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 Énéide - Livre I 

©Marie-Cécile Deproost

 Arrivée d'Énée à Carthage 

[1,1-222] [1,223-417] [1,418-578] [1,579-756]


Note liminaire : La présente traduction de Virgile fait partie de la Bibliotheca Classica Selecta (BCS) mais elle s'intègre aussi dans le vaste projet Du texte à l'hypertexte mis au point à la Faculté de Philosophie et Lettres de Louvain à l'initiative de Jean Schumacher. Les possibilités de cette dernière réalisation sont multiples ; non seulement elle permet une lecture de l'oeuvre avec le texte latin et la traduction française en regard, mais elle donne également accès à un riche ensemble d'outils lexicographiques et statistiques très performants.


Plan 

Introduction [1, 1-11]
  • Sujet de l'Énéide et invocation à la Muse (1, 1-11)

Junon pousse les Troyens en Libye [1, 12-222]

  • 1. Junon écarte les Troyens d'Italie (1,12-80)
  • 2. La tempête : les Troyens en péril (1, 81-123)
  • 3. Les Troyens accostent en Libye (1, 124-179)
  • 4. Énée se conduit en chef responsable (1, 180-222)

Jupiter et Vénus aident Énée [1, 223-417]

  • 1. Vénus implore Jupiter (1, 223-253)
  • 2. Jupiter prophétise la grandeur de Rome (1, 254-304)
  • 3. Une inconnue informe Énée sur Didon (1, 305-368)
  • 4. L'inconnue écoute Énée et le rassure (1, 369-417)

Énée découvre Carthage [1, 418-578]

  • 1. Carthage ville naissante (1, 418-449)
  • 2. Le temple de Junon et les souvenirs de Troie (1, 450-493)
  • 3. Didon accueille les compagnons d'Énée (1, 494-578)

Didon et Énée - Vénus et Cupidon [1, 579-756]

  • 1. Didon accueille Énée (1, 579-642)
  • 2. Vénus substitue Cupidon à Ascagne (1, 643-694)
  • 3. Didon prise au piège de Cupidon (1, 695-756).

 Résumé 

 

Introduction  [1, 1-11]

Sujet de l'Énéide et invocation à la muse

Les premiers vers, suivis d'une invocation à la Muse, présentent d'emblée le sujet de l'oeuvre : l'arrivée du Troyen Énée en Italie et les combats qu'il dut mener avant son installation dans le Latium ; bien que protégé par le destin, il fut longtemps la victime des dieux et de Junon en particulier (1, 1-11).

 

Junon pousse les Troyens en Libye [1, 12-222]

Junon écarte les Troyens d'Italie (1, 12-80)

Junon rêvait de la suprématie pour Carthage. Mais, connaissant les arrêts du destin, elle pressentait la victoire future de Rome, nouvelle Troie, sur Carthage (1, 12-22).

Depuis longtemps hostile aux Troyens, pleine de rancoeur et de jalousie à l'égard de Pâris, de Dardanus et de Ganymède, elle malmenait sur la mer les exilés Troyens (1, 23-33).

Irritée de les voir s'approcher de l'Italie et ressassant ses vieilles rancoeurs, évoquant la tempête soulevée par Pallas Athéna contre les Argiens et Ajax, se sentant humiliée et limitée dans son pouvoir, elle songe à déchaîner elle aussi une tempête contre les Troyens (1, 34-49).

Aussitôt, Junon se rend auprès du dieu Éole, préposé par Jupiter à tenir les vents enchaînés dans de sombres cavernes et, flattant habilement le docile Éole, lui promettant une nymphe pour épouse en guise de récompense, elle le convainc de déchaîner une tempête (1, 50-80).

La tempête - Les Troyens en péril (1, 81-123)

Un seul geste d'Éole libère les vents, déchaînant la tempête et les ouragans. Les Troyens se sentent en péril et Énée est désespéré, regrettant de n'être pas mort à Troie, comme nombre de ses compagnons d'armes (1, 81-101).

Le navire d'Énée est mis à mal; trois bateaux sont projetés sur des récifs, trois autres échouent dans des bas-fonds; Oronte et ses Lyciens sont engloutis avec leur navire; des naufragés surnagent; d'autres vaisseaux sont gravement endommagés (1, 102-123).

Les Troyens accostent en Libye (1, 124-179)

Neptune constatant la tempête provoquée par Junon reproche aux vents et à Éole d'avoir outrepassé leurs pouvoirs (1, 124-141). Puis, tel un héros pieux apaisant les passions d'un peuple révolté, il ramène le calme sur la mer, avant de reprendre sa course (1, 142-156).

