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Métamorphoses d'Ovide : Avant-Propos - Notices - Hypertexte louvaniste - Iconographie ovidienne - Page suivante

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Deucalion et Pyrrha
Oraza Fontana ou son atelier, 1565-71
Los Angeles, J. Paul Getty Museum
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OVIDE - MÉTAMORPHOSES

 

Livre I

  

Traduction nouvelle annotée

par

Anne-Marie Boxus et Jacques Poucet (2005)

 


Plan

Premières métamorphoses dans l'univers (1, 1-252)
  • Introduction (1, 1-4)
  • Le Chaos se métamorphose : l'univers et les vivants (1, 5-88)
  • Les quatre métamorphoses du monde, ou le mythe des races (1, 89-150)
  • Jupiter châtie le genre humain : Géants anéantis - Lycaon métamorphosé (1, 151- 252)

L'humanité renouvelée (1, 253-415)

  • Le déluge (1, 253-312)
  • Deucalion et Pyrrha : Métamorphose de pierres en humains (1, 313-415)

Autour d'Apollon (1, 416-567)

  • Apparition de créatures, dont Python terrassé par Apollon (1, 416-451) 
  • Apollon et Daphné, métamorphosée en laurier (1, 452-567) 

 Légende d'Io - Entrée en scène de Phaéton (1, 568-779)

  • Io métamorphosée en génisse (1, 568-624)
  • Argus tué par Mercure, grâce au récit de la métamorphose de Syrinx (1, 625-724)
  • Io-Isis, Épaphus et Phaéton (1, 724-779)

Résumé

Premières métamorphoses dans l'univers (1, 1-252)

Introduction (1, 1-4)

Annonce du sujet et invocation aux dieux.

Le Chaos se métamorphose : l'univers et les vivants (1, 5-88)

Le Chaos contenait en puissance des éléments primitifs (terre, eau, air, feu) joints en une masse informe et opposés entre eux. (5-21)

Un dieu sépara et organisa ces éléments qui, en fonction de leur densité, occupèrent une place déterminée et constituèrent ainsi le ciel, l'air, la terre et les eaux. Cette divinité anonyme donna à la terre sa forme de globe, avec ses eaux, ses reliefs et ses cinq zones climatiques. Surplombant la terre et les eaux, l'air fut le siège du tonnerre, de la foudre, des nuages et des vents. Enfin, tout au-dessus s'étendit l'éther, où brillèrent les astres. (1, 22-71)

Des êtres vivants occupèrent ces différentes régions : l'éther devint la demeure des dieux et des astres, l'air celle des oiseaux, les eaux celle des poissons et la terre celle des animaux sauvages. Bientôt apparut l'être humain, supérieur aux animaux et destiné à les dominer, né d'un germe du ciel ou né de la terre, façonné à l'image des dieux par Prométhée, et doté d'un visage tourné vers le ciel. (1, 72-88)

Les quatre métamorphoses du monde, ou le mythe des races (1, 89-150)

L'univers ainsi constitué et dominé par le genre humain se dégrada progressivement au cours de quatre mutations, désignées par les expressions les « quatre âges du monde » ou le « mythe des races ». La première de ces périodes, l'âge d'or, assimilée à Rome au règne de Saturne, se caractérisait par le respect du droit et de la vertu, par la paix, la concorde, l'absence de lois, de crainte et de guerres ; on se contentait de ce que la nature produisait spontanément et généreusement. (1, 89-112)

Une seconde période, moins heureuse, appelée « âge d'argent », suivit, correspondant à l'avènement de Jupiter, qui transforma le printemps éternel en quatre saisons, ce qui obligea les humains à s'abriter contre les rigueurs du climat et à développer l'agriculture. (1, 113-124)

Le troisième âge, l'âge du bronze, qui connut une race d'hommes plus prompts à la guerre, fut suivi par l'âge du fer, un âge maudit, où tout sens moral se perdit au profit de la violence, de l'audace et surtout de la soif de posséder. C'est ainsi que les dieux, et singulièrement la déesse de la justice, dégoûtés, quittèrent la terre. (1, 125-150)

Jupiter châtie le genre humain : Géants anéantis - Lycaon métamorphosé (1, 151- 252)

