvrir un dossier qui paraissait bloqué. Cet article, destiné surtout à ceux qui souhaiteraient prolonger l’enquête de Claude Sterckx, voudrait présenter un certain nombre d'observations et de réflexions, portant d'abord sur le volet romano-falisque du dossier, ensuite sur quelques aspects plus proprement comparatifs.

Le fantastique périple des dema, des Marind-Anim de P. Wirz aux Romains d'A. Carandini. Réflexions critiques sur un mauvais usage de la comparaison ethnographique, trois fichiers PDF : 411 K, 258 K et 282 K [FEC 16, 2008, 72 p.]

  Cette étude s’attache à montrer les faiblesses méthodologiques d’A. Carandini dans son utilisation du matériel ethnographique. Elle est consacrée aux dema, un type particulier d’êtres primordiaux, identifiés dans les cultures des paléocultivateurs et qu’A. Carandini a voulu récemment réintroduire dans le dossier des primordia de Rome (Latinus, Romulus, Quirinus, Faustulus, Mars, Jupiter, entre autres, sont pour lui des dema). L'analyse montre que le savant italien reprend sans critique des positions dépassées, dans une indifférence totale à l’égard de la bibliographie du sujet. Le concept « carandinien » de dema n’a plus rien à voir avec le concept de base, à part le nom. L’intervention des dema dans la légende romuléenne est absurde et dangereuse pour la suite de la recherche.

Andrea Carandini, Romulus et les dema. Naissance, diffusion et ravages d'un produit ethnographique toxique, fichier PDF, 272 K [FEC 17, 2009, 22 p.]

  Texte d'une communication faite au 7e Colloque International du Monde Indo-Européen et de Mythologie comparée (Louvain-la-Neuve, 20 mars 2009) et résumant fortement l'article ci-dessus. Le concept, lancé par A. Jensen, de la « divinité-dema » est considéré comme un produit toxique. Il a contaminé la thèse de A. Brelich sur l'identification primitive de Romulus à Quirinus, avant d'être repris et développé par A. Carandini, qui a introduit nombre de nouveaux dema dans les primordia de Rome.

Le démembrement de Romulus : J.G. Frazer et A. Carandini. Réflexions critiques sur un mauvais usage de la comparaison ethnographique (II), fichier PDF, 413 K [FEC 16, 2008, 37 p.]

  Cette étude s’attache elle aussi à montrer les faiblesses méthodologiques d’A. Carandini dans son utilisation du matériel ethnographique. Elle s’intéresse à la manière dont A. Carandini pense pouvoir interpréter le démembrement de Romulus à partir d’une impressionnante collection de faits de démembrements puisés pour une bonne part dans les célèbres compilations du Rameau d’Or de J.G. Frazer (1911-1915). Elle dénonce la légèreté qui préside au choix, à la présentation et au traitement des exemples retenus ; elle note l’absence totale de critique à l’égard des données de Frazer, reprises ici encore dans une ignorance superbe des progrès de la recherche ; elle pose la question de la pertinence même des comparaisons ethnographiques qui sont invoquées sans tenir le moindre compte des nombreuses différences de contexte.


Autour des origines et des premiers siècles de Rome

La tradition ancienne sur les origines et les premiers siècles de Rome. I. Une réalité complexe et multiforme [FEC 15-2008]

  Ce qu'on appelle « la tradition» est en réalité un ensemble complexe et multiforme. Idéalement, toute discussion aurait souvent intérêt à préciser le type de tradition auquel il est fait référence : tradition écrite, orale, iconographique ; tradition grecque, romaine, étrusque ; tradition directe ou indirecte ; courant annalistique, érudit, poétique au sein de la tradition littéraire romaine, etc. La valeur des notices dépend souvent du type de tradition qui la véhicule. L'article reprend, sans l'appareil des notes, les p. 27-44 du livre de J. Poucet, Les Rois de Rome. Tradition et histoire (Bruxelles, Académie royale de Belgique, 2000. 517 p.).

La tradition ancienne sur les origines et les premiers siècles de Rome. II. Une réalité vivante et dynamique [FEC 15-2008]

  Cette seconde partie reprend, sans l'appareil de notes, les p. 44-75 du livre de J. Poucet, Les Rois de Rome. Tradition et histoire (Bruxelles, Académie royale de Belgique, 2000. 517 p.). Elle traite cette fois du caractère vivant et dynamique de la tradition et aborde les questions suivantes : (1) Phases préfabienne et postfabienne de la tradition ; (2) Uniformité et variété ; (3) Facteurs responsables de l'évolution ; (4) Rééquilibrages homéostatiques et constructions idéologiques ; (5) Une tradition vivante et dynamique avant et après Fabius Pictor ; (6) Motifs libres et motifs classés, variations libres sur des motifs imposés ; (7) Enrichissements, excroissances, bourgeonnements, concentrations ; (8) Motifs purs et habillage littéraire : la notion de variante significative ; (9) La grande ancienneté des motifs classés ; (10) « Faits structuraux » et « superstructures narratives ».

Romulus : fondateur et premier roi de Rome [FEC 2-2001]

  Texte d'une courte conférence prononcée le 25 novembre 1997, au Forum des Halles de Louvain-la-Neuve. Destinée à un large public, elle ne fait que tracer un cadre général. Racontant l'essentiel du récit traditionnel, elle en énumère les différents constituants, au nombre desquels l'histoire authentique n'a pas sa place.

