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MOTEUR DE RECHERCHE DANS LA BCS
Baronius (1538-1607)
Texte:
-- L'abrégé des Annales ecclésiastiques de l'éminentissime Cardinal Baronius. Fait par l'illustrissime & révérendissime Messire Henry de Sponde, évesque de Pamiez. Mis en françois par Pierre Coppin Docteur en théologie ..., 4 t. en 2 vol., Paris, 1655.
Études :
-- ZEN St., Baronio storico. Controriforma e crisi del metodo umanistico, Naples, 1994.
Traces de l'Ascension du ChristAu reste, N.S. laissa à ses Apostres, & à toute la posterité un excellent monument, & une marque de son Ascension au Ciel, Les vestiges sacrez de ses pieds imprimez en terre, au lieu où il s'éleva au Ciel, de dessus la montagne des Olives: & encor que tous les jours les Fidelles en prissent de la terre par devotion; neantmoins tout soudain cette marque de pieds se remettoit en sa premiere forme, & ayant voulu bastir une Eglise en cét endroit, le haut n'a peu jamais estre couvert à cause du passage du Fils de Dieu; mais ce passage de la terre au Ciel a tousjours demeuré ouvert, & l'endroit de la marque des pieds n'a peu estre couvert de pavé, comme le reste de l'Eglise: car tout ce qu'on y vouloit apposer, la terre qui ne veut rien recevoir d'humain, le refusoit, jettant souvent les marbres contre la face des ouvriers, ainsi qu'il est excellemment rapporté par S. Hierosme, Paulinus, Sulpicius Severus, & Bede dit, que ces choses se sont continuées jusques en son temps, sept cens ans après la mort de N.S. & que tous les ans au jour de l'Ascension aprés la Messe, il descend une grande flamme de feu, qui jette par terre tous ceux qui y assistent, & que cette nuict-là on void des lampes ardentes: de sorte que non seulement le Mont en est éclairé, mais il semble qu'il soit tout en feu. Optat Milevitain fait aussi mention de ces vestiges des pieds, desquels il semble que Zacharie a prophetisé, lorsqu'il dit, Ses pieds en ce jour-là seront arrestez sur le Mont des olives, qui est proche de Hierusalem, du costé d'Orient: & c'est à cause de cette situation, que dans le livre des questions attribuées à S. Athanase, il est dit que les Chrestiens ont pris cette coustume de prier le visage tourné vers l'Orient (vol.I, p.71-72).
Au concile de Nicée
Au reste, non seulement les Evesques furent presens à ce Concile, mais aussi plusieurs Philosophes aborderent à Nicee, pour y faire parade de leur bel esprit, comme sur le Theatre de l'Univers, & pour braver les Fidelles trouppes du Dieu vivant; or encore qu'il y eut des nostres, qu'il ne leur en devoient rien pour la subtilité de l'esprit, Dieu toutesfois voulut plustost rabattre l'orgueil de ces mesmes Gentils, par vertu divine que par des vaines paroles: lors qu'un Chrestien Laïque, homme simple pourtant, mais du nombre des Confesseurs, confondit le plus pressant de ces Sophistes: ce qui advint, selon Socrate, le jour qui preceda l'ouverture du Concile. Et Sozomene, Ruffin, Gregoire Prestre de Cesarée, & presque tous les autres Historiens Grecs, & Latins racontent qu'un Evesque du nombre des Confesseurs aussi, mais simple non seulement arresta tout court un autre de ces Sophistes, luy representant la majesté des mysteres des Chrestiens, mais aussi le convertit à la Foy, & Gregoire dit que Menophante, Evesque d'Ephese, personnage fort versé en la philosophie, & infesté de l'Arrianisme, fut si estonné de ce miracle, que quittant Arrius il prit le party des Catholiques. Sozomene rapporte encore un autre miracle presque semblable à celuy-ci, fait par Alexandre, Evesque de Constantinople... quand il ferma la bouche, & rendit muet un Philosophe, qui par ses disputes reprenoit la Religion Chrestienne. Tous les Autheurs sont d'accord, que cet Evesque qui armé seulement d'une simplicité Chrestienne, triompha si glorieusement au Concile de Nicée, du faste de la Philosophie Payenne, fut ce grand Spiridion, Evesque de Trimithonte en Cypre, duquel nous avons parlé n'agueres, & Sozomene rapporte un insigne exemple de luy, touchant l'exacte observation qu'il faisoit de l'antiquité Ecclesiastique, des traditions des Anciens, & des mots, & des paroles qui sont receuës en l'Eglise, & d'autres Autheurs racontent les autres belles choses qu'il a faites, & disent tous, que bien qu'il fut doüé de l'esprit de Prophetie, & qu'il eut le don des miracles, qu'il vivoit pourtant avec une si grande simplicité, que tout Evesque qu'il estoit il gardoit les moutons. Il ne faut pas mettre icy en oubly cette rencontre miraculeuse, qu'ainsi que quelqu'un luy demandoit un depost, qu'il avoit donné, ainsi qu'il asseuroit en garde à sa fille lors qu'elle vivoit, laquelle estoit decedee vierge, & comme on ne le pouvoit trouver, ce bon vieillard esmeu des larmes de celuy qui demandoit son depost, courant au tombeau de sa fille, l'appella de son propre nom, & lui demanda en quel endroit elle avoit mis ce depost, laquelle fit responce, qu'il estoit en un tel endroit, où il le trouva, & le rendit à celuy à qui il appartenoit (vol.I, p.478-479).
