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Métamorphoses d'Ovide : Avant-Propos - Notices - Hypertexte louvaniste - Iconographie ovidienne - Page précédente - Page suivante


 

OVIDE - MÉTAMORPHOSES

Livre XIV

 

Traduction nouvelle annotée

par

Anne-Marie Boxus et Jacques Poucet (2009)

 

Chez Circé (Virgil Solis, 1581)
Ovid, Met. XIV, 276

Source


Plan

Énéide ovidienne (III) : De Sicile en Campanie (14, 1-153)

Récits d'Achéménide et de Macarée (14, 154-440)

Énée au Latium (14, 441-621)

 Légendes proprement romaines (14, 622-851)


Résumé

Énéide ovidienne (III) : De Sicile en Campanie (14, 1-153)

Circé et Glaucus - Métamorphose de Scylla (14, 1-74)

Quittant la Sicile où il vient de se heurter à l'indifférence de Scylla, le dieu-marin Glaucus se rend sur la côte Tyrrhénienne, chez  la magicienne Circé et, lui faisant part de sa passion malheureuse, lui demande de recourir à la magie pour amener Scylla à partager son amour. Circé, qui s'est immédiatement éprise de Glaucus, lui conseille d'oublier Scylla et de se tourner vers elle, mais ses avances à elle aussi sont vaines. (14, 1-39)

Pleine de colère à l'égard de sa rivale, Circé se dirige vers le détroit de Messine et, usant d'herbes et d'incantations, elle contamine l'endroit de repos de la nymphe Scylla. L'effet ne se fait pas attendre : Scylla, au contact des eaux empoisonnées voit une ceinture de chiens hurlants entourer le bas de son ventre et devient un monstre enragé, dont le premier méfait est de provoquer la perte des compagnons d'Ulysse. Bientôt, la nymphe est transformée en un écueil, redouté des marins. (14, 40-74)

Arrivée mouvementée d'Énée en Campanie (14, 75-100)

Avant d'aborder en Italie, Énée, qui avait échappé à Charybde et à Scylla, fut repoussé par la tempête vers la Libye. Ovide évoque très rapidement divers épisodes du périple d'Énée, d'après Virgile (Carthage, Aceste et l'hommage à Anchise, incendie des vaisseaux, les îles d'Éole et des Sirènes, etc. ), avant de terminer son énumération par la mention de l'île de Pithécuses, et la description de la métamorphose de ses habitants en singes. (14, 75-100)

Énée et la Sibylle de Cumes (14, 101-153)

De l'île des Singes, Énée se rend à Cumes, où sa réputation d'homme valeureux lui vaut la faveur de la Sibylle à qui il a demandé de pouvoir visiter dans l'Averne les mânes de son père. La Sibylle lui fait couper un rameau d'or, lui permettant l'accès au royaume des morts et la possibilité d'apprendre de la bouche d'Anchise les lois de l'au-delà et d'autres révélations sur les dangers qui l'attendent encore sur terre. Après quoi, il quitte le monde souterrain en compagnie de la prêtresse. (14, 101-121)

Chemin faisant, il promet à la Sibylle de lui élever un temple pour lui montrer sa reconnaissance. Précisant qu'elle n'est pas une divinité, la Sibylle lui raconte son histoire : elle inspira un jour une vive passion à Apollon qui, pour la séduire, lui proposa d'accomplir le voeu qu'elle choisirait ; elle souhaita vivre autant d'années qu'il y avait de grains de poussière dans une poignée de sable, sans spécifier qu'il s'agissait d'années de jeunesse. Le dieu, qui n'était pas arrivé à la séduire, tint pourtant sa promesse. C'est ainsi que la Sibylle, âgée de sept siècles déjà, toujours solitaire et vierge, doit encore vivre trois cents années avant de n'être plus qu'une voix. (14, 122-153)
 

Récits d'Achéménide et de Macarée (14, 154-440)

Achéménide, sauvé par Énée, raconte sa propre aventure chez le Cyclope (14, 154-222)

Quand Énée accoste à Gaète, il a à son bord un ancien compagnon d'Ulysse, Achéménide, qu'il a recueilli en Sicile. Sur la côte campanienne, les Troyens rencontrent un autre compagnon d'Ulysse, Macarée, très étonné de voir un Grec sur un bateau troyen. Alors Achéménide fait un éloge ému de son sauveur Énée, avant de raconter sa douloureuse aventure sicilienne. (14, 154-176)

