Bibliotheca Classica Selecta - Énéide - Chant IX (Plan) - Hypertexte louvaniste - Page précédente - Page suivante


ÉNÉIDE, LIVRE IX

 

SIÈGE DU CAMP TROYEN - NISUS ET EURYALE

La geste de Turnus (1) (9, 503-671)

 

Introduction et invocation aux Muses (9, 503-529)

L'assaut est inéluctable. Volsques et Rutules tentent d'escalader les murs, mais ils sont repoussés à coup de projectiles par les Troyens. La lutte s'annonce âpre de part et d'autre. (9, 503-524)

Une invocation aux Muses introduit le récit des combats sanglants qui vont se dérouler jusqu'à la fin du siège. (9, 525-529)

At tuba terribilem sonitum procul aere canoro

increpuit ; sequitur clamor caelumque remugit.

Mais au loin la trompette d'airain fait sonner son terrible chant ;

une clameur lui répond, qui résonne dans le ciel.

Adcelerant acta pariter testudine Volsci

et fossas implere parant ac uellere uallum.

Quaerunt pars aditum et scalis ascendere muros,

qua rara est acies interlucetque corona

non tam spissa uiris. Telorum effundere contra

Les Volsques d'un seul mouvement ont formé la tortue, et s'activent,

se préparant à combler les fossés, à arracher la palissade.

Certains cherchent un accès, tentent d'escalader les murs avec des échelles,

là où les lignes sont peu serrées, où l'on entrevoit une couronne

de guerriers peu fournie. En face, les Troyens les arrosent

9, 505

omne genus Teucri ac duris detrudere contis,

adsueti longo muros defendere bello.

Saxa quoque infesto uoluebant pondere, siqua

possent tectam aciem perrumpere : cum tamen omnis

ferre iuuat subter densa testudine casus ;

de traits divers, et les repoussent à l'aide de durs épieux :

une longue guerre les a habitués à défendre des murailles.

Ils roulent aussi des pierres d'un poids redoutable,

pour tenter de briser ce toit en marche, qui pourtant supporte

allègrement tous les coups, sous la voûte serrée des boucliers.

9, 510

nec iam sufficiunt. Nam qua globus imminet ingens,

immanem Teucri molem uoluuntque ruuntque,

quae strauit Rutulos late armorumque resoluit

tegmina. Nec curant caeco contendere Marte

amplius audaces Rutuli, sed pellere uallo

Mais ils ne tiennent plus. Car à l'endroit où un groupe important

se fait menaçant, les Troyens roulent et précipitent un bloc énorme

qui écrase de nombreux Rutules et disloque la couverture de boucliers.

Les audacieux Rutules renoncent à prolonger ce combat aveugle,

mais s'efforcent de déloger les Troyens du rempart

9, 515

missilibus certant.

Parte alia horrendus uisu quassabat Etruscam

pinum et fumiferos infert Mezentius ignis ;

at Messapus equum domitor, Neptunia proles,

rescindit uallum et scalas in moenia poscit.

 

en leur lançant des traits.

Ailleurs, une figure effrayante agite un tronc de pin d'Étrurie :

c'est Mézence en train d'allumer des feux fumants.

Messapus, le dompteur de chevaux, rejeton de Neptune,

brise la palissade et réclame des échelles pour monter sur les remparts.

 

9, 520

Vos, o Calliope, precor, adspirate canenti,

quas ibi tum ferro strages, quae funera Turnus

ediderit, quem quisque uirum demiserit Orco ;

et mecum ingentis oras euoluite belli,

et meministis enim, diuae, et memorare potestis.

Ô Calliope et vous toutes les autres muses, je vous en prie, inspirez mon chant.

Dites les massacres, les morts qu'ici, en ce jour, provoqua le fer de Turnus ;

dites le guerrier que chacun des héros envoya chez Orcus,

et déroulez avec moi l'immense tableau de la guerre.

Vous, ô déesses, vous gardez ces souvenirs et pouvez les rappeler.

 

9, 525

 

Une tour s'effondre. Combats singuliers (9, 530-589)

Turnus met le feu à une tour troyenne qui s'écroule, entraînant la mort de la plupart de ses occupants. Seuls rescapés de cet effondrement, deux jeunes Troyens, Hélénor et Lycus, mourront tous deux de la main de Turnus. L'assaut reprend de plus belle. (9, 530-568)

Dans les deux camps nombreuses sont  les victimes de combats singuliers, dans lesquels Turnus joue le rôle le plus important. (9, 569-589)

Turris erat uasto suspectu et pontibus altis,

opportuna loco, summis quam uiribus omnes

expugnare Itali summaque euertere opum ui

certabant, Troes contra defendere saxis

perque cauas densi tela intorquere fenestras.

