Bibliotheca Classica Selecta - Énéide - Chant I (Plan) - Hypertexte louvaniste - Page précédente - Page suivante
ÉNÉIDE, LIVRE I
ARRIVÉE D'ÉNÉE À CARTHAGE
Didon et Énée - Vénus et Cupidon (1, 579-756)
Didon accueille Énée (1, 579-642)
Réconfortés par cette vue, Énée et Achate sont tentés de révéler leur présence ; soudain, le nuage disparaît et Énée apparaît miraculeusement transfiguré. Il se présente alors à Didon, la remercie pour sa compassion et sa bonté, et lui souhaite la bénédiction des dieux, avant de serrer les mains de ses compagnons retrouvés (1, 579-612).
Revenue de sa stupeur, Didon se montre avertie des malheurs des Troyens et disposée à les secourir. Décrétant des actions de grâces aux dieux et faisant livrer des animaux aux Troyens restés sur le rivage, elle introduit ses hôtes dans le palais où se prépare un somptueux festin (1, 613-642).
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His animum arrecti dictis et fortis Achates et pater Aeneas iamdudum erumpere nubem ardebant. Prior Aenean compellat Achates : « Nate dea, quae nunc animo sententia surgit ? omnia tuta uides, classem sociosque receptos. Vnus abest, medio in fluctu quem uidimus ipsi |
Le coeur réconforté par ces paroles, le vaillant Achate et son maître Énée brûlaient depuis longtemps déjà du désir de surgir de leur nuage. Achate le premier s'adresse à Énée : « Fils de déesse, quelle idée te vient maintenant à l'esprit ? Tout est calme, tu le vois ; la flotte et nos compagnons sont sauvés. Il n'en manque qu'un, que nous avons vu de nos yeux |
1, 580 |
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submersum ; dictis respondent cetera matris. » Vix ea fatus erat, cum circumfusa repente scindit se nubes et in aethera purgat apertum. Restitit Aeneas claraque in luce refulsit, os umerosque deo similis ; namque ipsa decoram |
englouti dans les flots ; le reste correspond aux paroles de ta mère ». À peine avait-il parlé que, soudain se déchira le nuage qui les entourait avant de disparaître, mué en air transparent. Énée se tenait droit, resplendissant dans la claire lumière ; il avait le visage et les épaules d'un dieu ; car sa mère elle-même |
1, 585 |
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caesariem nato genetrix lumenque iuuentae purpureum et laetos oculis adflarat honores : quale manus addunt ebori decus, aut ubi flauo argentum Pariusue lapis circumdatur auro. Tum sic reginam adloquitur, cunctisque repente |
d'un souffle avait donné à son fils une chevelure magnifique, l'éclat vermeil de la jeunesse et des yeux pétillants de charme : ainsi des mains artistes rehaussent la beauté de l'ivoire, ou l'argent ou le marbre de Paros se parent d'or fauve. Alors il s'adressa à la reine et, soudain, à la surprise générale, |
1, 590 |
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improuisus ait : « Coram, quem quaeritis, adsum, Troius Aeneas, Lybicis ereptus ab undis. O sola infandos Troiae miserata labores, quae nos, reliquias Danaum, terraeque marisque omnibus exhaustos iam casibus, omnium egenos, |
il dit ainsi : « Je suis ici devant vous, celui que vous cherchez, le Troyen Énée, qui a été arraché aux ondes libyennes. Ô toi, la seule à avoir compati aux épreuves indicibles de Troie, nous, restes échappés aux Danaens, qui sur terre et sur mer avons déjà épuisé tous les malheurs, et sommes totalement démunis, |
1, 595 |
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urbe, domo, socias, grates persoluere dignas non opis est nostrae, Dido, nec quicquid ubique est gentis Dardaniae, magnum quae sparsa per orbem. Di tibi, si qua pios respectant numina, si quid usquam iustitia est et mens sibi conscia recti, |
tu nous associes à ta cité, à ta maison ; te remercier dignement, ô Didon, est impossible pour nous, et aussi pour les quelques survivants de la nation dardanienne disséminés un peu partout par le vaste monde. Que les dieux, si des divinités prennent en compte la piété des hommes, si quelque part existent la justice et la conscience de la droiture, |
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praemia digna ferant. Quae te tam laeta tulerunt saecula ? Qui tanti talem genuere parentes ? In freta dum fluuii current, dum montibus umbrae lustrabunt conuexa, polus dum sidera pascet, semper honos nomenque tuum laudesque manebunt, |
t'accordent des récompenses méritées. Quels siècles heureux t'ont vue naître ? Quels parents si grands ont engendré une telle fille ? Tant que les fleuves courront vers la mer, tant que dans les montagnes les ombres parcourront les vallées, tant que le ciel nourrira les étoiles, toujours subsisteront et ta gloire et ton nom et tes louanges, |
1, 605 |
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quae me cumque uocant terrae. » Sic fatus, amicum Ilionea petit dextra, laeuaque Serestum, post alios, fortemque Gyan fortemque Cloanthum.