Les Rois de Rome. Autopsie d'un récit historico-légendaire [FEC 1-2001]

  Texte, légèrement modifié, d'une lecture faite à Bruxelles le 9 mai 1994, lors d'une séance publique de l'Académie royale de Belgique. Publié dans le Bulletin de la Classe des Lettres de l'Académie royale de Belgique, 6e série, tome V, 1994, p. 159-184, l'article présente, d'une manière synthétique, avec de rares notes, quelques aspects des recherches menées par l'auteur sur la tradition des origines et des premiers siècles de Rome, en se limitant toutefois aux problèmes d'historicité et de composition. L'« autopsie » du récit traditionnel identifie bien certains éléments d'histoire authentique, mais ils sont relativement peu nombreux et limités à la royauté dite étrusque. Apparaissent aussi des motifs indo-européens (sur l'importance desquels la discussion est encore ouverte), des motifs ethnographiques (surtout dans les gestes de Romulus et de Servius Tullius) et des motifs grecs. En réalité l'essentiel du récit est constitué par des éléments romains, qui ne relèvent toutefois pas de l'histoire authentique mais de l'anachronisme et de l'étiologie.

Le roi Romulus, ou les silences de l'Histoire [FEC 12-2006]

  Texte d'une conférence d'une heure et demi, prononcée à Paris, le 20 mars 2006, dans le cadre des « Conférences de Clio ». C'est la première d'un cycle intitulé Les origines et les premiers siècles de Rome : Tradition, Histoire et prolongements modernes. Traitant avec assez bien de détails du cas de Romulus et exposant la méthode utilisée pour analyser ce type de tradition, elle montre que les récits portant sur le règne de Romulus sont constitués d'un amalgame réussi de divers constituants : données ethnographiques, éléments indo-européens, motifs grecs, anachronismes, étiologies, mais que l'histoire authentique n'y apparaît pas. En d'autres termes, la geste de Romulus se caractérise par les silences de l'Histoire.

Romulus et Rémus, les jumeaux fondateurs de Rome [FEC 12-2006]

  Quatrième volet du cycle parisien des « Conférences de Clio » (16 octobre 2006) sur Les origines et les premiers siècles de Rome : Tradition, Histoire et prolongements modernes. Elle est entièrement consacrée à la légende des jumeaux fondateurs, beaucoup plus compliquée qu'on ne le croit souvent. On aurait en effet tort de croire qu'il y toujours eu des jumeaux comme fondateurs de Rome. Ce n'était pas le cas à l'origine, dans le monde grec en tout cas. L'article tente non seulement d'analyser la légende, mais aussi d'en retrouver l'évolution et la signification.

Les rois dits étrusques, ou la lente émergence de l'Histoire [FEC 12-2006]

  Second volet du cycle parisien des « Conférences de Clio » (27 mars 2006) sur Les origines et les premiers siècles de Rome : Tradition, Histoire et prolongements modernes. Il s'agit maintenant des derniers rois, dits parfois étrusques. L'application de la méthode présentée dans la première conférence révèle cette fois, à côté des constituants identifiés dans les premiers récits, la présence d'un petit nombre de noyaux d'histoire authentique. Ils sont toutefois déformés à un point tel que l'historien moderne a beaucoup de mal pour les évaluer à leur juste valeur et les intégrer correctement dans sa reconstruction. L'Histoire authentique émerge lentement dans les récits.

Les Tarquins, les Livres Sibyllins et la Sibylle de Cumes : entre Tradition, Histoire et Imaginaire, fichier PDF, 118 K [FEC 16, 2008, 20 p.]

  L'analyse des témoignages antiques conclut à la non-historicité d’un site oraculaire de la Sibylle à Cumes. Le motif, auquel Virgile a donné tant d’éclat, relève non de l’Histoire, mais de l’Imaginaire.

Quand l'archéologie, se basant sur la tradition littéraire, fabrique de la « fausse histoire » : le cas des origines de Rome, fichier PDF avec illustrations, 3560 K [FEC 16, 2008, 52 p.]

  Texte, revu et complété, d'une leçon tenue à Bruxelles, à l'Académie royale de Belgique, le samedi 13 décembre 2008, dans le cadre des activités de l'École doctorale n° 4 du F.N.R.S. belge. L'exposé s'intégrait dans la partie commune de la section « Histoire, Archéologie et Histoire de l'Art » qui avait pour thème cette année-là : « Faux et usage du faux ». La partie centrale de l'exposé examine d'une manière critique la thèse d’Andrea Carandini, qui a interprété ses découvertes sur le Palatin comme le mur et le pomerium de Romulus. Mais au-delà de ce cas précis, il propose des réflexions sur la manière dont certains archéologues se fondent sur la tradition littéraire pour proposer des interprétations et des reconstructions historiques qui sont, aux yeux d’un historien, difficilement défendables.


Aspects de géographie mythique et légendaire

Les Champs Phlégréens. Aspects de géographie mythique et légendaire [FEC 13-2007]

  Les Éditions Laffont (Collection Bouquins) vont sortir incessamment, sous la direction de Olivier Battistini, Jean-Dominique Poli, Pierre Ronzeaud et Jean-Jacques Vincensini, un gros dictionnaire consacré aux Pays et lieux mythiques. Ayant collaboré à cet ouvrage pour plusieurs sites de l'Italie antique, l'auteur a pensé qu'il pouvait être utile d'en présenter sur la Toile une petite partie, celle concernant les Champs Phlégréens (lac d'Averne, Baïes, Cumes et Misène). Leur traitement est plus détaillé que celui de l'édition imprimée, laquelle ne comporte ni illustrations ni liens hypertexte. Peut-être serait-il possible et intéressant de présenter dans les FEC d'autres dossiers de géographie mythique et légendaire. Le présent article est en quelque sorte un essai.