Une tour très élevée, munie de hautes passerelles, se dressait

en un endroit stratégique ; de toutes leurs forces, l'ensemble des Italiens

cherchaient à la prendre d'assaut, à la renverser par tous les moyens ;

en face, les Troyens la défendaient à coup de pierres

et, massés au creux des baies, ils expédiaient leurs traits.

9, 530

Princeps ardentem coniecit lampada Turnus

et flammam adfixit lateri, quae plurima uento

corripuit tabulas et postibus haesit adesis.

Turbati trepidare intus frustraque malorum

uelle fugam. Dum se glomerant retroque residunt

Turnus commença par lancer sur la tour une torche enflammée,

qui mit le feu à l'un des flans ; attisées par le vent, les flammes

gagnent les planchers et s'accrochent aux montants qu'elles dévorent.

À l'intérieur, les hommes se troublent et veulent fuir leurs malheurs,

en vain. Tandis qu'ils se regroupent et se massent à l'arrière,

9, 535

in partem, quae peste caret, tum pondere turris

procubuit subito et caelum tonat omne fragore.

Semineces ad terram, immani mole secuta,

confixique suis telis et pectora duro

transfossi ligno ueniunt. Vix unus Helenor

en un endroit encore épargné par le feu, la tour brusquement s'effondre

sous leur poids, et le ciel entier résonne avec fracas.

La masse énorme qui s'abat les entraîne à terre, à demi morts,

transpercés par leurs propres traits, la poitrine défoncée

par de lourdes poutres. Seuls Hélénor et Lycus avec peine

9, 540

et Lycus elapsi. Quorum primaeuus Helenor,

Maeonio regi quem serua Licymnia furtim

sustulerat uetitisque ad Troiam miserat armis,

ense leuis nudo parmaque inglorius alba ;

isque ubi se Turni media inter milia uidit,

réussirent à s'échapper. Hélénor était tout jeune. Une esclave,

Licymnia, l'avait élevé en secret pour le roi de Méonie,

qui l'avait envoyé à Troie, sans qu'il ait le droit de porter des armes.

Agile avec une simple épée, il portait sans gloire un bouclier blanc.

Lorsqu'il se vit entouré des milliers d'hommes de Turnus,

9, 545

hinc acies atque hinc acies adstare Latinas :

ut fera, quae densa uenantum saepta corona

contra tela furit seseque haud nescia morti

inicit et saltu supra uenabula fertur,

haud aliter iuuenis medios moriturus in hostis

quand il vit, des deux côtés, les lignes latines se dresser menaçantes,

comme un fauve, au milieu d'un cercle compact de chasseurs,

se déchaîne contre leurs traits et, n'ignorant pas qu'il va mourir,

s'élance et saute d'un bond par dessus leurs épieux,

ainsi, le jeune homme, qui bientôt va mourir, se rue parmi les ennemis,

9, 550

inruit et, qua tela uidet densissima, tendit.

At pedibus longe melior Lycus inter et hostis

inter et arma fuga muros tenet altaque certat

prendere tecta manu sociumque attingere dextras.

Quem Turnus, pariter cursu teloque secutus,

se rendant à l'endroit où il voit tomber les traits les plus drus.

Lycus lui, de loin plus agile à la course, fuit à travers les ennemis,

à travers les armes, et rejoint les murs ; ses mains tentent

d'en agripper le sommet et de saisir les mains de ses camarades.

Mais Turnus le poursuit en courant et lui lance un trait,

9, 555

increpat his uictor : « Nostrasne euadere, demens,

sperasti te posse manus ? » Simul adripit ipsum

pendentem et magna muri cum parte reuellit.

Qualis ubi aut leporem aut candenti corpore cycnum

sustulit alta petens pedibus Iouis armiger uncis

puis, en vainqueur l'invective : « Fou que tu es, as-tu espéré

pouvoir nous échapper ? » Aussitôt, tandis que Lycus reste suspendu,

il le saisit et l'arrache avec une grande partie de la muraille :

on dirait l'oiseau porteur des armes de Jupiter, gagnant les hauteurs,

après avoir, de ses serres crochues, enlevé un lièvre ou un cygne éclatant,

9, 560

quaesitum aut matri multis balatibus agnum

Martius a stabulis rapuit lupus. Vndique clamor

tollitur : inuadunt et fossas agere complent ;

ardentis taedas alii ad fastigia iactant.

 

Ilioneus saxo atque ingenti fragmine montis

ou le loup de Mars arrachant de l'étable un agneau

que recherche sa mère avec des bêlements sans fin.

De partout monte une clameur : c'est l'attaque ; on comble les fossés

avec de la terre ; ailleurs on lance sur les créneaux des torches allumées.