Ulysse et ses compagnons, pressés de fuir le Cyclope, avaient repris la mer en oubliant Achéménide, qui s'était retrouvé seul sur les pentes de l'Etna, vivant dans la terreur d'être à son tour victime de Polyphème, devenu fou furieux suite à la mutilation de son oeil par Ulysse. Complètement désespéré, Achéménide avait aperçu au loin le navire d'Énée et des Troyens, et avait réussi à attirer leur attention. Les Troyens le prirent en pitié et le recueillirent sur leur navire. À la fin de ce récit très haut en couleurs, Macarée est prié à son tour de raconter son histoire. (14, 177-222)

Récits de Macarée relatifs à Ulysse : chez Éole et les Lestrygons  –  Circé et une double métamorphose (14, 223-307)

Macarée évoque brièvement la visite d'Ulysse au royaume d'Éole et la mésaventure de sa flotte, causée par la cupidité des équipages ; puis il rappelle la destruction de leur flotte par les Lestrygons, à l'exception du navire d'Ulysse, sur lequel il se trouvait lui aussi. Les rescapés arrivent chez Circé, un endroit qu'ils aperçoivent depuis Gaète et que Macarée qualifie d'infréquentable. (14, 223-247)

Les Grecs, rechignant à se rendre chez Circé suite à leurs récentes mésaventures, on recourt au tirage au sort, qui désigne pour cette mission une bonne vingtaine d'hommes, dont Macarée. Au seuil de la demeure, des fauves plus caressants que redoutables accueillent les arrivants, et des servantes les conduisent auprès de Circé. La magicienne, somptueusement vêtue, trône dans une pièce luxueuse, entourée de Nymphes et de Néréides qui sous sa surveillance sont occupées à trier des plantes. (14, 248-270)

La déesse reçoit les Grecs avec bienveillance et leur offre une boisson de sa fabrication. Sans méfiance, ils l'avalent avidement, tandis qu'elle effleure leurs têtes de sa baguette magique. Aussitôt, ils sont métamorphosés en pourceaux et enfermés dans une étable. Seul l'un d'eux, Euryloque, qui s'est abstenu de boire, échappe à ce triste sort et peut ainsi aller prévenir Ulysse, qui décide de venger ses compagnons. (14, 271-290)

Muni d'une herbe magique et des recommandations de Mercure, le héros d'Ithaque entre chez Circé, bien résolu à se défendre : il refuse la potion qu'elle lui offre, l'effraie en la repoussant avec son épée, et finit par la séduire et obtenir qu'elle rende à ses compagnons leur forme humaine. Cette seconde métamorphose vaut à Ulysse la reconnaissance éperdue de ses hommes. (14, 291-307)

Récits de Macarée relatifs au Latium : métamorphoses de Picus, de ses compagnons et de Canens (14, 308-440)

Durant leur séjour d'un an chez Circé, Macarée a eu l'occasion d'apprendre bien des choses étonnantes. Une servante de Circé propose de lui raconter l'histoire du jeune homme, dont la statue, le représentant avec un pivert et des couronnes, a éveillé sa curiosité. (14, 308-319)

Ce marbre représente Picus, fils de Saturne et roi d'Ausonie. Très beau, aimé de toutes les nymphes du Latium, le jeune roi épousa Canens, née de Vénilia et de Janus ; très jolie et très bonne musicienne, Canens enchantait la nature par ses chants, et tous deux vivaient un amour parfait et exclusif. Un jour que Picus s'était éloigné de leur demeure pour chasser, Circé le rencontra dans la forêt où elle cueillait des herbes, et elle éprouva pour lui une passion immédiate. Comme il était lancé sur son cheval, elle recourut à la magie pour ménager une rencontre en tête-à-tête : Picus descend de sa monture pour poursuivre un sanglier, qui n'est qu'une figure chimérique suscitée par la magicienne, et se trouve seul face à elle. Comme il refuse de répondre à ses avances en faisant état de son amour pour Canens, Circé le métamorphose en pivert, un oiseau qui manifeste son indignation en frappant les arbres à coups de bec. (14, 320-396)