Obstipuit primo aspectu Sidonia Dido, casu deinde uiri tanto, et sic ore locuta est : |
où que je sois appelé sur la terre ». Après avoir ainsi parlé, il tend la main droite à son ami Ilionée et la gauche à Séreste, puis aux autres, au vaillant Gyas et au vaillant Cloanthe.
Didon la Sidonienne resta interdite d'abord à l'apparition, puis devant le malheur si grand du héros, et elle ouvrit enfin la bouche : |
1, 610 |
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« Quis te, nate dea, per tanta pericula casus insequitur ? Quae uis immanibus applicat oris ? Tune ille Aeneas, quem Dardanio Anchisae alma Venus Phrygii genuit Simoentis ad undam ? Atque equidem Teucrum memini Sidona uenire |
« Fils de déesse, quelle fatalité te poursuit, dans de si grands dangers ! Quelle puissance te jette sur ces rivages inhospitaliers ? Tu es bien Énée, ce fils que donna au Dardanien Anchise la douce Vénus, près du cours du Simoïs, en Phrygie ? Et certes, je me souviens bien de l'arrivée à Sidon de Teucer, |
1, 615 |
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finibus expulsum patriis, noua regna petentem auxilio Beli ; genitor tum Belus opimam uastabat Cyprum, et uictor dicione tenebat. Tempore iam ex illo casus mihi cognitus urbis Troianae nomenque tuum regesque Pelasgi. |
expulsé de sa patrie, et cherchant un nouveau royaume aidé de Bélus ; à l'époque, mon père Bélus dévastait l'opulente Chypre qu'il tenait en vainqueur sous sa domination. Dès ce moment-là déjà, j'ai appris la chute de la ville de Troie, et j'ai eu connaissance de ton nom et des rois des Pélasges. |
1, 620 |
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Ipse hostis Teucros insigni laude ferebat, seque ortum antiqua Teucrorum ab stirpe uolebat. Quare agite, O tectis, iuuenes, succedite nostris. Me quoque per multos similis fortuna labores iactatam hac demum uoluit consistere terra. |
Lui-même tenait les Teucères, ses ennemis, en haute estime et se prétendait issu de l'antique souche de ce peuple. Allons donc, jeunes gens, entrez dans notre demeure. À travers mille épreuves semblables, la fortune m'a ballottée, moi aussi, et a voulu finalement que je me fixe sur cette terre. |
1, 625 |
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Non ignara mali, miseris succurrere disco. » Sic memorat ; simul Aenean in regia ducit tecta, simul diuom templis indicit honorem. Nec minus interea sociis ad litora mittit uiginti tauros, magnorum horrentia centum |
Je n'ignore pas le malheur : j'apprends à secourir les malheureux ». Tout en évoquant ces souvenirs, elle introduit Énée dans le palais royal et décrète en même temps des cérémonies aux dieux dans les temples. Entre-temps toutefois elle envoie aux compagnons d'Énée sur le rivage vingt taureaux, une centaine d'énormes porcs , |
1, 630 |
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terga suum, pinguis centum cum matribus agnos, munera laetitiamque dii. At domus interior regali splendida luxu instruitur, mediisque parant conuiuia tectis : arte laboratae uestes ostroque superbo, |
à l'échine hérissée de poils, cent agneaux dodus avec leurs mères, présents célébrant la joie de cette journée. L'intérieur de la splendide demeure est paré avec un luxe royal, et dans le palais se déroulent les préparatifs d'un festin : des étoffes travaillées avec art, rehaussées de pourpre, |
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ingens argentum mensis, caelataque in auro fortia facta patrum, series longissima rerum per tot ducta uiros antiqua ab origine gentis. |
une abondante vaisselle d'argent sur les tables et, ciselés dans l'or, les hauts faits des ancêtres, suite infinie des exploits de tant de héros, depuis l'origine lointaine de leur peuple. |
1, 640 |
Vénus substitue Cupidon à Ascagne (1, 643-694)
Énée charge alors Achate de retourner aux navires et d'en ramener Ascagne et des présents, parures princières sauvées du sac de Troie, qu'il destine à Didon (1, 643-656).