 

Ilionée, à l'aide d'un rocher, un énorme quartier de montagne,

9, 565

Lucetium portae subeuntem ignisque ferentem,

Emathiona Liger, Corynaeum sternit Asilas,

hic iaculo bonus, hic longe fallente sagitta,

Ortygium Caeneus, uictorem Caenea Turnus,

Turnus Ityn Cloniumque, Dioxippum Promolumque

abat au sol Lucétius qui s'approchait de la porte pour y mettre le feu ;

Liger tue Émathion, Asilas tue Corynée : l'un à l'aide de son javelot,

où il excelle ; l'autre avec une flèche lancée de loin, sans qu'on la voie.

Cénée abat Ortygie ; Cénée vainqueur est tué par Turnus ;

Turnus tue Itys et Clonius, Dioxippe et Promolus,

9, 570

et Sagarim et summis stantem pro turribus Idan,

Priuernum Capys. Hunc primo leuis hasta Themillae

strinxerat : ille manum proiecto tegmine demens

ad uolnus tulit ; ergo alis adlapsa sagitta

et laeuo infixa est lateri manus abditaque intus

et Sagaris, et Idas qui se tenait en avant des hautes tours.

Capys tue Privernus qui, tout d'abord légèrement touché

par la pique de Themillas, avait imprudemment rejeté son bouclier

pour porter la main à sa blessure ; alors, une flèche ailée glissant vers lui

avait cloué sa main sur son côté gauche ; l'arme, profondément enfoncée,

9, 575

spiramenta animae letali uolnere rupit.

Stabat in egregiis Arcentis filius armis,

pictus acu chlamydem et ferrugine clarus Hibera,

insignis facie, genitor quem miserat Arcens,

eductum Matris luco Symaethia circum

interrompit le souffle de sa vie en une blessure mortelle.

Le fils d'Arcens, revêtu d'armes somptueuses, était là,

avec sa chlamyde brodée à l'aiguille, tout brillant de pourpre d'Ibérie ;

il était beau ; son père Arcens, qui l'avait envoyé [à la guerre],

l'avait élevé dans le bois sacré de Mars, sur les bords du Symèthe,

9, 580

flumina, pinguis ubi et placabilis ara Palici :

stridentem fundam positis Mezentius hastis

ipse ter adducta circum caput egit habena

et media aduersi liquefacto tempora plumbo

diffidit ac multa porrectum extendit harena.

où l'autel secourable de Palicus est arrosé du sang des victimes :

Mézence en personne, posant son javelot, prit une fronde stridente

qu'il fit tourner trois fois par-dessus sa tête, lanière bien tendue ;

le plomb fondu frappa de plein fouet les tempes de son adversaire,

qu'il étendit de tout son long sur le sable.

9, 585

 

Ascagne protégé des dieux Jupiter et Apollon (9, 590-671)

Ascagne fait ses premières armes à la guerre.  Numanus-Rémulus, le beau-frère de Turnus, avait insulté les Troyens et fait l'éloge des rudes moeurs latines, en décriant  la mollesse et le luxe des Orientaux. (9, 590-620)

Ascagne, ne supportant pas l'affront et manifestement appuyé par Jupiter, tue d'une flèche l'orgueilleux Rémulus. (9, 621-635)


L'exploit du jeune Ascagne suscite l'enthousiasme des Troyens. Mais une intervention d'Apollon, qui se révèle le protecteur du jeune garçon, pousse les chefs dardanides à le tenir à l'écart des combats, en raison de son destin futur. Quant à eux, ils se lancent dans l'action avec une ardeur redoublée. (9, 636-671)

Tum primum bello celerem intendisse sagittam

dicitur ante feras solitus terrere fugaces

Ascanius fortemque manu fudisse Numanum,

cui Remulo cognomen erat, Turnique minorem

germanam nuper thalamo sociatus habebat.

Ce fut la première fois, dit-on, qu'Ascagne lança une flèche rapide

au cours d'une guerre. Avant cela, il avait coutume de chasser

les fauves effrayés. Ce jour-là, sa main abattit le courageux Numanus,

surnommé Rémulus, qui, ayant épousé la soeur cadette de Turnus,

était devenu depuis peu l'allié du roi des Rutules.

9, 590

Is primam ante aciem digna atque indigna relatu

uociferans tumidusque nouo praecordia regno

ibat et ingentem sese clamore ferebat :

« Non pudet obsidione iterum ualloque teneri,

bis capti Phryges, et morti praetendere muros ?

Or donc, Rémulus, au devant des lignes, vociférait à tort et à travers ;

tout enflé de sa récente parenté royale, il allait et venait,

avantageux et le verbe haut : « N'avez-vous pas honte

d'être à nouveau assiégés, ô Phrygiens deux fois captifs,

contenus derrière une palissade, et dressant des murs contre la mort ?

9, 595

En qui nostra sibi bello conubia poscunt !

Quis deus Italiam, quae uos dementia adegit ?

Non hic Atridae nec fandi fictor Vlixes :

durum a stirpe genus natos ad flumina primum

deferimus saeuoque gelu duramus et undis,

Voilà donc ceux qui, armes à la main, demandent nos femmes en mariage !