Les conflits d'interprétation

Réflexions sur quelques conflits d'interprétation en Histoire [FEC 17-2009]

  Texte d'un exposé présenté à Mulhouse, le jeudi 28 mai 2009, dans le cadre des Journées des Écoles doctorales « Humanités » de l'Université de Haute Alsace, centrées sur la thématique du Conflit. On passe en revue quelques conflits d'interprétation en examinant la manière dont on a tenté de les résoudre : la Révolution française de 1789 ; les origines de la France ; les origines et les premiers siècles de Rome ; la nature exacte du Christ et ses rapports avec son Père ; le statut créé ou incréé du Coran.


Littérature latine et christianisme primitif

[avec Anne-Marie Boxus] Autour du « Carmen contra Paganos » : 1. Accueil ; 2. Présentation générale ; 3. Texte latin et traduction française ; 4. Amorce de commentaire ; 5. Bibliographie sélective [FEC 19-2010]

 Le Carmen contra Paganos est un poème latin de 122 hexamètres, sans titre ni nom d'auteur, qui date de la fin du IVe siècle de notre ère, que l'on connaît depuis 1620, mais qui n’a été publié dans son intégralité qu’au XIXème siècle. Il contient, sous la plume d'un chrétien, une satire violente à l'égard des rites et des mythes païens que l'auteur tourne en ridicule. Est particulièrement visé un haut personnage (peut-être Praetextatus), de la classe sénatoriale de Rome, qui fut un homme politique important et manifestement un des chefs du parti païen. Le pamphlétaire ne le nomme pas, mais l'attaque méchamment pour son attachement au paganisme ainsi que pour l'hostilité, sournoise mais féroce et dangereuse, qu'il témoigne au christianisme. Cette pièce qui a été beaucoup étudiée continue à poser beaucoup de problèmes.

 À la fin du IVe siècle, la nouvelle religion a certes « le vent en poupe » et l'appui des empereurs, mais, à Rome en tout cas, c’est l’époque où l’aristocratie sénatoriale, face aux succès officiels du christianisme, veut apparemment manifester, dans un mouvement qu'on a parfois qualifié de « réaction païenne », une certaine forme d’indépendance par rapport au pouvoir. Le Carmen contra paganos s'inscrit dans ce contexte romain politico-religieux particulier, où le paganisme est encore bien présent.

[avec Anne-Marie Boxus] « Carmen ad quendam senatorem » : 1. Présentation générale ; 2. Texte latin et traduction française ; 3. Notes de commentaire ; 4. Bibliographie sélective [FEC 20-2010]

  Cette courte pièce (85 hexamètres) a longtemps été transmise comme une oeuvre de saint Cyprien (205-258 p.C.), mais plus personne ne croit aujourd'hui à cette attribution. Il s'agit d'une oeuvre anonyme dont le titre donné par les manuscrits : Carmen ad senatorem ex christiana religione ad idolorum seruitutem conuersum, c'est-à-dire « Poème adressé à un sénateur passé de la religion chrétienne à l'esclavage des idoles », éclaire avec précision l'objet. Datée du IVe siècle, elle est adressée à un aristocrate, anonyme lui aussi, qui a abandonné le christianisme pour revenir au paganisme. Sans ménager les reproches à l'égard de cet apostat, la pièce l'engage avec finesse et ironie à revenir au christianisme.

[avec Anne-Marie Boxus] « Poema ultimum » : 1. Présentation générale ; 2. Texte latin et traduction française ; 3. Notes de commentaire [FEC 20-2010]

   Le Poema ultimum (255 hexamètres) est lui aussi un texte chrétien anonyme, de propagande antipaïenne, et rattaché également à la fin du IVème siècle. L'auteur y affirme son attachement à la foi chrétienne, qu'il dit avoir découverte après avoir étudié différentes doctrines philosophiques et religieuses. Après un développement polémique contre les cultes païens, le judaïsme, les philosophes et le polythéisme, l'auteur fait l'éloge de la doctrine chrétienne, en insistant sur l'oeuvre du Dieu unique, créateur et maître de l'univers, mais en même temps rédempteur miséricordieux de tous les pécheurs.

   Les trois pièces jettent un éclairage intéressant sur une période qui a vu la coexistence plutôt difficile du christianime et du paganisme. Il n'en existait pas jusqu'ici de traduction française.


Des traductions annotées de textes latins classiques (avec Anne-Marie Boxus)

Ovide : texte latin avec traduction nouvelle annotée des Fastes d'Ovide, 2003-2004 ;

Ovide : texte latin avec traduction nouvelle annotée des Métamorphoses d'Ovide, 2005-2009 ;

Virgile : texte latin une traduction nouvelle annotée de l'Énéide de Virgile 2003-2004.

 


La littérature du Moyen Âge, Jean d'Outremeuse et le Virgile médiéval

[avec Anne-Marie Boxus], Le Virgile de Jean d'Outremeuse : 1. Introduction ; 2. Origine, enfance, formation ; 3. Le séjour romain ; 4. Le séjour napolitain ; 5. Conclusion et perspectives ; 6. Bibliographie sélective [FEC 22-2011]

  Jean d’Outremeuse est un chroniqueur liégeois du XIVe siècle (1338-1400) écrivant en moyen français et de l'oeuvre de qui nous n'avons conservé qu'une partie. Nous possédons ainsi quelque 50.000 vers de la Geste de Liège, un poème épique en alexandrins qui a pour sujet l'histoire de Liège depuis la Guerre de Troie jusqu'à son époque, ainsi que trois livres de Ly Myreur des Histors, énorme chronique d'histoire universelle en prose (plus de quatre mille pages in-4° dans l'édition moderne).