Entre-temps Vénus imagine un stratagème pour protéger Énée contre Junon et demande le concours de son fils Cupidon, le puissant dieu de l'Amour. Elle lui suggère de se substituer momentanément à Ascagne afin d'inspirer à Didon une passion brûlante pour Énée, tandis qu'elle emportera Ascagne endormi à Chypre. Cette suggestion est immédiatement adoptée (1, 657-694).
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Aeneas neque enim patrius consistere mentem passus amor rapidum ad nauis praemittit Achaten, |
Énée, dont l'amour paternel n'a point laissé l'esprit en repos, dépêche vers les navires le diligent Achate et le charge |
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Ascanio ferat haec, ipsumque ad moenia ducat ; omnis in Ascanio cari stat cura parentis. Munera praeterea, Iliacis erepta ruinis, ferre iubet, pallam signis auroque rigentem, et circumtextum croceo uelamen acantho, |
d'avertir Ascagne et de l'amener dans les murs de la ville ; en père aimant, il se préoccupe avant tout de son fils. Il ordonne d'apporter en outre des présents arrachés aux ruines d'Ilion : un manteau lourd de broderies d'or, et un voile bordé de feuilles d'acanthe couleur de safran, |
1, 645 |
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ornatus Argiuae Helenae, quos illa Mycenis, Pergama cum peteret inconcessosque hymenaeos, extulerat, matris Ledae mirabile donum : praeterea sceptrum, Ilione quod gesserat olim, maxima natarum Priami, colloque monile |
parures qu'Hélène l'Argienne emporta jadis de Mycènes lorsqu'elle partit pour Pergame et ses noces interdites : c'étaient de somptueux présents de sa mère Léda. Il y avait aussi le sceptre porté autrefois par Ilioné, l'aînée des filles de Priam, ainsi qu'un collier de perles, |
1, 650 |
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bacatum, et duplicem gemmis auroque coronam. Haec celerans ita ad naues tendebat Achates.
At Cytherea nouas artes, noua pectore uersat Consilia, ut faciem mutatus et ora Cupido pro dulci Ascanio ueniat, donisque furentem |
et une double couronne d'or et de pierres précieuses. Pressé d'obéir, Achate se dirigeait vers les navires.
Mais en son cœur Cythérée imagine de nouveaux artifices, de nouveaux plans : Cupidon, changeant de visage et de traits, prendra la place du doux Ascagne ; par ses présents |
1, 655 |
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incendat reginam, atque ossibus implicet ignem ; quippe domum timet ambiguam Tyriosque bilinguis ; urit atrox Iuno, et sub noctem cura recursat. Ergo his aligerum dictis adfatur Amorem : « Nate, meae uires, mea magna potentia solus, |
il embrasera la reine affolée et mettra feu à la moëlle de ses os. Car Vénus redoute la maison perfide des Tyriens au double langage ; l'âpre Junon la tourmente et, avec la nuit revient son angoisse. Alors elle aborde l'Amour ailé en ces termes : « Mon fils, toi ma force, ma toute puissance, mon enfant, |
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nate, patris summi qui tela Typhoia temnis, ad te confugio et supplex tua numina posco. Frater ut Aeneas pelago tuus omnia circum litora iactetur odiis Iunonis iniquae, nota tibi, et nostro doluisti saepe dolore. |
toi, qui es le seul à mépriser les traits typhéens du Père suprême, je viens à toi, et j'invoque en suppliante ta divine puissance. Tu sais comment Énée, ton frère, fut ballotté par les mers, rejeté de rivage en rivage par la haine de l'implacable Junon ; tu sais tout cela et tu as souvent partagé ma peine. |
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Hunc Phoenissa tenet Dido blandisque moratur uocibus ; et uereor, quo se Iunonia uertant hospitia ; haud tanto cessabit cardine rerum. Quocirca capere ante dolis et cingere flamma reginam meditor, ne quo se numine mutet, |
En ce moment, Didon la Phénicienne le retient et le retarde par des paroles enjôleuses ; et j'ai peur, ignorant où mènera l'hospitalité de Junon : elle ne cédera pas à un moment si crucial. C'est pourquoi je médite de prendre les devants en rusant, d'embraser la reine, pour qu'aucun pouvoir divin ne la change |
1, 670 |
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sed magno Aeneae mecum teneatur amore. Qua facere id possis, nostram nunc accipe mentem. Regius accitu cari genitoris ad urbem Sidoniam puer ire parat, mea maxima cura, dona ferens, pelago et flammis restantia Troiae : |