Quel dieu, quelle folie vous ont amenés en Italie ?

Ici, vous ne trouverez ni les Atrides ni Ulysse le beau parleur,

mais une race dure : dès leur naissance, nous amenons nos fils

près des fleuves pour les endurcir au contact du gel sévère et des flots ;

9, 600

uenatu inuigilant pueri siluasque fatigant,

flectere ludus equos et spicula tendere cornu.

At patiens operum paruoque adsueta iuuentus

aut rastris terram domat aut quatit oppida bello.

Omne aeuum ferro teritur, uersaque iuuencum

enfants, ils passent leurs nuits à la chasse, fatiguent les forêts,

jouent à dresser des chevaux, à tendre l'arc, à lancer des traits.

Notre jeunesse, résistante aux travaux et habituée à vivre de peu,

soumet la terre avec ses hoyaux ou ébranle les places-fortes à la guerre.

Toute notre vie s'épuise à manier le fer, et nos lances retournées

9, 605

terga fatigamus hasta ; nec tarda senectus

debilitat uires animi mutatque uigorem :

canitiem galea premimus, semperque recentis

comportare iuuat praedas et uiuere rapto.

Vobis picta croco et fulgenti murice uestis,

harcèlent les échines des boeufs. La lente vieillesse

n'affaiblit pas notre force d'âme, mais transforme notre vigueur :

nous pressons sous le casque nos cheveux blancs, et toujours

nous aimons ramener un butin frais et vivons de rapines.

À vous les broderies de safran et les vêtements de pourpre éclatante ;

9, 610

desidiae cordi, iuuat indulgere choreis,

et tunicae manicas et habent redimicula mitrae.

O uere Phrygiae, neque enim Phryges, ite per alta

Dindyma ubi adsuetis biforem dat tibia cantum !

Tympana uos buxusque uocat Berecyntia Matris

l'inaction vous enchante, vous vous complaisez dans les danses,

vos tuniques portent des manches et vos mitres des rubans.

Ô Phrygiennes, vraiment, car vous n'êtes pas des Phrygiens,

gagnez les sommets du Dindyme, où la double flûte enchante ses fidèles.

Les tambourins bérécyntiens et les flûtes de buis de la Mère de l'Ida

9, 615

Idaeae sinite arma uiris et cedite ferro. »

 

Talia iactantem dictis ac dira canentem

non tulit Ascanius neruoque obuersus equino

contendit telum diuersaque bracchia ducens

constitit, ante Iouem supplex per uota precatus :

vous appellent ; laissez les armes aux guerriers, et cédez devant le fer. »

 

Ascagne ne supporta pas la jactance de tels propos,

ni ces insultes incantatoires ; tourné vers lui, il ajuste une flèche

sur son arc tendu par un nerf de cheval et, levant plusieurs fois les bras,

il s'arrête, adressant tout d'abord à Jupiter, supplications, voeux et prières :

9, 620

« Iuppiter omnipotens, audacibus adnue coeptis.

Ipse tibi ad tua templa feram sollemnia dona

et statuam ante aras aurata fronte iuuencum

candentem pariterque caput cum matre ferentem,

iam cornu petat et pedibus qui spargat harenam. »

« Jupiter tout-puissant, agrée mon audacieuse entreprise.

Je porterai moi-même à ton temple des offrandes solennelles

et placerai devant tes autels un jeune taureau aux cornes dorées,

éclatant de blancheur, à la tête haute comme celle de sa mère,

et qui déjà attaque de la corne et disperse le sable sous ses sabots ».

9, 625

Audiit et caeli Genitor de parte serena

intonuit laeuum, sonat una fatifer arcus :

effugit horrendum stridens adducta sagitta

perque caput Remuli uenit et caua tempora ferro

traicit. « I, uerbis uirtutem inlude superbis !

Le père des cieux l'entendit et dans un coin serein du ciel, à gauche,

fit retentir le tonnerre ; au même moment résonne l'arc fatal.

Avec un sifflement effrayant la flèche s'échappe, bien dirigée,

et va se planter dans la tête de Rémulus, que le fer traverse

au creux des tempes. « Va, insulte la valeur avec tes paroles orgueilleuses !

9, 630

His capti Phryges haec Rutulis responsa remittunt. »

 

Hoc tantum Ascanius. Teucri clamore sequuntur

laetitiaque fremunt animosque ad sidera tollunt.

Aetheria tum forte plaga crinitus Apollo

desuper Ausonias acies urbemque uidebat,

Voilà ce que répondent aux Rutules des Phrygiens deux fois captifs ».

 

Ascagne en reste là. Les Troyens, en poussant un cri, le suivent

et frémissent de joie : leur courage s'élève jusqu'aux astres.

