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Suétone (généralités)

Vie de César (généralités) - (latin 85 K) - (traduction 200 K)


  Suétone, Jules César, 86

 LXXXVI. Son mépris de la vie. Sa sécurité

(1) Certains de ses parents eurent l'impression que César ne voulait pas vivre davantage, ni se soucier d'une santé qui se déteriorait; c'est pourquoi il aurait négligé les avertissements de la religion et les conseils de ses amis.

(2) Il en est aussi qui pensent que, rassuré par le dernier sénatus-consulte et par le serment prêté à sa personne, il avait renvoyé une garde espagnole qui le suivait partout, le glaive à la main.

(3) D'autres, au contraire, lui prêtent cette pensée, qu'il aimait mieux succomber une fois aux complots de ses ennemis, que de les craindre toujours. Selon d'autres encore, il avait coutume de dire "que la république était plus intéressée que lui-même à son salut; qu'il avait acquis, depuis longtemps, assez de gloire et de puissance; mais que la république, s'il venait à périr, ne jouirait d'aucun repos, et irait s'abîmer dans les effroyables maux des guerres civiles."

(1) Suspicionem Caesar quibusdam suorum reliquit neque uoluisse se diutius uiuere neque curasse quod ualitudine minus prospera uteretur, ideoque et quae religiones monerent et quae renuntiarent amici neglexisse.

(2) Sunt qui putent, confisum eum nouissimo illo senatus consulto ac iure iurando etiam custodias Hispanorum cum gladiis + adinspectantium + se remouisse.

(3) Alii e diuerso opinantur insidias undique imminentis subire semel quam cauere semper sollicitum maluisse. Quidam dicere etiam solitum ferunt: non tam sua quam rei publicae interesse, uti saluus esset: se iam pridem potentiae gloriaeque abunde adeptum; rem publicam, si quid sibi eueniret, neque quietam fore et aliquanto deteriore condicione ciuilia bella subituram.


Commentaire

Vivre davantage : si l'on en croit ce que dit Cicéron dans un discours datant de 46 (pro Marcello, § 25), César répétait depuis un certain temps qu'il avait assez vécu.

Garde espagnole : on se souviendra que César avait été questeur (ch. 7, 1), puis propréteur (ch. 18, 1) en Espagne ultérieure.


[17 mai 2006]