mais qu'elle soit attachée, comme moi, à Énée, par un grand amour. Comment pourrais-tu faire cela ? Écoute maintenant mon plan. À l'appel de son père chéri, le jeune prince, mon principal souci, se prépare à gagner la ville sidonienne, porteurs de présents qui ont échappé à la mer et aux flammes de Troie ; |
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hunc ego sopitum somno super alta Cythera aut super Idalium sacrata sede recondam, ne qua scire dolos mediusue occurrere possit. Tu faciem illius noctem non amplius unam falle dolo, et notos pueri puer indue uoltus, |
je l'endormirai d'un sommeil profond et irai le cacher en un enclos sacré en haut de Cythère ou de l'Idalie ; ainsi, il ne pourra être au courant de ma ruse ou s'interposer. Toi, prends son apparence pour une nuit seulement, ruse, abuse-le, et, enfant, adopte les traits de l'enfant que tu connais bien. |
1, 680 |
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ut, cum te gremio accipiet laetissima Dido regalis inter mensas laticemque Lyaeum, cum dabit amplexus atque oscula dulcia figet, occultum inspires ignem fallasque ueneno. » Paret Amor dictis carae genetricis, et alas |
Ainsi, lorsque, tout heureuse, Didon te prendra sur ses genoux parmi les tables royales et les libations à Bacchus Lyaeus, lorsqu'elle t'embrassera et te couvrira de tendres baisers, insuffle en elle un feu caché, et abuse-la avec ton poison ». Amour obéit aux ordres de sa mère chérie, quitte ses ailes, |
1, 685 |
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exuit, et gressu gaudens incedit Iuli. At Venus Ascanio placidam per membra quietem inrigat, et fotum gremio dea tollit in altos Idaliae lucos, ubi mollis amaracus illum floribus et dulci adspirans complectitur umbra. |
et tout réjoui, s'avance en adoptant la démarche de Iule. Et Vénus emplit les membres d'Ascagne d'un paisible sommeil, le tient blotti contre son coeur et la déesse l'emporte vers les sommets boisés d'Idalie, où la tendre marjolaine l'enveloppe de ses fleurs odorantes dans une ombre douce. |
1, 690 |
Didon prise au piège de Cupidon (1, 695-756)
Didon accueille les Troyens dans un cadre luxueux où se déroule un fastueux banquet, tant par les mets que par le nombre des serviteurs. Les présents des Troyens et le jeune Iule/Cupidon émerveillent les nombreux Tyriens présents mais surtout la reine, qui tombe sous le charme de Cupidon déguisé, jouant son rôle à la perfection (1, 695-722).
Didon procède ensuite aux libations à l'aide de la coupe ancestrale des Tyriens et invoque solennellement Jupiter, Bacchus et Junon, saluant ce jour comme une fête pour Tyriens et Troyens ; la coupe se transmet aux convives, tandis qu'un poète savant chante les phénomènes astronomiques et les origines des vivants (1, 723-747).
Passionnément amoureuse, Didon cherche à prolonger la fête, posant à son hôte mille questions sur Troie, et l'invitant enfin à raconter la chute de la ville et ses propres aventures (1, 748-756).
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Iamque ibat dicto parens et dona Cupido regia portabat Tyriis, duce laetus Achate. Cum uenit, aulaeis iam se regina superbis aurea composuit sponda mediamque locauit. Iam pater Aeneas et iam Troiana iuuentus |
Déjà Cupidon, obéissant aux ordres, marchait tout joyeux, guidé par Achate, portant aux Tyriens les présents royaux. À son arrivée, la reine s'est installée déjà, au centre, sous de riches tentures, sur un lit d'or. À l'instant arrivent le vénérable Énée, et aussi les jeunes Troyens ; |
1, 695 |
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conueniunt, stratoque super discumbitur ostro. Dant famuli manibus lymphas, Cereremque canistris expediunt, tonsisque ferunt mantelia uillis. Quinquaginta intus famulae, quibus ordine longam cura penum struere, et flammis adolere Penatis ; |
tous prennent place sur des lits drapés de pourpre. Les serviteurs versent de l'eau sur les mains, offrent des corbeilles avec les présents de Cérès et tendent des serviettes de fin tissu. À l'intérieur cinquante servantes sont chargées de servir en bon ordre la longue série des mets et de faire flamber le foyer ; |
1, 700 |