  On trouvera dans ces articles la totalité des passages qui traitent de Virgile et qui constituent une biographie du personnage, de sa naissance à sa mort. Ce Virgile dont l'auteur médiéval nous donne à lire l'histoire n'a plus grand chose à voir avec le personnage familier aux lecteurs des oeuvres classiques : c'est un magicien, auteur de réalisations merveilleuses, mais aussi une sorte de prophète qui annonce le christianisme. C'est également une victime de l'amour. La fille de l'empereur de Rome, tombée amoureuse de lui et incapable de supporter ses réticences à entrer dans le mariage, le tournera en ridicule. Mais la vengeance du magicien sera cruelle.

  C'est la première fois que la vision de Virgile que nous laisse Jean d'Outremeuse est présentée en français moderne.

 

[avec Anne-Marie Boxus], Le panier et la vengeance : Accueil ; 1. Observations générales ; 2. Deux textes en guise d'introduction « Chronique des Evesques de Liege » (XVe s.) et « Gesta Romanorum » (XIIe s.) ; 3. La « Weltchronik » de Jans Enikel (XIIIe s.) ; 4. « Les Chroniques de Jerahme'el » (XIIIe-XIVe s.) ; 5. « La Conica di Mantova » ou « Aliprandina » de Bonamente Aliprandi (entre 1414-1417) ; 6. « Virgilessrímur », poème islandais (entre 1300 et 1450) ; 7. « L'image du Monde » de Gossuin de Metz et « Renart le Contrefait » ; 8. Antonio Pucci (vers 1310-1388) et Giovanni Sercambi (début XVe s.) ; 9. Deux auteurs d' « artes amandi » : Juan Ruiz (XIVe s.) et Dirc Potter (XVe s.) ; 10. Deux compilations : la « Fleur des Histoires » de Jean Mansel (milieu du XVe s.) et « Les Faictz Merveilleux de Virgille » (début XVIe) ; 11. L' « Archipreste di Talavera » d'Alfonso Martínez de Toledo (XVe s.) et le « Romance de Virgilio » (fin XVe s.) ; 12. « La Leggenda di Pietro Barliario » (XVIIe s.) ; 13. Allusions rapides d'époques et régions diverses ; 14. Conclusion : La spécificité de Jean d'Outremeuse ; 15. Appendice 1 : Une légende locale (Audenarde, Belgique) du milieu du XIXe s. ; 16. Appendice 2 : Phébille - Febilla - Lucretia - Athanat(h)a - Kriemhild ou la question du nom de la « Dame de Virgile » ; 17. Appendice 3 : Une version italienne dans un manuscrit du fonds Magliebechi de Florence (fin XIIIe ou début XIVe siècle) ; 18. Appendice 4 : Aeneas Silvius Piccolomini (1444) et le « Cancionero » de Juan Alfonso de Baena (XVe siècle) FEC 23-2012]

  L'ensemble du « Virgile de Jean d’Outremeuse » a été présenté dans le fascicule 22 des FEC. Cette seconde série d'articles examine la section où le chroniqueur liégeois raconte les amours de Virgile et de Phébille. Dans ce récit, Virgile, tombé amoureux d'une jeune personne, se voit proposer par cette dernière une rencontre nocturne dans sa chambre. Il est censé la rejoindre en se faisant hisser dans un panier le long du mur de la demeure de la belle, mais celle-ci, pour se moquer de lui, va le laisser suspendu pendant longtemps à mi-hauteur dans le panier où, au lever du jour, il sera en butte à la moquerie générale. Virgile se vengera cruellement de l'affront en éteignant magiquement tous les feux de la ville de Rome : les Romains ne pourront en récupérer qu'en venant le chercher dans les parties intimes de la dame exposée sur la place publique et soumise à une humiliation bien compréhensible.

  L'histoire du panier de Virgile et de sa vengeance est très répandue à partir du XIIIe siècle dans la littérature européenne médiévale et moderne (en latin, en français, en espagnol, en italien, en néerlandais, en islandais, en hébreu). Les seize fichiers de ce gros article (plus de 1000 K) analysent d'abord son origine et sa signification ; ils détaillent ensuite, en les commentant, les différentes versions attestées, avant de tenter de dégager la spécificité du récit de Jean d'Outremeuse. On notera que, parmi les nombreux auteurs du moyen âge et de la période moderne qui signalent cette histoire, certains se contentent d'en citer ou d'en résumer les épisodes, d’autres par contre les développent et les retravaillent de différentes manières.

 

Jacques Poucet, Virgile magicien dans les « Mirabilia Romae », les guides du pèlerin et les récits de voyage : 1. Les « Mirabilia Romae » et leur évolution ; 2. Le transfert de Virgile à Naples dans la tradition des « Mirabilia » anciens ; 3. Sa demeure à Rome dans la tradition des « Mirabilia » anciens ; 4. Ses amours dans la tradition des « Mirabilia » nouveaux ; 5. Ses réalisations magiques dans la tradition des « Mirabilia » ; 6. Conclusion ; 7. Appendice : Le cas particulier du manuscrit D 46 (Miedema) [FEC 24-2012]

  Cette troisième série d’articles sur le Virgile de Jean d’Outremeuse s’intéresse aux Mirabilia Romae, expression qu'on utilise parfois sans prendre en compte la profonde évolution de ce genre très riche qui a rencontré un vif succès au moyen âge et au début des temps modernes. Ce genre rassemble des ouvrages qui proposent des descriptions de Rome dans lesquelles l’accent passe progressivement des vestiges antiques aux réalisations chrétiennes (en particulier les églises avec leurs reliques et leurs indulgences). Après avoir présenté le genre des Mirabilia et son évolution pluriséculaire, l’auteur recherche les traces que le Virgile magicien médiéval a laissées dans les différents témoins qui en font partie. Il s’avère que Virgile n'y a trouvé une place qu'assez tard et que cette place est minime.