Alors précisément, dans un coin du ciel, Apollon chevelu

voyait d'en haut les armées ausoniennes et la ville ;

9, 635

nube sedens, atque his uictorem adfatur Iulum :

« Macte noua uirtute, puer : sic itur ad astra,

dis genite et geniture deos. Iure omnia Bella

gente sub Assaraci fato uentura resident,

nec te Troia capit. » Simul haec effatus ab alto

assis sur un nuage, il s'adresse ainsi au victorieux Iule :

« Honneur à ton jeune courage, enfant ; ainsi on atteint les astres ;

tu es né de dieux et tu engendreras des dieux. Le destin, à juste titre,

mettra fin à toutes les guerres que rencontrera la race d'Assaracus

et Troie ne te suffit plus ». Et aussitôt après cette déclaration,

9, 640

aethere se misit, spirantis dimouet auras

Ascaniumque petit. Forma tum uertitur oris

antiquum in Buten ; hic Dardanio Anchisae

armiger ante fuit fidusque ad limina custos,

tum comitem Ascanio pater addidit. Ibat Apollo

il s'élance du haut de l'éther, écarte les souffles des brises

et se dirige vers Ascagne ; alors son visage prend les traits

du vieux Boutès, qui autrefois avait été l'écuyer

du dardanien Anchise et le fidèle gardien de sa demeure, 

avant qu'Énée fit de lui le compagnon d'Ascagne.

9, 645

omnia longaeuo similis, uocemque coloremque

et crinis albos et saeua sonoribus arma,

atque his ardentem dictis adfatur Iulum :

« Sit satis, Aenide, telis impune Numanum

oppetiisse tuis ; primam hanc tibi magnus, Apollo

Apollon marchait, en tout semblable à ce vieillard :

il en avait la voix et le teint, et les cheveux blancs, et les armes

au bruit redoutable. Il s'adresse en ces termes à l'ardent Iule :

« Qu'il te suffise, fils d'Énée, que Numanus ait succombé sous tes traits,

sans dommage pour toi. Le grand Apollon t'a concédé cette première gloire

9, 650

concedit laudem et paribus non inuidet armis :

cetera parce, puer, bello. » Sic orsus Apollo

mortalis medio aspectus sermone reliquit

et procul in tenuem ex oculis euanuit auram.

Agnouere deum proceres diuinaque tela

et ne t'en veut pas pour avoir utilisé des armes égales aux siennes ;

pour le reste, sois économe d'exploits guerriers, mon enfant ».

Sur ce, en plein discours, Apollon quitta ses apparences mortelles,

et disparut de leur vue au loin dans l'air léger.

Les chefs Dardanides reconnurent le dieu avec ses armes divines

9, 655

Dardanidae pharetramque fuga sensere sonantem.

Ergo auidum pugnae dictis ac numine Phoebi

Ascanium prohibent, ipsi in certamina rursus

succedunt animasque in aperta pericula mittunt.

It clamor totis per propugnacula muris,

et, tandis qu'il fuyait, ils remarquèrent son bruyant carquois.

Dès lors, forts des paroles et de la volonté de Phébus,

ils écartent Ascagne, très avide de se battre ; mais eux retournent

au combat et se jettent corps et âmes au sein des dangers.

Un cri se propage de poste en poste tout le long des murs ;

9, 660

intendunt acris arcus amentaque torquent.

Sternitur omne solum telis, tum scuta cauaeque

dant sonitum flictu galeae, pugna aspera surgit :

quantus ab occasu ueniens pluuialibus Haedis

uerberat imber humum, quam multa grandine nimbi

on tend les arcs puissants, les lanières tournoient.

Tout le sol est jonché de traits ; boucliers et casques creux

résonnent en s'entrechoquant ; l'âpre bataille se lève :

ainsi, venant du couchant, au mois des pluvieux Chevreaux,

l'averse frappe la terre ; ainsi les nuages lourds de grêle se ruent

9, 665

in uada praecipitant, cum Iuppiter horridus austris

torquet aquosam hiemem et caelo caua nubila rumpit.

en nappes d'eau lorsque Jupiter, hérissé par les vents du sud,

tourmente l'hiver pluvieux et crève  les nuages creux dans le ciel.

9, 670

Page suivante


Notes (9, 503-671)

Volsques (9, 505). Il a déjà été question en 7, 803, de cette population d'Italie centrale, qui participait à la guerre aux côtés de Turnus. On se souviendra de Camille, la reine des Volsques. En réalité, il est bien possible que le terme Volsque désigne ici l'ensemble des coalisés, comme c'est souvent le cas pour les Rutules (cfr 9, 113n.).

former la tortue (9, 505). Les soldats se protégeaient en élevant leurs boucliers au-dessus de leurs têtes, en forme de toit, à la manière d'une carapace de tortue (cfr 2, 441).

couronne (9, 508). « On appelait ainsi la ligne des défenseurs qui garnissaient les murs, qui muros coronabant » (M. Rat).

aveugle (9, 520). Aveugle parce que la tortue les empêche de voir l'ennemi.