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centum aliae totidemque pares aetate ministri, qui dapibus mensas onerent et pocula ponant. Nec non et Tyrii per limina laeta frequentes conuenere, toris iussi discumbere pictis. Mirantur dona Aeneae, mirantur Iulum |
cent autres servantes, et autant d'esclaves du même âge, doivent couvrir les tables de mets et y disposer les coupes. Des Tyriens aussi sont venus très nombreux et ont pénétré dans les salles en fête ; invités à prendre place sur des lits brodés, ils admirent les présents d'Énée, ils admirent Iule, |
1, 705 |
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flagrantisque dei uoltus simulataque uerba, pallamque et pictum croceo uelamen acantho. Praecipue infelix, pesti deuota futurae, expleri mentem nequit ardescitque tuendo Phoenissa, et pariter puero donisque mouetur. |
et les regards ardents du dieu, et ses paroles simulées, et la robe et le voile orné de feuilles d'acanthe couleur safran. Et surtout, l'infortunée, tout entière livrée au mal qui l'attend, ne pouvant se rassasier l'esprit et toute à sa contemplation, la Phénicienne s'embrase, aussi émue par l'enfant que par les présents. |
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Ille ubi complexu Aeneae colloque pependit et magnum falsi impleuit genitoris amorem, reginam petit haec oculis, haec pectore toto haeret et interdum gremio fouet, inscia Dido, insidat quantus miserae deus ; at memor ille |
Cupidon commence par étreindre Énée, se suspend à son cou, comble abondamment l'amour de son père abusé, puis s'approche de la reine. Sans le quitter des yeux, de tout son coeur, Didon est rivée à lui, l'étreignant parfois, ne sachant pas, la malheureuse, quel grand dieu s'est assis sur elle. |
1, 715 |
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matris Acidaliae paulatim abolere Sychaeum incipit, et uiuo temptat praeuertere amore iam pridem resides animos desuetaque corda.
Postquam prima quies epulis, mensaeque remotae, crateras magnos statuunt et uina coronant. |
Mais lui, se souvenant de sa mère l'Acidalienne, se met à effacer peu à peu le souvenir de Sychée et tente de mettre d'avance un amour vivant en cette âme éteinte et en ce coeur désaffecté depuis longtemps.
Après la première pause du repas, une fois les tables desservies, on installe d'énormes cratères, qu'on couronne de guirlandes. |
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Fit strepitus tectis, uocemque per ampla uolutant atria ; dependent lychni laquearibus aureis incensi, et noctem flammis funalia uincunt. Hic regina grauem gemmis auroque poposcit impleuitque mero pateram, quam Belus et omnes |
Le bruit emplit le palais, les voix résonnent dans les vastes salles ; aux plafonds dorés pendent des lampes allumées, et des torches enflammées triomphent de la nuit. Alors la reine réclame une coupe, lourde d'or et de gemmes, familière à Bélus et à tous ses descendants, et l'emplit de vin. |
1, 725 |
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a Belo soliti ; tum facta silentia tectis : « Iuppiter, hospitibus nam te dare iura loquuntur, hunc laetum Tyriisque diem Troiaque profectis esse uelis, nostrosque huius meminisse minores. Adsit laetitiae Bacchus dator, et bona Iuno ; |
Un grand silence se produit dans la demeure : « Jupiter, puisque, dit-on, tu accordes des droits aux hôtes, veuille que les Tyriens et ceux qui sont partis de Troie vivent un jour de joie, et que nos descendants en gardent la mémoire. Que Bacchus, dispensateur de joie, nous assiste, ainsi que la bonne Junon ; |
1, 730 |
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et uos, O, coetum, Tyrii, celebrate fauentes. » Dixit, et in mensam laticum libauit honorem, primaque, libato, summo tenus attigit ore, tum Bitiae dedit increpitans ; ille impiger hausit spumantem pateram, et pleno se proluit auro |
et vous, Tyriens, célébrez cette rencontre dans les applaudissements ». Elle dit et sur la table versa une libation aux dieux. L'offrande faite, la première elle toucha la coupe du bout des lèvres, puis la passa à Bitias, l'invitant à boire ; lui, empressé, vida à fond la patère fumante et s'abreuva dans la coupe d'or pleine ; |
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post alii proceres. Cithara crinitus Iopas personat aurata, docuit quem maximus Atlas. Hic canit errantem lunam solisque labores ; unde hominum genus et pecudes ; unde imber et ignes ; Arcturum pluuiasque Hyadas geminosque Triones ; |