 

Jacques Poucet, Jean d'Outremeuse, traducteur des « Mirabilia » et des « Indulgentiae » : 1. Introduction : Les « Mirabilia urbis Romae » et leur tradition ; 2. Une traduction française des « Mirabilia » (« Myreur », p. 58-73) ; 3. Ses sources : Martin d'Opava ; 4. Ses sources : à propos d'Estodiens ; 5. Les rapports de Jean d'Outremeuse avec les sources ; 6. Une traduction française des « Indulgentiae » (« Myreur », p. 73-85) ; 7. Conclusions et perspectives [FEC 25- 2013]

  Cette quatrième série d'articles s’attache à montrer que Jean d'Outremeuse propose dans Ly Myreur des Histors (p. 58 à 85) une traduction française des Mirabilia et des Indulgentiae, qui avait échappé jusqu'ici aux spécialistes. Le chroniqueur liégeois n'est toutefois pas un simple traducteur. Comme le montre l'analyse des modifications qu'il apporte à ses sources, c'est aussi un adaptateur ; plusieurs additions concernent d'ailleurs la figure de Virgile. L'enquête a mis en évidence une utilisation importante de la Chronique de Martin d'Opava ; elle a aussi permis de dégager certaines informations sur la méthode de travail de Jean d'Outremeuse et sur sa conception de la notion de source. Elle a en dernier lieu ouvert d'intéressantes perspectives de recherches complémentaires.

 

Jacques Poucet, Des statues aux clochettes et un miroir : deux instruments magiques pour protéger Rome : 0. Accueil ; 1. Introduction; 2. Partie synthétique ; 3. Partie analytique ; 4. Conclusions et perspectives [FEC 26-2013]

  Groupe de 52 fichiers étudiant, essentiellement dans l'ensemble de la littérature médiévale, deux instruments magiques censés créés par le magicien Virgile pour assurer la défense de la ville de Rome. Ils font partie intégrante de la liste des nombreuses « merveilles virgiliennes ». C'est surtout le thème des statues aux clochettes qui est ici exploré : dans la tradition des Miracula mundi, dans celle des Mirabilia urbis Romae, dans la littérature allemande du XIIe au XIVe siècle, dans la tradition étymologique, dans le Roman des Sept Sages de Rome et dans d'autres récits, certains plus modernes et certains autres plus difficiles à identifier.

 

Jacques Poucet, La Chute des Idoles dans l'épisode égyptien des Enfances de Jésus. Le témoignage de la littérature médiévale [FEC 27-2014]

  Le voyage de la Sainte-Famille vers l’Égypte, le séjour dans ce pays et le retour en Palestine sont marqués dans les apocryphes chrétiens par de nombreux événements merveilleux ou miraculeux, dont l’un est le « motif de la chute des idoles ». En présence de l’Enfant et/ou de la Vierge Marie, des idoles, voire des temples païens, s’effondrent, symbole évident de la supériorité de la nouvelle religion sur l’ancienne. L'article est consacré à la présence et à l'utilisation, dans les textes du Moyen Âge, de ce motif qui a été beaucoup plus étudié dans l’histoire de l’art que dans la littérature. Deux courants principaux ont été identifiés, faisant intervenir à chaque fois un prophète biblique, Isaïe d’un côté, Jérémie de l’autre. L'article est suivi de trois appendices abordant toujours le motif de la chute des idoles, le premier dans la littérature arabe, le second dans un écrit chrétien apocryphe appelé Comparution de Pilate, et le troisième dans la légende de saint Longin.

 

Jacques Poucet, La prédiction d'éternité conditionnelle portant sur des statues et des bâtiments dans la littérature médiévale [FEC 27-2014]

  Ce travail prolonge la recherche précédente en s’intéressant, toujours chez les auteurs médiévaux, à un autre type d’effondrement de statues ou de bâtiments. Les conditions toutefois ont changé. On n’est plus en Égypte, mais à Rome ; et il s’agit de statues ou de bâtiments emblématiques de la puissance romaine. Ces réalisations n’ont plus rien à voir avec les prophètes de la Bible, mais elles font toutefois l’objet, elles aussi, d’une prédiction. C’est une prédiction d’éternité conditionnelle, en ce sens que, lors de leur construction, le commanditaire, ou le fabricant, ou un devin, ou un prêtre, voire un dieu, a prédit qu’ils dureraient « jusqu’à ce qu’une vierge ait un enfant ». La parturition d’une vierge étant considérée impossible, la formule est interprétée par les auditeurs comme équivalant à l’adverbe « éternellement ». C’était compter sans l’intervention divine. La naissance miraculeuse du Christ, ex Maria Virgine, réduisit à rien cette pseudo-prédiction d’éternité. Et la nuit de Noël, ces statues et ces temples censés durer éternellement s’effondrent lamentablement.