Les compagnons de chasse de Picus, prêts à attaquer Circé, sont à leur tour métamorphosés en bêtes sauvages diverses. À la tombée de la nuit, des serviteurs partent à la recherche de Picus tandis que Canens, manifestant sa douleur, s'élance elle-même au dehors, frappée de démence. Elle parcourt la région durant six jours et six nuits, et finit par s'arrêter, épuisée, au bord du Tibre. Ses plaintes constituent un mélodieux chant de deuil, et finalement elle se dissout dans l'air, laissant son souvenir lié à ce lieu, auquel les Camènes ont donné son nom. (14, 397-434)

Macarée expliqua encore qu'après une année, Ulysse et ses compagnons reprirent la mer. Circé ayant averti Ulysse des nombreux dangers qu'ils auraient encore à affronter, Macarée avait prit peur et s'était fixé seul sur cette côte, où Énée l'avait trouvé. (14, 435-440)
 

Énée au Latium (14, 441-621)

La guerre en Italie – Diomède refuse d'aider Énée : métamorphose de ses compagnons (14, 441-511)

Après avoir honoré d'un tombeau les cendres de sa nourrice à Gaète, Énée reprend la mer et est accueilli par le roi Latinus, qui lui transmet son trône et lui donne sa fille en mariage. Cependant, une guerre s'engage entre les Latins unis aux Troyens autour d'Énée, et les Rutules de Turnus, alliés des Tyrrhéniens. À la recherche d'alliances, Énée se rallie l'étrusque Évandre, tandis que Vénulus, envoyé de Turnus, échoue à convaincre le grec Diomède, installé désormais en Italie du sud, de prendre à nouveau les armes contre des Troyens. (14, (14, 441-464)

Diomède raconte à l'envoyé de Turnus les malheurs qu'il a subis lors de son retour de Troie et avant son arrivée en Apulie, où il est accueilli par Daunus le Iapyge, devenu son beau-père : il décrit la tempête et le naufrage, puis l'exil loin de son pays, à cause de la rancune de Vénus. Tous les compagnons de Diomède sont fatigués après tant d'épreuves. Pour vaincre leur découragement, l'un d'eux, Acmon, les pousse à braver Vénus, laquelle redouble de colère suite à cette provocation, et métamorphose en oiseaux (ressemblants à des cygnes) Acmon et beaucoup de ses compagnons, ce qui explique le manque d'hommes à la disposition de Diomède, par ailleurs entièrement dépendant de son beau-père. (14, 14, 465-511).

Diverses métamorphoses : l'olivier sauvage – les vaisseaux d'Énée (14, 512-565)

Sur le chemin du retour après son échec auprès de Diomède, Vénulus, le messager de Turnus, passe près d'une grotte autrefois fréquentée par des Nymphes. Un berger Apulien, grossier et rustaud, s'était moqué d'elles, ce qui lui avait valu d'être métamorphosé en olivier sauvage. (14, 512-526)

L'absence de renforts de la part de Diomède n'empêche pas la guerre de faire rage dans le Latium. Turnus avait commencé à bouter le feu aux navires d'Énée, quand Cybèle, la Mère des dieux, vint en personne sauver les bateaux en les métamorphosant en nymphes marines, occupées dorénavant à jouer dans les flots et se bornant à aider les navires en difficulté, à la condition qu'ils ne soient pas achéens. (14, 527-565)

Mort de Turnus d'Ardée – Énée Indigète – Dynastie albaine (14, 566-621)

La guerre entre les deux camps se termine enfin par la victoire d'Énée et la mort de Turnus dont la capitale, Ardée, est transformée en un immense brasier, d'où s'envole un héron ou ardea. (14, 566-580)

Les dieux, ayant constaté la valeur d'Énée, se réconcilièrent et consentirent à lui accorder, au moment de sa mort, une place en leur sein, faveur obtenue de Jupiter par Vénus. La déesse, avec l'aide du fleuve Numicius, fait en sorte de le faire disparaître après l'avoir débarrassé de ses éléments mortels. Énée sera désormais un dieu vénéré par les Romains sous le titre de « Énée Indigète ». (14, 581-608)

Suit l'énumération de onze rois d'Albe, depuis Ascagne jusqu'à Aventinus. (14, 609-621)
 

 Légendes proprement romaines (14, 622-851)

Vertumnus et Pomone (1) : premières approches (14, 622-697)