les autres notables l'imitèrent. Iopas à la longue chevelure, qui fut l'élève du grand Atlas, fait sonner sa cithare dorée. Il chante les errances de la lune et les éclipses du soleil, l'origine des hommes et des bêtes, les causes de la pluie et des éclairs ; il chante l'Arcture et les Hyades pluvieuses et les deux Ourses, |
1, 740 |
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quid tantum Oceano properent se tinguere soles hiberni, uel quae tardis mora noctibus obstet. Ingeminant plausu Tyrii, Troesque sequuntur. Nec non et uario noctem sermone trahebat infelix Dido, longumque bibebat amorem, |
il explique la hâte des soleils d'hiver à plonger dans l'Océan, ou quel obstacle retarde la tombée des lentes nuits d'été. Les Tyriens applaudissent à l'envi, imités par les Troyens. De son côté aussi, elle prolongeait la nuit, parlait de tout, l'infortunée Didon, et buvait l'amour à longs traits ; |
1, 745 |
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multa super Priamo rogitans, super Hectore multa ; nunc quibus Aurorae uenisset filius armis, nunc quales Diomedis equi, nunc quantus Achilles. « Immo age, et a prima dic, hospes, origine nobis insidias » inquit, « Danaum, casusque tuorum, |
elle posait mille questions sur Priam, sur Hector ; quelles armes portait le fils de l'Aurore à sa venue ? Comment étaient les chevaux de Diomède, ou le grand Achille ? « Mais, allons, cher hôte, raconte-nous plutôt, dès le début, les pièges des Danaens, et les malheurs des tiens, |
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erroresque tuos ; nam te iam septima portat omnibus errantem terris et fluctibus aestas. » |
et tes propres errances ; car voici sept étés déjà que tu es en route, emporté partout à travers terres et mers ». |
1, 755 |
Notes (1, 579-756)
Il n'en manque qu'un (1, 584). C'est Oronte (1, 113-117).
paroles de ta mère (1, 585). Vénus, en chasseresse, avait effectivement, avant de se faire reconnaître, révélé à Énée et Achate le retour de ses compagnons (1, 386-401).
Énée se tenait droit... (1, 588-593). Passage à rapprocher d'Homère (Odyssée, 6, 232-237), où Athéna « transfigure » Ulysse, après sa rencontre avec Nausicaa.
marbre de Paros (1, 593). Marbre, d'une blancheur éclatante qui provenait de l'île de Paros, une des Cyclades.
restes échappés aux Danaens (1, 598). Expression semblable en 1, 30.
les quelques survivants (1, 601-602). Parmi ces rescapés, il y avait notamment Andromaque et Hélénus, qu'Énée rencontra en Épire et dont il sera question plus loin (3, 293-505). Quelques Troyens aussi étaient restés en Crète (3, 190) ; d'autres avaient choisi de rester en Sicile (cfr 1, 195n ; 5, 603-699).
Ilionée... Séreste... Gyas... Cloanthe (1, 611-612). Compagnons d'Énée, maintes fois cités. Pour Ilionée, voir 1, 120-124n. Séreste apparaîtra encore en 4, 288 ; 5, 487 ; 9, 171 et 9, 779 ; 10, 541-2 ; 12, 549 et 12, 561. Pour Gyas et Cloanthe, voir 1, 222.
Anchise... Simoïs... Phrygie (1, 617-618). Anchise appartenait à une branche cadette de la dynastie de Troie. Fils de Capys, il remontait, comme Priam d'ailleurs, à travers Tros, Érichtonios et Dardanos, jusqu'à Jupiter et Électre. Tandis qu'il gardait ses troupeaux sur l'Ida, en Phrygie, où coule le fleuve Simoïs (cfr 1, 100), il fut aimé d'Aphrodite, qui lui donna un fils, Énée. Anchise joue un grand rôle dans la première partie de l'Énéide : après la prise de Troie, il accompagna Énée, jusqu'en Sicile, où il mourut (3, 709-710).
Sidon... Teucer... Bélus... Chypre (1, 619-622). Ce Teucer, frère d'Ajax, est à distinguer de son homonyme, l'ancêtre lointain de la famille royale de Troie, plus ancien que lui (1, 38 et 1, 235). Ce Teucer, frère d'Ajax, était le fils de Télamon, roi de Salamine, et d'Hésioné, une soeur de Priam. Expulsé par son père de l'île de Salamine, il fonda dans l'île de Chypre une nouvelle Salamine. Virgile imagine qu'il se serait rendu à Sidon pour demander l'aide de Bélus.
Pélasges (1, 624). Les textes antiques désignent sous le nom de Pélasges un groupe de populations mythiques qu'ils localisent dans plusieurs coins de la Grèce et de la mer Égée, et qu'ils croient également pouvoir retrouver en Italie (cfr 8, 600). En poésie, « pélasge » est souvent utilisé dans le sens de « grec », c'est le cas ici (cfr aussi 2, 83 ; 6, 503).