Durant cette période dégradée de l'âge de fer, l'Olympe fut en proie à la révolte des Géants qui voulaient s'emparer du pouvoir. Jupiter les foudroya, les précipita sur terre et les écrasa sous les montagnes qu'ils avaient entassées. La Terre, tout imprégnée du sang des Géants, métamorphosa ce sang en êtres nouveaux, à face humaine, tout aussi violents et impies que les humains de l'âge de fer. (1, 151-162)

Indigné, Jupiter, qui se souvenait par ailleurs du crime audacieux de l'Arcadien Lycaon, convoque les dieux dans son palais céleste et leur fait part de son intention d'exterminer le genre humain trop menaçant pour lui, et de sa volonté de réserver la terre aux demi-dieux, aux nymphes, faunes, etc... La décision de Jupiter est aussitôt approuvée par tous les dieux présents, ce qui devrait rappeler à Auguste la piété manifestée par ses concitoyens lors du meurtre de César. (1, 163-206)

Jupiter justifie cette décision en évoquant le crime du tyran arcadien Lycaon, qui s'était montré impie (il voulait tuer Jupiter pendant son sommeil) et cruel (il avait servi en guise de repas les membres d'un otage qu'il avait fait exécuter). Jupiter le métamorphosa en loup, après avoir foudroyé sa demeure. Le dieu ajoute que Lycaon n'est qu'un exemple d'impiété parmi beaucoup d'autres : c'est le genre humain tout entier qui doit disparaître. (1, 207-243)

En vrais courtisans, les dieux approuvent, tout en s'inquiétant de l'avenir, au cas où la terre serait privée des humains ; Jupiter les rassure et promet alors de faire naître une race nouvelle d'origine merveilleuse. (1, 244-252)

 

L'humanité renouvelée (1, 253-415)

Le déluge (1, 253-312)

Jupiter choisit l'eau plutôt que le feu pour anéantir le genre humain. Il met en branle vents, pluies et eaux des fleuves et des mers, qui provoquent un déluge. Suit une description très imagée et plutôt exagérée des effets de ce cataclysme dévastateur pour la nature, les animaux et les hommes. Ceux qui échappent à la noyade meurent de faim. (1, 253-312)

Deucalion et Pyrrha : Métamorphose de pierres en humains (1, 313-415)

Ovide ramène alors son lecteur en Béotie, où ont échoué sur les cimes du mont Parnasse les seuls humains survivants, Deucalion et Pyrrha. Jupiter, les voyant pieux et justes, décide de mettre fin au déluge. Le retour à la normale est décrit avec autant d'imagination que la catastrophe. (1, 313-347)

Désespéré par la solitude, Deucalion prend conscience du rôle que les dieux ont fixé à leur couple pour effectuer le renouvellement de l'humanité. Pieusement, les deux rescapés apprennent de l'oracle de la déesse Thémis qu'ils doivent jeter derrière eux les os de la grande mère. D'abord hésitants, ils déduisent, après réflexion, que la grande mère est la terre et que ses ossements sont en fait des pierres. (1, 348-394)

Suit la description de la métamorphose en hommes et en femmes des pierres lancées respectivement par Deucalion et Pyrrha. (1, 395-415)

 

Autour d'Apollon (1, 416-567)

Apparition de créatures, dont Python terrassé par Apollon (1, 416-451) 

Après le déluge, apparurent ou réapparurent divers animaux, nés spontanément de la terre et de la combinaison de l'humide et du chaud, êtres plus ou moins aboutis d'ailleurs. (1, 416-437)

Au nombre de ces « monstres » figure le serpent Python, qu'Apollon tua de ses flèches, instituant les Jeux Pythiques pour perpétuer le souvenir de son exploit. (1, 438-451)

Apollon et Daphné, métamorphosée en laurier (1, 452-567) 

Apollon dénie à Cupidon le droit de se servir d'armes qui lui sont plus appropriées, à lui, vainqueur du serpent Python ; Cupidon réplique en décochant deux flèches, l'une à Apollon, aussitôt saisi d'un amour irrésistible pour la nymphe Daphné (Daphné est la première passion du dieu !); la seconde flèche, celle qui fait fuir l'amour, atteint Daphné, laquelle désormais vit dans les bois, telle Diane, souhaitant sauvegarder sa virginité, en dépit des souhaits de son père Pénée. (1, 452-489)