Sous le règne de Proca vivait une nymphe appelée Pomone, dont la passion exclusive était l'horticulture et les soins de son jardin ; fuyant toutes les avances masculines, elle interdisait à tous les dieux champêtres l'accès de son domaine, et elle fuyait aussi Vertumnus, le plus épris de ses nombreux prétendants. (14, 622-642)

Doté de l'art de se déguiser, Vertumnus cherchait à contempler de près sa bien-aimée, en se présentant sous une infinité d'aspects. Un jour, s'étant déguisé en vieille femme, il put s'introduire dans le jardin, s'approcher de Pomone, et gagner sa confiance. La vieille reprocha à la nymphe de fuir toute union amoureuse, et lui conseilla de choisir Vertumnus parmi tous ses prétendants, en lui vantant toutes ses qualités (constance, sérieux, beauté, fidélité, goût pour les jardins, etc...). Ainsi il plaidait habilement sa propre cause sous une fausse apparence et tentait de convaincre Pomone en proposant de lui raconter une histoire, qui devrait la mettre en garde contre le risque de mécontenter des divinités comme Aphrodite et Némésis. (14, 643-697)

Vertumus et Pomone (2) : histoire d'Iphis et d'Anaxarété et conquête de Pomone (14, 698-771)

Iphis, d'origine modeste, est violemment épris de la jeune Anaxarété, de naissance noble. Il fait tout pour l'approcher mais elle dédaigne et repousse cruellement ses avances. Ne pouvant supporter son dédain, il lui annonce qu'il va se suicider sous ses yeux, pour accomplir au moins un acte qu'elle pourra apprécier. En outre il attend aussi de son geste spectaculaire une célébrité posthume. (14, 698-732)

Il se pend alors à la porte de la jeune fille. Le cadavre d'Iphis est ramené à sa mère éplorée, et quand le convoi funèbre passe devant la demeure d'Anaxarété, la jeune fille qui le regarde du haut de sa maison est soudain pétrifiée, à l'image de son coeur de pierre. (14, 733-758)

Par ce conte, Vertumnus toujours déguisé en vieille femme, a tenté de pousser Pomone à changer d'avis, mais sans succès. Toutefois, quand il reprend sa forme première, il n'a nul besoin de recourir à la violence, car Pomone séduite lui tombe dans les bras. (14, 759-771)

Fondation de Rome et guerre romano-sabine – Métamorphose d'une source (14, 772-804)

Au temps d'Amulius et de Numitor à Albe, Romulus fonda les murs de la ville de Rome, qui subit bientôt les assauts des Sabins de Titus Tatius. Ceux-ci faillirent conquérir la citadelle romaine suite à la trahison de Tarpéia et à l'intervention de Junon. Pour secourir les Romains, Vénus obtient le concours des Naïades d'une source proche du temple de Janus. Les Nymphes commencent par faire couler abondamment leur source, qui se répand en différents bras qui se transforment ensuite en coulées de feu. Ainsi Rome fut sauvée de l'invasion sabine par la métamorphose des eaux d'une source en coulées de feu. (14, 772-795)

Enfin, après leur échec, les Sabins sont affrontés à Romulus dans une guerre très éprouvante qui aboutit à un accord de paix instaurant un partage de la royauté entre Romulus et Tatius. (796-804)

Métamorphoses de Romulus en Quirinus et de Hersilie en Hora (14, 805-851)

Tatius mort, Romulus régnait sur les Romains et les Sabins quand Mars rappela à Jupiter sa promesse de porter Romulus au rang des dieux. Avec l'accord de Jupiter, Mars vint enlever pour l'emmener au ciel le roi de Rome, au moment où il rendait la justice sur le Palatin. Et au corps du roi disparu, on substitua une statue digne d'un dieu, en l'occurrence celle de Quirinus revêtu de la trabée. (14, 805-828)

Hersilie, l'épouse éplorée de Romulus, reçoit par l'intermédiaire d'Iris un message de Junon, lui disant de cesser de pleurer et de se rendre dans le temple de Quirinus, où elle demande à Iris la faveur d'apercevoir son époux. Parvenue sur le Palatin, elle est emportée dans les airs par un astre éclatant tombé du ciel. Cet astre n'est autre que Romulus-Quirinus, qui a changé Hersilie en déesse, désormais nommée Hora. (14, 829-851)


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