Lui-même (1, 625). Teucer, frère d'Ajax, appartenait par sa mère à la lignée troyenne : Hésioné était en effet une soeur de Priam (cfr 1, 619-622n).
cérémonies aux dieux dans les temples (1, 632). Ces cérémonies ne sont pas autrement précisées, mais Virgile s'inspire peut-être des supplicationes ou actions de grâce décrétées à Rome, en reconnaissance aux dieux, après un événement heureux, par exemple une victoire.
L'intérieur de la splendide demeure... (1, 637-642). La description qui suit peut avoir été inspirée à Virgile par le faste de ses riches contemporains.
Ascagne (1, 645). Cfr 1, 5-7n et 1, 267-271n.
Hélène l'Argienne... Mycènes... Pergame... Léda (1, 650-653). Léda, épouse de Tyndare, un roi de Sparte, fut séduite par Zeus/Jupiter déguisé en cygne, et mit au monde Hélène et Clytemnestre, Castor et Pollux. Hélène et Pollux passent pour être les enfants de Zeus, Clytemnestre et Castor pour ceux de Tyndare. Hélène est qualifiée ici d'Argienne, un adjectif utilisé probablement dans un sens relativement large (une Grecque d'Argolide) plutôt qu'au sens technique (une habitante de la ville d'Argos). Mycènes, également en Argolide, était la ville où régnait Agamemnon, beau-frère d'Hélène. On sait qu'Hélène était devenue l'épouse de Ménélas, le roi de Sparte, mais que, délaissant son mari, elle avait quitté le Péloponnèse pour épouser à Pergame (= Troie) l'adultère Pâris, fils de Priam. Elle fut à l'origine de la Guerre de Troie, et sa légende est très complexe. On la retrouvera dans un épisode du livre deux (2, 567-588).
Ilioné (1, 653). Ilioné, fille aînée du roi Priam et d'Hécube, épouse du roi de Thrace Polymestor (3, 51), avait sans doute la prérogative de porter un sceptre particulièrement précieux.
Cythérée (1, 657). Cfr 1, 257. Sur les artifices de Vénus, voir Apollonius de Rhodes, Argonautiques, 3, 7 ; 3, 25 et 3, 112.
Cupidon (1, 658). Ou Éros, fils de Vénus et de Jupiter, dieu de l'Amour, et donc demi-frère d'Ascagne. Il est représenté souvent sous les traits d'un bel adolescent ailé armé de flèches, avec lesquelles il blesse d'amour les mortels.
Vénus redoute... (1, 661-662). La mauvaise foi punique était proverbiale chez les Romains, d'où cette inquiétude que Virgile prête à Vénus. Soucieuse de protéger les Romains, Vénus n'a pas entièrement confiance ; elle se méfie de Junon et veut mettre Didon dans les meilleures dispositions possibles à l'égard d'Énée. Si la reine brûle d'amour pour Énée, pense-t-elle, elle subira moins l'influence de Junon et sauvegardera le héros.
traits typhéens (1, 665). Il s'agit des traits de la foudre de Jupiter, qui ont notamment atteint Typhée, un des Titans. Ce personnage, qui avait tenté de détrôner Jupiter, fut foudroyé par lui et précipité dans le Tartare ou enseveli sous l'Etna. Cupidon ne redoute pas Jupiter apparemment parce qu'il peut lui aussi atteindre de ses flèches le roi des dieux.
ballotté par les mers (1, 667-668). Le livre trois sera consacré à ces errances d'Énée et de ses compagnons troyens en Méditerranée.
la ville sidonienne (1, 678). C'est-à-dire Carthage (cfr 1, 12-14).
Cythère... Idalie (1, 681). Voir 1, 257 pour Cythère. Idalie était une ville et un mont de l'île de Chypre, où se trouvait un temple de Vénus. Il a aussi été question plus haut (1, 415-417n) d'un autre endroit de prédilection de la déesse : Paphos, également dans l'île de Chypre.
Bacchus Lyaeus (1, 686). Lyaeus (qui délivre des soucis) est un des surnoms de Bacchus, le dieu du vin. Cfr 4, 58.
au centre (1, 698). C'est-à-dire à la place d'honneur. On peut supposer qu'Énée est à ses côtés.
les présents de Cérès (1, 701). Du pain ou des gâteaux, Cérès étant la déesse des moissons.