Les Troyens épuisés découvrent sur le rivage de Libye un endroit protégé où amarrer leurs bateaux (1, 157-169). Énée et les rescapés de sept navires débarquent, s'installent sur la plage, vont récupérer dans les bateaux armes et vivres et s'activent à préparer un repas (1, 170-179).

Énée se conduit en chef responsable (1, 180-222)

Énée, s'inquiétant des autres bateaux de sa flottille, scrute en vain la mer mais est mis sur la trace d'une harde de cerfs. En chasseur expérimenté, il abat sept bêtes qu'il distribue aux sept équipages des navires rescapés (1, 180-194).

Il cherche ensuite à rendre courage à tous ses compagnons : il leur distribue le vin reçu en Sicile et, évoquant leurs épreuves passées, sans laisser paraître son angoisse, il leur parle de jours meilleurs, où Troie renaîtra (1, 195-209).

Après un repas copieux sur la plage, partagés entre la crainte et l'espoir, tous évoquent les disparus. Énée en particulier gémit sur le sort de ceux qu'il sait ou croit morts (1, 210-222). 

 

Jupiter et Vénus aident Énée [1, 223-417]

Vénus implore Jupiter (1, 223-253)

Dans le ciel, Vénus implore son père en faveur des Troyens. Fine diplomate, elle flatte Jupiter, insiste sur la piété de ses protégés, lui rappelle ses promesses de faire naître des Troyens le peuple destiné à régner sur l'univers (1, 223-237).

Elle compare les épreuves que leur inflige Junon au sort d'Anténor, un autre rescapé de Troie, établi en Illyrie (1, 238-253).

Jupiter prophétise la grandeur de Rome (1, 254-304)

Jupiter rassure Vénus sur le sort des Troyens et l'avenir d'Énée, puis entreprend de brosser un tableau de l'histoire de Rome avant sa fondation : guerre entre Troyens et Rutules ; fondation de Lavinium ; mort et divinisation d'Énée après trois ans ; règne d'Ascagne-Iule pendant trente ans ; fondation d'Albe la Longue ; dynastie albaine de race troyenne pendant trois cents ans ; naissance des jumeaux (1, 254-274).

Il annonce ensuite la fondation de Rome ; l'empire universel de la nouvelle Troie, après la conquête romaine de la Grèce, présentée comme l'ultime vengeance des Troyens ; le revirement de Junon elle-même et enfin l'avènement d'Auguste-César, descendant des Troyens et instaurateur de la paix (1, 275-296).

Il dépêche enfin à Carthage son messager Mercure, qui inspire à Didon et aux Carthaginois des sentiments bienveillants à l'égard des Troyens (1, 297-304).

 Une inconnue informe Énée sur Didon (1, 305-368)

Entre-temps, Énée explore les lieux, quand sa mère Vénus se présente à lui sous les traits d'une jeune chasseresse. Sans la reconnaître, bien que pressentant sa qualité de déesse, il l'interroge sur le pays où il a échoué (1, 305-334).

La chasseresse, sans révéler son identité, le renseigne sur l'histoire de Carthage et de sa fondatrice : Didon avait épousé en Phénicie le riche Sychée, assassiné secrètement par le roi de Tyr, son beau-frère Pygmalion, jaloux de ses richesses. Un jour le fantôme de Sychée révéla à Didon le crime de Pygmalion et lui conseilla de fuir, en lui disant où se trouvaient des trésors cachés. Didon s'embarqua et arriva en Libye avec ses partisans et ses richesses ; elle se procura le territoire où s'élève maintenant sa ville (1, 335-368).

L'inconnue écoute Énée et le rassure (1, 369-417)

À son tour, Énée renseigne l'inconnue sur son passé et sur le but que lui dicte le destin : il veut gagner l'Italie pour y installer les Pénates de Troie arrachés à l'ennemi ; mais, victime d'une tempête, il a échoué, avec sept navires, sur les côtes de Libye (1, 369-384).

L'assurant de la protection des dieux, l'inconnue engage Énée à se présenter à la reine des lieux et lui annonce, sur la foi d'un présage, le sauvetage de la flotte qu'il croyait perdue (1, 385-401).

Énée reconnaît alors Vénus qui disparaît aussitôt, le laissant quelque peu frustré. Mais elle le soustrait auparavant à la curiosité des Libyens, en l'enveloppant d'un nuage, avant de rejoindre sa demeure de Chypre (1, 402-417).

 

Énée découvre Carthage [1, 418-578]

Carthage ville naissante (1, 418-449)

Énée et Achate, parvenus sur une colline proche de la ville, à l'abri de leur nuage, voient s'édifier une ville moderne et imposante, en proie à une activité fébrile, comparable à celle que déploient des abeilles (1, 418-436).