  L'article retrace l’histoire détaillée de ce motif dans différents textes du Moyen Âge : qu’il s’agisse d’une tradition complexe comme celle des Mirabilia urbis Romae au sens large, en ce compris donc les Indulgentiae et toute la série des guides du pèlerin et des récits de voyage ; qu’il s’agisse d’auteurs comme Jean de Salisbury, Godefroi de Viterbe, Alexander Neckam, Guillaume le Clerc de Normandie, Jean de la Haute-Seille, Jean d’Outremeuse ; qu’il s’agisse d’œuvres d’auteur inconnu comme Noirons li Arabis.

 

Jacques Poucet, La Fuite de la Sainte-Famille en Égypte. Épisodes évangélique vus par un chroniqueur liégeois du XIVe siècle [FEC 28-2014]

  Texte, traduction et commentaire des passages du Myreur des Histors de Jean d'Outremeuse sur la Fuite de la Sainte-Famille en Égypte. Sont successivement passés en revue : Le massacre des enfants ; Le miracle du champ de blé et le destin du semeur ; L'arrivée et le séjour au Caire ; Les larrons et la rencontre avec Dismas ; Le séjour chez Dismas et les miracles ; Le Castel d'Orient et les miracles ; Le retour en Galilée.

 

Jacques Poucet, La Marie-Madeleine de Jean d'Outremeuse. Une figure évangélique vue par un chroniqueur liégeois du XIVe siècle [FEC 28-2014]

  La première partie traite de l'histoire de Marie-Madeleine en général, notamment de son rôle dans les évangiles canoniques, de l'image « composite » qui lui a été imposée, de sa légende provençale et bourguignonne, de ses rapports avec le parfum. La seconde partie met en situation et analyse les passages du Myreur des Histors où le personnage intervient : les Noces de Cana, la Résurrection de Lazare, le repas de Béthanie, la « guerre des reliques » que se livèrent dans l'histoire Vézelay et Saint-Maximin.

 

Jacques Poucet, Autour de la Naissance du Christ. Épisodes évangéliques vus par un chroniqueur liégeois du XIVe siècle (première partie) [FEC 28-2014]

 Texte, traduction et commentaire du récit de Jean d'Outremeuse sur la Naissance du Christ et les événements qui l'entourent. Les cinq chapitres de cette première partie analysent et mettent en situation, à l'aide de textes médiévaux parallèles, des épisodes liés à la Vierge Marie avant la Naissance. Ils sont intitulés : 1. Sa parenté (notamment Élisabeth), sa naissance, sa petite enfance ; 2. Des considérations chronologiques ; 3. L’Annonciation et la virginité de Marie ; 4. Les Épousailles de Marie et de Joseph ; 5. La Visitation et Jean-Baptiste.

 

Jacques Poucet, Les « marqueurs » de la Nativité du Christ dans la littérature médiévale. La christianisation du matériel romain : Accueil et Table des Matières. Introduction. Ch. I : Observations générales. Ch. II : Les phénomènes célestes. Ch. III : Le boeuf parlant. Ch. IV : Phénomènes divers. Ch. V : La Vision d'Octavien, l'« Ara Celi » et la paix d'Auguste. Ch. VI : Le prodige de l'huile : « Taberna Meritoria » et « Fons Olei ». Ch. VII : En guise de conclusion. Liste bibliographique [FEC 29-2015]

  Dans la tradition chrétienne, la naissance du Christ est un événement d’une importance fondamentale. Rien d’étonnant dès lors qu'elle ait « ébranlé » l’univers et que les composants de celui-ci – astres, atmosphère, anges, hommes, animaux, plantes, objets matériels – aient « réagi » par des manifestations inhabituelles. Ces « marqueurs » de la Nativité, nombreux (nous en avons relevé près de trente), sont d'origine variée. Tout en évoquant chacun d'eux, le présent travail sera consacré en priorité à ceux qui contiennent du matériel emprunté (en tout ou en partie) à l’antiquité romaine. Comme ce matériel n’avait au départ aucun rapport avec la Nativité, les chrétiens durent le transformer en profondeur (contenu, chronologie, interprétation) pour les intégrer à leur religion. C’est ce processus de christianisation qui est étudié ici de la manière la plus précise possible, essentiellement à travers de nombreux témoignages littéraires, qui vont de l’antiquité à la fin du moyen âge et qui seront largement cités et commentés.

 

Jacques Poucet, Autour de la Naissance du Christ. Épisodes évangéliques vus par un chroniqueur liégeois du XIVe siècle (deuxième partie) [FEC 30-2015]

  Deuxième partie du commentaire du récit de Jean d'Outremeuse sur la Naissance du Christ et les événements qui l'entourent. Les cinq chapitres qui le composent sont intitulés : 1. Le recensement et le départ pour Bethléem ; 2. La naissance de Jésus ; 3. Après la naissance de Jésus ; 4. Les Rois Mages ; 5. La presentation de Jésus au Temple.

 

Jacques Poucet, La prescience des Mages, ou comment les Mages connaissaient-ils la signification de l'étoile de Bethléem ? [FEC 31-2016]

  Jean d’Outremeuse ne se demandait pas comment les mages du récit de Matthieu auraient pu connaître la signification d’une étoile particulière qui serait apparue dans leur ciel et qui les aurait amenés à se mettre en route vers la Judée. Leur curieuse « prescience » pourtant avait très vite interpellé les commentateurs, qui, au fil des siècles, avaient avancé diverses solutions. La plus ancienne était d’imaginer une sorte d’inspiration divine, immédiate ou réalisée par l’intermédiaire d’un ange. Mais cette explication un peu trop simple n’a pas satisfait longtemps, et les auteurs anciens ont exploré deux autres pistes. La première attribuait cette prescience à l’influence de Balaam, qui avait prophétisé qu’un « astre sortirait de Jacob, qu’un sceptre s’élèverait d’Israël » (Nombres, XXIV, 17). D’inspiration vétérotestamentaire, cette formule rencontra un énorme succès, surtout dans la tradition occidentale. Les mages venus à Bethléem furent présentés comme des disciples ou des successeurs de Balaam.