Iule (1, 709-711). Il s'agit évidemment ici de Cupidon, qui a pris l'apparence d'Ascagne. La robe et le voile sont ceux évoqués en 1, 648-653.
Acidalienne (1, 720). L'Acidalie était une fontaine en Béotie, où aimaient se baigner Vénus et les Grâces, ses compagnes.
Sychée (1, 721). L'époux décédé de Didon, dont l'histoire a été racontée en 1, 340-369.
la première pause du repas... (1, 723-724). Selon les usages romains, une fois la partie principale du repas (prior mensa) terminée, on débarrassait les tables pour faire place à la seconde partie du repas (secunda mensa), qui s'ouvrait par une libation aux dieux (1, 736) et pendant laquelle on buvait du vin.
cratères (1, 724). Les cratères étaient des vases de grandes dimensions, à large ouverture, dans lesquels on avait mélangé le vin et l'eau, les Anciens buvant rarement leur vin pur. Ils étaient placés par terre ou sur un pied dans la salle à manger. L'échanson y puisait le mélange, en remplissait les coupes et les passait aux convives. Ces cratères pouvaient être décorés de guirlandes (cfr 3, 525).
Bélus (1, 729). Le père de Didon (1, 621) ? Ou plutôt un lointain ancêtre, puisqu'il est fait état dans le texte de « tous ses descendants » ?
droits aux hôtes (1, 731). Les hôtes sont placés sous la protection de Jupiter. C'est le Zeus xenios des Grecs. « Étrangers, mendiants, tous nous viennent de Zeus », dit Homère (Odyssée, 6, 207-208).
bout des lèvres (1, 737). Un geste qui montre, note Servius, la réserve de la reine. Le commentateur signale ensuite que chez les anciens Romains, les femmes ne buvaient pas de vin.
Bitias (1, 738). Servius en fait le chef de la flotte carthaginoise. Ce devait être un personnage important, puisqu'il était installé à côté de la reine. Il n'a rien à voir avec le Bitias, frère de Pandare, en 9, 672, 9, 703 et 11, 396.
Iopas (1, 740). D'après Servius, Iopas serait un roi africain, un des prétendants de Didon. Virgile pourrait avoir inventé ce personnage, tout comme le motif des leçons qu'il aurait reçues d'Atlas. Iopas apparaît ici dans le rôle des aèdes homériques, comme Démodocos à la cour du roi Alcinous (Odyssée, 8, 44, 106, etc.) ou Phémios à Ithaque (Odyssée, 1, 154 et 337-338 ; 17, 263 ; 22, 331).
Atlas (1, 741) Fils du Titan Japet, et donc frère de Prométhée et d'Épiméthée, Atlas participa à la guerre des Titans contre Jupiter et fut pour cela condamné à porter le ciel sur ses épaules et à en faire tourner l'axe (cfr 4, 244; 4, 482). Il donna son nom au mont Atlas (Afrique du Nord). Selon certaines légendes, il aurait enseigné l'astronomie à Hercule ; c'est donc un spécialiste à qui les éclipses et les constellations comme l'Arcture, les Hyades, et les Ourses devaient être familières. Il aurait ainsi donné à Iopas des leçons d'astronomie. En fait, on peut penser que des sujets astronomiques de ce type devaient être prisés des contemporains raffinés et érudits de Virgile.
Arcture (1, 744). L'Arcture est l'étoile la plus grande de la constellation du Bouvier, sur le prolongement de la queue de la Grande Ourse.
Hyades (1, 744). Les Hyades sont les filles du géant Atlas et les soeurs des Pléiades. Lorsque leur frère Hyas fut tué à la chasse, elles moururent de chagrin et furent changées en constellations « pluvieuses ». Elles sont au nombre de cinq ou sept. Elles se lèvent entre le 16 mai et le 9 juin, et se couchent entre le 2 et le 14 novembre : leur lever et leur coucher marquent donc un changement de saison.
Ourses (1, 744). La Grande et la Petite Ourse.
fils de l'Aurore (1, 751). Memnon (cfr 1, 489).
les chevaux de Diomède (1, 752). Diomède a déjà été présenté en 1, 96-98 (général) et en 1, 469-473) pour son rôle dans l'histoire des chevaux de Rhésus. D'après Homère (Iliade, 5, 25 et 163), Diomède se serait également emparé d'autres chevaux, ceux de Darès et de Chromios. La mythologie connaît également un autre Diomède, qui n'est pas lié au cycle troyen. Fils d'Arès et roi de Thrace, ce Diomède avait la réputation de faire dévorer par ses juments les étrangers qui abordaient dans son pays.