Mézence (9, 522). Sur ce personnage, roi déchu de la cité étrusque de Caeré, cfr 7, 647 et 8, 482s.

Messapus (9, 524). Cfr plus haut 9, 27.

Calliope (9, 526). Cfr 1, 8n. Parmi les Muses, Virgile invoque ici tout particulièrement Calliope. « Les fonctions de cette dernière ont beaucoup varié. Elle est, comme l'indique son nom, la Muse 'à la belle voix'. Elle donne l'inspiration prophétique. Plus tard, quand l'éloquence fut considérée comme le premier des arts, elle devint la Muse de l'éloquence. Ses attributs sont les tablettes et le style. [...] Après Virgile, on a fait de Calliope la Muse de l'épopée » (M. Rat).

Orcus (9, 528). « Orcus est le nom d'une divinité infernale et, par extension, des Enfers, puis de la mort chez les anciens Romains » (M. Rat). 2, 398 ; 4, 243 ; 6, 273 ; 8, 296-299 ; 9, 785.

vous gardez ces souvenirs (9, 529). Vers répété de 7, 645, et considéré par plusieurs éditeurs comme une interpolation.

passerelles (9, 530). Le latin utilise le terme pontes ; il peut s'agir soit des paliers de la tour (des « étages » en quelque sorte), soit des ponts-levis (des « passerelles ») qui permettaient la communication entre la tour mobile et les ouvrages fixes. Dans les sièges, des machines mobiles de ce type pouvaient être utilisées aussi bien pour l'attaque (par exemple César, Guerre civile, 2, 30-31 ; Tite-Live, 21, 11, 7) que pour la défense (par exemple César, Guerre d'Alexandrie, 2, 5 ; Vitruve, 10, 13-16). Il sera question d'une autre tour mobile, incendiée elle aussi, en 12, 672-675, passage dans lequel le mot pontes sera également utilisé.

Hélénor (9, 544). Nom de fantaisie, qui fait songer à la fois à Hélénus (3, 356ss) et à Elpénor, un des compagnons d'Ulysse (Odyssée,10, 552 ; 11, 51 par exemple).

Lycus (9, 544). Autre nom de fantaisie, qui fait cette fois songer à la Lycie.

Licymnia (9, 546). Un nom grec relativement répandu, mais on ne voit pas à quoi Virgile fait allusion ici. L'histoire qu'il raconte fait en tout cas intervenir le fils qu'un roi avait eu (en secret ?) avec une esclave, et qui était venu combattre à Troie sans en avoir le droit (cfr 9, 547n).

le roi de Méonie (9, 546). La Méonie est une région de la Lydie. On a vu en 8, 499 la Méonie utilisée pour la Lydie.

sans qu'il ait le droit (9, 547). Probablement parce que c'était un esclave. Les lois romaines interdisaient en effet aux esclaves de porter les armes.

blanc (9, 548). Blanc, c'est-à-dire sans inscription ni emblème (d'où inglorius).

comme une bête fauve (9, 551). Comparaison homérique (Iliade, 12, 41).

on dirait l'oiseau (9, 563). L'oiseau qui porte les armes de Jupiter, c'est-à-dire le foudre (cfr 5, 255), est l'aigle. Horace, Odes, 4, 4, 1, l'appellera ministrum fulminis alitem.

loup de Mars (9, 565). Le loup était l'animal consacré à Mars.

Lucétius (9, 570). Virgile donne à ce guerrier le nom d'une épiclèse de Jupiter. Iuppiter Lucetius est le « Jupiter lié à la lumière (lux) du jour ».

Liger etc... (9, 571). Il n'est pas question de commenter la série de noms qui figurent dans les vers 571 à 576, et qui sont des créations virgiliennes, beaucoup étant empruntés au grec (comme Itys ou Dioxippe ou Clonius), d'autres évoquant des réalités géographiques (comme Ortygius ou Sagaris ou Privernus). Certains n'apparaissent d'ailleurs que dans ce passage. Corynée en tout cas est cité en 6, 228 et en 12, 298.

Asilas (9, 571). Il n'est pas rare que Virgile utilise le même nom pour désigner des personnages différents. Ainsi l'Asilas, cité ici et qui est un Rutule, ne doit pas pas être confondu avec Asilas l'Étrusque (10, 175-177) ou avec Asilas le Troyen (11, 620).

Capys (9, 576). Il a déjà été question de ce héros troyen en 1, 183 et en 2, 35. Il en sera encore question en 10, 145. Capys passait pour le fondateur de la ville campanienne de Capoue.

fils d'Arcens (9, 581). Le fils d'Arcens n'est pas désigné par son nom, mais par celui de son père, système de dénomination parfois utilisé par Virgile. La traduction française des vers 583-585 est empruntée à A. Meurant, Paliques, 1998, p. 41.