Le dieu éperdument épris poursuit la nymphe qui toujours le fuit. Il se montre tour à tour pressant, prévenant, enjoué, suppliant, lui révélant son identité et l'étendue de ses pouvoirs, mais en vain. La nymphe fuit de plus belle, attisant le désir du dieu de plus en plus déterminé à la saisir. (1, 490-542)

Daphné, à bout de souffle, presque rejointe, supplie le dieu du fleuve Pénée, son père, de lui enlever sa beauté, cause de son malheur, et aussitôt elle est métamorphosée en laurier. Apollon étreint amoureusement l'arbuste et décide qu'il sera désormais son arbre. Ovide énumère les diverses fonctions symboliques dévolues à Rome au laurier, lié au culte d'Apollon. (1, 543-567)

 

Légende d'Io - Entrée en scène de Phaéton (1, 568-779)

Io métamorphosée en génisse (1, 568-624)

L'évocation de la vallée de Tempé, où réside le dieu fleuve Pénée, père de Daphné, introduit la métamorphose suivante, celle d'Io, fille du fleuve Inachus qui, comme Pénée, pleure sa fille disparue. (1, 568-587)

Jupiter aperçoit Io, décide de la posséder malgré elle, l'empêche de fuir en couvrant la terre de ténèbres, et lui ravit son honneur. Junon soupçonnant que cette obscurité soudaine couvre une infidélité de son mari, descend sur terre, mais Jupiter, pour soustraire Io à la fureur de son épouse, la transforme en une génisse d'une beauté éclatante. Junon, jalouse et méfiante, obtient que la génisse lui soit offerte en cadeau et décide de la confier à la garde d'Argus. (1, 588-624) 

Argus tué par Mercure, grâce au récit de la métamorphose de Syrinx (1, 625-724)

Réduite à courir les pâturages et à ne plus émettre que des mugissements, la génisse Io, impitoyablement surveillée par Argus aux cent yeux, arrive au bord de l'Inachus et parvient, en traçant des signes sur le sol à l'aide de son sabot, à se faire reconnaître. Argus revient arracher Io à son père consterné, et l'emmène en un lieu où il pourra mieux la surveiller. (1, 625-667)

Jupiter apitoyé par le sort de Io dépêche Mercure sur terre, avec mission de supprimer Argus. Se faisant passer pour un berger jouant sur une flûte de roseaux, Mercure s'approche d'Argus qui, séduit par ses récits et ses chants, cherche à résister à la torpeur qui le gagne en lui demandant l'origine de ce nouvel instrument. (1, 668-688)

Mercure raconte à Argus l'histoire de Syrinx, naïade adepte de Diane et vouée à la virginité. Pour échapper aux poursuites de Pan, elle obtint d'être métamorphosée par les eaux du Ladon qui lui barrait la route, si bien que Pan ne put saisir que des roseaux. En découvrant que, lorsqu'il soupirait, l'air traversant les roseaux produisait une mélodie agréable, Pan songea à assembler des roseaux avec de la cire pour en faire la flûte de Pan, à qui il donna le nom de syrinx. (1, 689-712)

Mercure, dont les récits avaient triomphé de la vigilance d'Argus, endormit complètement le monstre à l'aide de sa baguette magique, puis le décapita d'un coup d'épée. Junon recueillit alors les yeux éteints d'Argus, pour en parer la queue du paon, son oiseau sacré. (1, 713-724) 

Io-Isis, Épaphus et Phaéton (1, 724-779)

Habitée par l'Érinye suscitée par Junon, Io fuit à travers le monde et, découragée, échoue en Égypte, d'où elle implore Jupiter de mettre fin à ses malheurs. Jupiter ayant juré solennellement à Junon qu'elle n'aurait plus rien à craindre de sa rivale Io, il rend à celle-ci sa forme primitive. Io devient en Égypte la très honorée déesse Isis, tandis que leur fils, connu sous le nom d'Épaphus, est honoré avec sa mère dans des temples. (1, 724-749)

Cet Épaphus un jour met en doute l'affirmation de son compagnon de jeux, Phaéton, qui se prétend fils du Soleil (Apollon). Clymène, la mère de Phaéton, rassure sur sa filiation son fils ulcéré en prenant à témoin le Soleil lui-même. Désirant une preuve certaine de son origine, Phaéton, sur le conseil de sa mère, part s'informer personnellement au pays où se lève le Soleil. (1, 750-779)


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