  La tradition orientale toutefois, sans nécessairement rejeter Balaam, tentait d’expliquer la prescience des mages par des « livres sacrés » qui se seraient trouvés en leur possession. Cette seconde formule fut actualisée de différentes manières. Ainsi, selon les auteurs, les mages se seraient inspirés tantôt du Livre de Seth, dont un fragment important a été conservé par le pseudo-Chrysostome (Vème siècle), tantôt d’un ouvrage intitulé Le Commandement d’Adam à Seth (dans les Miracles de Jésus en éthiopien), tantôt d’une révélation de Nemrod (dans le livre de La Caverne des Trésors), tantôt encore d’une prophétie de Zoroastre (dans la Vie de Jésus en arabe).

  Ces versions nous plongent dans l’imaginaire des auteurs médiévaux, et il serait vain de vouloir chercher dans toutes ses fantaisies une once d’historicité, même dans la formulation, fort atténuée, qu’en donne J. Ratzinger dans son livre récent (2013) sur L’enfance de Jésus : « un oracle du type du message de Balaam devait avoir circulé » chez les Babyloniens.

 

Jacques Poucet, La tradition des Mages et de l'étoile de Bethléem. Entre réel et imaginaire : questions d'historicité et de composition [FEC 31-2016]

  Après une étude assez générale portant sur l’évolution des différents motifs présents dans la tradition des mages et de l’étoile de Bethléem (ci-dessus), et une autre plus particulière sur le thème de la « prescience » des mages (ci-dessus), le présent article aborde essentiellement les questions de constitution et d’historicité. Il cherche à faire le point sur l’origine et la genèse de cette tradition. Des mages orientaux sont-ils historiquement venus en Judée ? L’étoile de Bethléem a-t-elle réellement existé ? Pendant longtemps, les exégètes chrétiens ont été peu enclins à remettre en cause l’historicité de ces motifs, c’est de moins en moins le cas aujourd’hui. La tendance actuelle est de considérer qu’ils ne relèvent pas de l’Histoire mais de l’Imaginaire, ce qui n’empêche pas certaines résistances, même au plus haut niveau du magistère de l’Église.

 

Jacques Poucet, Anastasie, « la fille sans mains ». Une actualisation du motif des « sages-femmes » de la Nativité [FEC 31-2016]

  Un article antérieur (FEC 30, 2015) commentait le récit de la naissance de Jésus chez Jean d’Outremeuse (Myreur, I, p. 341-344). Le même fascicule en proposait le texte accompagné d’une traduction en français moderne. Ce commentaire avait mis en évidence l’influence prépondérante du Romanz de saint Fanuel sur le récit du Myreur des Histors. Ces deux textes font jouer un grand rôle à un personnage très caractéristique, celui d’Anastasie, la « fille sans mains ». Cette figure féminine peut être interprétée comme une alternative à un motif, absent des textes canoniques mais bien présent dans les apocryphes, celui des « sages-femmes » de la Nativité. Le présent article reprend cette question en la développant quelque peu et surtout en proposant sur le sujet un certain nombre de textes.

 

Jacques Poucet, « Ly cheval doreis que ons dist que ch'est Constantin». La statue équestre du Latran dans la littérature médiévale [FEC 31-2016]

  Après une présentation générale de cette statue qui représente Marc-Aurèle, de sa description, de son cadre historique et de son environnement topographique, cet article passe en revue les textes qui en parlent, en commençant par celui de Jean d’Outremeuse (XIVe) et par celui de son modèle, Martin d’Opava (XIIe), mais en s’intéressant surtout, d’une manière approfondie, à la version la plus ancienne des Mirabilia (vers 1140-1143) et à la Narracio de Maître Grégoire (à cheval entre le XIIe et le XIIIe siècle). Il prend aussi en compte d’autres témoins appartenant à divers genres littéraires : des chroniqueurs (poètes ou prosateurs), comme Jans Enikel (dernier quart du XIIIe) et Ranulf Higden (XIVe), un poète didactique comme Fazio degli Uberti (XIVe siècle), un romancier, comme l’auteur des Storie di Fioravante (milieu du XIVe), des voyageurs comme Benjamin de Tudèle (1165-1170), Giovanni Dondi (vers 1375), Giovanni Rucellai (1450), John Capgrave (vers 1450), Nicolas Muffel (1452), Jean de Tournai (1488) et le Chevalier Arnold von Harff (1496). Chaque passage retenu est l’objet d’un commentaire plus ou moins détaillé. L’accent est mis sur le caractère étiologique de ces récits, sur leur évolution et sur leur interprétation, mais des facteurs politiques, particulièrement la tension entre papes et empereurs, interviennent aussi dans la discussion. On constate avec surprise que Jean d’Outremeuse est le seul à lier la statue à Virgile, qui était pour lui un grand magicien médiéval.

 

Jacques Poucet, La statue équestre du Latran dans la littérature médiévale. Textes d'accompagnement [FEC 31-2016]

   Dans le prolongement de l'article précédent et pour en permettre une meilleure compréhension ont été rassemblés ici les textes principaux traitant de la statue équestre du Latran.