Symèthe (9, 584). Le Symèthe (aujourd'hui Simeto) est un fleuve de la Sicile orientale, qui se jette dans la mer au sud de Catane. Pour expliquer la présence de ce fils d'Arcens parmi les compagnons d'Énée, J. Perret (Virgile. Énéide, III, 1980, p. 27, n. 1) pense qu'il a pu se joindre « aux Troyens lors des Jeux funèbres qui avaient attiré des spectateurs de toute la Sicile (5, 106) ».

Palicus (9, 585). Les Paliques étaient de très anciens dieux honorés en Sicile, dans les environs de l'Etna et présentés parfois comme fils de Zeus. Ce sont, semble-t-il, des jumeaux, mais Virgile n'en mentionne qu'un seul. D'après la tradition, leur culte aurait comporté au départ des sacrifices humains, avant que le rite ne s'adoucisse (d'où l'expression de « secourable », en latin placabilis ara. Ces dieux jumeaux apparaissaient liés à des phénomènes naturels, en l'occurrence deux cratères d'eau bouillonnante, à forte odeur de soufre. Il n'en reste plus qu'un seul visible aujourd'hui. Sur tout ceci, voir le récent ouvrage de A. Meurant, Les Paliques, dieux jumeaux siciliens, Louvain-la-Neuve, 1998, 123 p. (Bibliothèque des Cahiers de l'Institut de Linguistique de Louvain, 96).

plomb fondu (9, 588). Ou en fusion. Les Anciens croyaient que les balles de plomb s'amollissaient en traversant l'air (cfr Lucrèce, 6, 177 ; Sénèque, Questions Naturelles, 2, 57). C'est évidemment une erreur.

Numanus (9, 592). Le nom semble forgé sur celui de Numa, le second roi de Rome, ou sur celui de Numana, une ville du Picénum. En ce qui concerne la formation de son surnom (Rémulus), on verra plus haut 9, 360n. Un troisième Rémulus figure dans l'Énéide, en 11, 636. Pour en revenir au surnom lui-même, Varron notait que les Italiens ne portaient pas de surnoms. En fait, il n'est pas rare que Virgile attribue aux Italiens un usage proprement romain.

soeur cadette de Turnus (9, 593). La suite de l'Énéide fera intervenir la soeur aînée de Turnus, Juturne, une déesse des eaux (12, 138).

deux fois captifs et à nouveau assiégés (9, 598-599). Dans sa jactance, Numanus Rémulus anticipe probablement la prise du camp troyen par les troupes de Turnus. À moins qu'il n'évoque, outre la prise de Troie par les Grecs, celle d'Hercule qui s'est emparé de la ville sous le roi Laomédon (cfr 8, 157-159).

nos femmes en mariage (9, 600). Allusion à Lavinia qui aurait dû épouser Énée.

safran (9, 614). Le safran, provenant d'une plante, était utilisé pour teindre en jaune les vêtements, un luxe perçu ici comme aux antipodes des coutumes en vigueur en Italie. Ce sont là des moeurs d'efféminés (cfr les moqueries de Cicéron, De haruspicum responsis, 21, à l'égard de Clodius qui portait des vêtements teints de safran).

pourpre (9, 614). La pourpre, issue d'un coquillage, servait à teindre les vêtements en rouge. Numanus, en cela encore, voit une coutume orientale, d'efféminés décadents.

danses (9, 615). La danse était méprisée par les vieux Romains conservateurs. On verra, dans le Pro Murena, 13, le jugement porté par Caton sur la danse.

manches (9, 616). Les tuniques normales, tant en Grèce qu'à Rome, étaient à manches courtes.

mitre (9, 616). La mitre était une espèce particulière de coiffure que portaient les habitants de la Perse, de l'Asie Mineure, ainsi que les femmes de Grèce. Elle enveloppait toute la tête, du front à la nuque, et couvrait les joues et le menton sous lequel elle passait. Chez les Romains, l'emploi de la mitra passait pour une marque de moeurs efféminées (Cicéron, De haruspicum responsis, 21) (d'après A. Rich). Cfr aussi 4, 216.

des rubans (9, 616). On appelait en latin redimiculum un long cordon ou ruban attaché à la mitra, ou à toute autre coiffure du même genre, afin de l'attacher sous le menton ; quand il n'était pas noué, il pendait sur les épaules et la poitrine (d'après A. Rich).