Ne pouvant s'empêcher de comparer sa situation à celle de ces heureux Tyriens, Énée se mêle à la foule, sans être vu (1, 437-449).

Le temple de Junon et les souvenirs de Troie (1, 450-493)

Tout en attendant la reine au pied du temple, Énée en examine diverses représentations figurant des scènes de la guerre de Troie. Ce spectacle, témoignant de l'admiration et de la compassion à l'égard des héros troyens, ranime son courage (1, 450-463).

Sont évoqués les combats devant Troie, mais surtout les déboires troyens : massacre au camp de Rhésus et mort du fils de Priam Troïlus, vaine démarche des suppliantes troyennes auprès de Pallas, et enfin démarche de Priam auprès d'Achille, obtenant que lui soit rendu le cadavre d'Hector (1, 464-487).

Quelques scènes évoquent ensuite l'action d'Énée à Troie, les armées venues de l'Orient et les Amazones (préfiguration de Didon ?), servant en quelque sorte de transition à la suite du récit (1, 488-493).

Didon accueille les compagnons d'Énée (1, 494-578)

Énée, toujours invisible, aperçoit Didon venant s'installer sur un trône devant le temple, et découvre une reine puissante, respectée, résolue, équitable et efficace. Soudain, heureux autant qu'effrayés, Énée et Achate reconnaissent quelques-uns de leurs compagnons rescapés en train de s'avancer en suppliants vers la reine, au milieu des protestations de la foule (1, 494-519).

Le vieil Ilionée, leur porte-parole, implore la bienveillance d'une reine protégée de Jupiter et éprise de justice. Lui demandant sa protection, il l'informe sur leur aventure et la rassure sur leurs intentions. Surpris de l'hostilité rencontrée, il finit par évoquer la possibilité d'un châtiment divin, et surtout le retour possible de leur chef, le juste, le pieux, le vaillant Énée. Il demande comme seule faveur de pouvoir réparer les navires, afin de gagner l'Italie avec Énée, ou sinon, la Sicile, où ils sont assurés d'un bon accueil (1, 520-560).

Didon alors les rassure, justifiant l'accueil hostile des Libyens par la jeunesse de son royaume. Elle promet aux Troyens de faciliter leur départ pour l'Italie ou la Sicile, mais leur propose plutôt de partager le pouvoir avec elle, souhaitant comme eux le retour d'Énée vivant (1, 561-578).

 

Didon et Énée - Vénus et Cupidon [1, 579-756

Didon accueille Énée (1, 579-642)

Réconfortés par cette vue, Énée et Achate sont tentés de révéler leur présence ; soudain, le nuage disparaît et Énée apparaît miraculeusement transfiguré. Il se présente alors à Didon, la remercie pour sa compassion et sa bonté, et lui souhaite la bénédiction des dieux, avant de serrer les mains de ses compagnons retrouvés (1, 579-612).

Revenue de sa stupeur, Didon se montre avertie des malheurs des Troyens et disposée à les secourir. Décrétant des actions de grâces aux dieux et faisant livrer des animaux aux Troyens restés sur le rivage, elle introduit ses hôtes dans le palais où se prépare un somptueux festin (1, 613-642).

Vénus substitue Cupidon à Ascagne (1, 643-694)

Énée charge alors Achate de retourner aux navires et d'en ramener Ascagne et des présents, parures princières sauvées du sac de Troie, qu'il destine à Didon (1, 643-656).

Entre-temps Vénus imagine un stratagème pour protéger Énée contre Junon et demande le concours de son fils Cupidon, le puissant dieu de l'Amour. Elle lui suggère de se substituer momentanément à Ascagne afin d'inspirer à Didon une passion brûlante pour Énée, tandis qu'elle emportera Ascagne endormi à Chypre. Cette suggestion est immédiatement adoptée (1, 657-694).

Didon prise au piège de Cupidon (1, 695-756)

Didon accueille les Troyens dans un cadre luxueux où se déroule un banquet fastueux tant par les mets que le nombre des serviteurs. Les présents des Troyens et le jeune Iule/Cupidon émerveillent les nombreux Tyriens présents mais surtout la reine, qui tombe sous le charme de Cupidon déguisé, jouant son rôle à la perfection (695-722).

Didon procède ensuite aux libations à l'aide de la coupe ancestrale des Tyriens et invoque solennellement Jupiter, Bacchus et Junon, saluant ce jour comme une fête pour Tyriens et Troyens ; la coupe se transmet aux convives, tandis qu'un poète savant chante les phénomènes astronomiques et les origines des vivants (723-747).

Passionnément amoureuse, Didon cherche à prolonger la fête, posant à son hôte mille questions sur Troie, et l'invitant enfin à raconter la chute de la ville et ses propres aventures (748-756).


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