 

Jacques Poucet, Là astoient les astronomyens et tous les signes de chiel que Virgile fist (« Myreur », I, p. 62). Le « Templum Olovitreum », les « Mirabilia », les « Actes de saint Sébastien » et Virgile [FEC 32-2016]

  Dans Ly Myreur des Histors (I, p. 62), Jean d’Outremeuse, énumérant les bâtiments de Rome, signale un templum Olovitreum, splendidement décoré, lié à l’astrologie et détruit par saint Sébastien. Il attribue un rôle à Virgile dans cette construction. Le présent article se présente comme un commentaire détaillé de cette notice. Celle-ci remonte en fait aux Acta sancti Sebastiani et elle a été transmise à Jean d’Outremeuse à travers divers intermédiaires dont les Mirabilia urbis Romae. Seule cette remontée dans le temps permet de comprendre ce que pourrait être ce curieux templum et pourquoi il aurait été détruit par les Chrétiens.
   Jean d’Outremeuse est le seul à faire intervenir Virgile dans sa construction. Il a même pour cette raison modifié la source qu’il utilisait. Cette précision est d’autant plus curieuse qu’elle ne se retrouve ni dans la suite du Myreur ni, à notre connaissance, dans le reste de la littérature médiévale. Elle s’explique très probablement par le fait que Jean d’Outremeuse pensait que toutes les réalisations romaines extraordinaires devaient trouver leur origine chez l’extraordinaire magicien qu’était pour lui Virgile.
  Quant à savoir si pareil palais a réellement existé dans l’Antiquité tardive et sous quelle forme il aurait pu se présenter, l'article se borne à reprendre avec prudence quelques avis modernes. De toute manière, le contenu des Acta de saint Sébastien relève plus de la légende que de l’histoire.

 

Jacques Poucet, Les chevaux du Circus Maximus de Rome (Jean d’Outremeuse, Myreur, I, p. 66-67). Martin d’Opava, la tradition des Mirabilia et le Virgile magicien [FEC 33-2017]

  Dans sa traduction française des Mirabilia urbis Romae (Myreur, I, p. 58-73), Jean d’Outremeuse a parfois modifié son modèle pour attribuer à Virgile la responsabilité de réalisations romaines importantes. C’est le cas dans la description du Circus Maximus de Rome (Myreur, I, p. 66-67). Le présent article analyse et commente en détail ce passage, en rappelant que le chroniqueur liégeois a utilisé le même type de modification en décrivant le Cheval de Constantin au Latran (Myreur, I, p. 62) [ci-dessus] et en présentant le templum Olovitreum du palais de Chromatius (Myreur, I, p. 68) [ci-dessus]. Toutes ces modifications s’expliquent par la vision particulière que le traducteur liégeois a de Virgile : pour lui, Virgile est un très grand magicien.

 

Jacques Poucet (avec Anne-Marie Boxus), Les « Primordia » de Rome selon Jean d'Outremeuse, chroniqueur liégeois du XVe siècle [FEC 34-2017]

  L'article présente un commentaire approfondi des passages du Myreur des Histors où Jean d'Outremeuse expose sa vision personnelle des origines de Rome depuis le Déluge jusqu'aux débutx de la République romaine. Après l'introduction, l'exposé comporte les chapitres suivants : I. Les premiers gouverneurs d’Italie – II. Saturne et les trois royaumes – III. La diaspora troyenne et Énée – IV. Les rois latino-albains – V. La naissance de Romulus et de Rémus – VI. La fondation de Rome et le règne de Romulus – VII. Les successeurs de Romulus – VIII. Les débuts de la République – Résumés et perspectives. Un appendice, dû à Anne-Marie Boxus, fournit les textes qui ont servi à la discussion : l'original en moyen français et la traduction en français moderne.


Une nouvelle édition du Myreur des Histors de Jean d'Outremeuse (avec Anne-Marie Boxus)

Un texte traduit en français dans une présentation retravaillée (2017-)

Pour avoir fréquenté pendant plusieurs années Ly Myreur des Histors de Jean d'Outremeuse, Anne-Marie Boxus et Jacques Poucet, qui ont tous les deux une formation en lettres classiques, ont réalisé que cet ouvrage était peu connu et peu utilisé en dehors du cercle des chercheurs intéressés par l'histoire de Liège ou par certains aspects de la littérature médiévale, qu'il n'en existait aucune traduction en langue moderne et que la seule édition disponible, celle d'Adolphe Borgnet et de Stanislas Bormans (7 vol., Bruxelles, 1864-1887), n'était pas de consultation aisée : elle présente un texte massif, sans autre aide à la lecture que les gloses marginales de la tradition manuscrite.

Ils ont conçu le projet de fournir du Myreur des Histors une édition aisément utilisable, du moins pour les sections qui concernent l'antiquité. Ils viennent de terminer le premier tome, qui couvre la moitié du premier livre du Myreur (586 pages dans l'édition A. Borgnet) et qui atteint l'époque de Septime-Sévère. Il ne s'agit pas d'une édition critique. Les auteurs ont simplement repris le texte établi par Adolphe Borgnet en 1864 à partir de deux manuscrits (A et B), mais ils en ont retravaillé la présentation avec pour objectif primordial d'en faciliter l'accès. Ils l'ont également doté d'une traduction en français moderne. Cette traduction et cette présentation nouvelle apportent, croient-ils, une importante « valeur ajoutée » à l'édition de 1864.

 

On entrera dans le site par la page d'Accueil.

 


[Dernière mise à jour : 7 avril 2018]

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