Dindyme (9, 618). Le Dindyme était une montagne de Phrygie, avec un temple célèbre en l'honneur de Cybèle, dont une des épiclèses précisément était Dindymena. Sur l'adjectif « bérécyntien » et l'expression de « Mère de l'Ida », voir en 9, 82n.

double flûte (9, 618). La flûte et le tambourin étaient les instruments utilisés lors des fêtes de Cybèle. Il s'agissait de la flûte « phrygienne » (tibia curua), dont le tube était fait de buis et dont l'extrémité opposée à l'embouchure se terminait par un bout recourbé, en forme de corne, d'où l'adjectif curua qui la caractérise. Elle avait souvent aussi deux branches qui se séparaient à la moitié environ de la longueur totale de l'instrument, ce qui explique que le son qu'elle produit soit caractérisé par l'épithète biforis (d'après A. Rich).

tambourins (9, 619). Le tambourin (en latin tympanum) était un instrument formé d'un cerceau de bois, fermé d'un côté par une peau tendue et garni de petites sonnettes ou grelots. On en jouait en le frappant avec la main, ou en faisant courir l'index tout autour du bord, parfois aussi en se servant d'une baguette (d'après A. Rich).

cornes dorées (9, 627). Le rituel du sacrifice romain répondait à des normes très précises. Ainsi la victime animale était ornée de rameaux, sa tête décorée de bandelettes blanches ou écarlates. Souvent, s'il s'agissait de bovins, les cornes étaient dorées ; bovins et porcins portaient sur le dos une sorte de housse-couverture, mais non les ovins, présentés avec leur toison épaisse qui ne devait pas avoir été tondue.

éclatant de blancheur (9, 628). On n'offrait pas n'importe quel animal à n'importe quelle divinité. Habituellement, un dieu exigeait une victime mâle, et une déesse une victime femelle. En vertu du même principe d'analogie, une divinité céleste requérait un animal à pelage clair, une divinité souterraine un animal à pelage sombre. Mais ces règles souffraient des exceptions. Quoi qu'il en soit, un taureau blanc était une offrande de choix à Jupiter. La suite immédiate du texte (9, 629) implique qu'il s'agissait d'un animal déjà grand, puissant et courageux. Ce vers 9, 629, est repris textuellement de Bucoliques, 2, 1, 87.

coin serein du ciel, à gauche (9, 630). Un coup de tonnerre éclatant dans un ciel serein est un présage favorable ; par ailleurs le côté gauche est, lui aussi, le côté favorable.

Apollon chevelu (9, 638). Apollon est souvent représenté avec de longs cheveux. Le dieu, dont Auguste avait fait une véritable divinité dynastique, va se manifester ici comme le protecteur de la gens Iulia, en la personne d'Iule, le lointain ancêtre de la famille.

la ville (9, 639). En fait, on l'a dit plusieurs fois déjà, il ne s'agit pas d'une véritable ville, mais d'un simple camp.

tu es né de dieux et tu engendreras des dieux (9, 642). Iule est le petit-fils de Vénus par son père Énée. Si l'on veut remonter plus haut, par son ancêtre lointain Dardanus, il descend même de Jupiter. Certains de ses descendants deviendront également des dieux : ainsi Romulus, ainsi César, en attendant qu'Auguste soit lui aussi élevé au ciel.

Troie ne te suffit plus (9, 644). Allusion au mot célèbre de Philippe II de Macédoine à son fils Alexandre : « Enfant, cherche-toi un royaume qui t'égale ; la Macédoine ne te suffit plus » (Plutarque, Alexandre, 6). C'est la domination sur l'univers entier qui est le destin des descendants romains de Iule.

Boutès (9, 647). Un autre Butès est mentionné en 5, 372, un autre encore en 11, 690-691. C'est un adjectif grec signifiant « lié aux boeufs ».

pour avoir utilisé (9, 655). La précision est importante. Le dieu, qui a comme attribut principal l'arc et les flèches, aurait pu s'offusquer de la réussite d'Ascagne manipulant « des armes égales aux siennes ». On songera, en 6, 162-174, au dieu Triton jaloux de Misène qui avait osé jouer de la conque marine, un instrument qui lui était réservé. Triton avait fait périr Misène.

les lanières tournoient (9, 665). Au bois d'une lance ou d'un javelot, vers le centre de gravité, on attachait une courroie (amentum en latin), avec une boucle où l'on passait les doigts. On faisait ainsi tournoyer l'arme par un mouvement rapide avant de le lancer; cela lui donnait une plus grande force et une portée plus longue. Selon Pline, Histoire Naturelle, 7, 17, 9, le javelot à lanière aurait été inventé par Étolus, fils de Mars (d'après A. Rich et M. Rat).

pluvieux Chevreaux (9, 668). Lorsque les Chevreaux, deux étoiles de la Constellation du Cocher, se levaient à l'époque de l'équinoxe d'automne, régnaient généralement pluies et tempêtes. Pline, Histoire Naturelle, 18, 69, 1, notait que les Chevreaux, avec l'Arcture et Orion, sont l'une des constellations qui amènent les orages, la grêle et les tempêtes. Cfr aussi Virgile, Géorgiques, 1, 204-205.


Énéide - Chant IX (Plan) - Page précédente - Page suivante

 Bibliotheca Classica Selecta -UCL (FLTR)