La mort d'Hypatie
Socrate rapporte qu'il y eut cette annee [415] en Alexandrie de grandes seditions, excitees par les Juifs, que sainct Cyrille avoit chassez de cette ville, dans laquelle ils avoient demeuré depuis Alexandre le Grand, & que cela fut cause de grandes inimitiez entre sainct Cyrille, et Oreste Gouverneur de la ville, lesquelles augmenterent la sedition dans la ville, à cause des Moines de Nitrie, qui estoient venus en trouppe, afin de combattre pour sainct Cyrille, & avoient blessé, & ignominieusement traitté Oreste, que le peuple defendit, & chassa les Moynes: & enfin Hypatie femme tres-renommee, & qui surpassoit en doctrine tous les Philosophes de ce temps-là, à laquelle Synesius écrivit plusieurs lettres, qui restent encore, dans lesquelles il l'appelle sa Dame, & sa Maitresse, & de laquelle Suidas fait estat, comme d'une vierge tres chaste, fut tuee, mise en pieces, & bruslee par les partisans de sainct Cyrille, à cause qu'on la soupçonnoit de destourner Oreste, de se reconcilier avec sainct Cyrille. Surquoy il faut prendre garde, que Socrate qui raconte cette histoire plus au long estoit Novatien: si bien qu'il n'écrit pas trop équitablement de sainct Cyrille, lequel avoit chassé les Novatiens d'Alexandrie, ainsi que nous avons veu: de sorte qu'il ne faut pas estonner s'il reprend souvent sainct Cyrille d'orgueil, & de trop grande presomption, & quelquesfois de crime (vol.I, p.785).
Une faute de Sigebert de Gembloux
Quant à ce que Sigebert escrit dans sa Chronique, que le Roy Charlemagne après la prise de Pavie, s'en retourna à Rome, où en un Concile de cent cinquante trois Evesques & Abbez, qu'assembla le Pape Hadrian, il receut le droict d'eslire le Pontife Romain, & que les Archevesques & Evesques prendroient l'investiture de luy, par toutes les Provinces, cecy n'ayant esté escrit par cet Autheur, que trois cent trente huict ans après, à scavoir l'an de nostre Seigneur 1112, sans qu'aucun Escrivain plus antien, en ait jamais parlé, ny mesme ceux qui ont escrit la vie de Charlemagne, année par année, & toutes les assemblées qu'on a faittes: on tient à bon droict, que c'est une imposture, qu'on a forgée en ce temps-là, en faveur de l'Empereur Henry schismatique, duquel Sigebert tenoit entierement le party: car tous les Autheurs asseurent, que tant s'en faut que Charlemagne retourna à Rome après la prise de Pavie, qu'au contraire il s'en retourna bien viste en France, pour aller domter la rebellion des Saxons. Et Einarde, ou Eginharde son secretaire, qui l'a tousjours accompagné par tout, & a redigé sa vie par escrit, asseure expressément que Charlemagne son Maistre n'a esté en tout que quatre fois à Rome, la premiere cette année qu'il fit la guerre aux Barbares, la seconde pour s'acquitter de son voeu, qui fut l'an 780, la troisiesme contre le Duc de Benevent l'an 786, la quatriesme pour restablir le Pape Leon l'an 800. qu'il fut aussi Empereur, si bien que cette cinquiesme de Sigebert est tout à fait imaginaire (t.III, p.292).
Malheurs d'un évêque soldat
L'an de nostre Seigneur 1196. l'indiction 14. le Pape Celestin estant supplié par les lettres de l'Evesque de Beauvais, d'escrire au Roy d'Angleterre touchant sa delivrance, ayant esté pris armé & combattant contre le droict Ecclesiastique, en la guerre que les François & les Anglois s'entrefaisoient, & bien qu'il reprit aigrement le mesme Evesque, d'avoir ainsi esté à la guerre, il ne laissa pas de s'employer soigneusement pour sa delivrance envers ce Roy, qu'il appelle dans son epistre, afin de le flechir davantage, son frère, son fils, & de l'Eglise. Mais ce mesme Roy ayant envoyé au Pape la cuirasse de cet Evesque, Voyez, dit-il, si c'est la tunique de vostre fils, ou non. Le Pape luy fit response, Ce n'est ny mon fils, ny celuy de l'Eglise, qu'il soit donc racheté comme il plaira au Roy, puis qu'il est jugé soldat de Mars plustost que de Christ. Mathieu Paris rapporte cecy, que Roger raconte plus au long (t.IV, p.195).
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