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Énéide - Livre XII

©Marie-Cécile Deproost

Dénouement

[12, 1-215] [12, 216-382] [12, 383-553] [12, 554-696] [12, 697-790] [12, 791-952]


Note liminaire : La présente traduction de Virgile fait partie de la Bibliotheca Classica Selecta (BCS) mais elle s'intègre aussi dans le vaste projet Du texte à l'hypertexte mis au point à la Faculté de Philosophie et Lettres de Louvain à l'initiative de Jean Schumacher. Les possibilités de cette dernière réalisation sont multiples ; non seulement elle permet une lecture de l'oeuvre avec le texte latin et la traduction française en regard, mais elle donne également accès à un riche ensemble d'outils lexicographiques et statistiques très performants.


Plan

Accord conclu : un duel et un traité [12, 1-215]

  • Turnus résolu au duel (1-80)
  • Préparatifs du combat (81-133)
  • Un pacte menacé par Junon (134-160)
  • Le serment des rois (161-215)

Rupture de trêve [12, 216-382]

  • Double intervention de Juturne (216-256)
  • Reprise des combats (257-310)
  • Blessure d'Énée et fougue retrouvée de Turnus (311-382)

Mêlée générale [12, 383-553]

  • La guérison d'Énée grâce à Vénus (383-429)
  • Énée à la recherche de Turnus (430-467)
  • Juturne protège Turnus (468-493)
  • Énée se déchaîne. Massacre effroyable (494-553)

Dénouement proche [12, 554-696]

  • Assaut de la ville de Latinus (554-592)
  • Suicide d'Amata et revirement de Turnus (593-649)
  • Turnus veut sauver son honneur (650-696)

Duel décisif [12, 697-790]

  • Premier affrontement et fuite de Turnus (697-745)
  • Second affrontement (746-790)

Dénouement final [12, 791-952]

  • Revirement de Junon (791-842)
  • Intervention d'une Furie (843-886)
  • Ultime rencontre et mort de Turnus (887-952)

Résumé

 

Accord conclu : un duel et un traité [12, 1-215]

Turnus résolu au duel (12, 1-80)

Turnus se décide à se mesurer à Énée en duel, seule issue possible pour lui de résoudre le conflit. Malgré les tentatives vaines de Latinus pour le dissuader, il refuse de se soumettre à la volonté du destin (12, 1-53).

Les pleurs et les supplications d'Amata et la présence silencieuse de Lavinia ne ne font que le renforcer encore dans sa résolution de rencontrer Énée, à qui il communique sa proposition de duel par un messager (12, 54-80).

Préparatifs du combat (12, 81-133)

Aussitôt, Turnus s'en va préparer ses armes et son char, proférant des menaces méprisantes à l'égard d'Énée, tandis que celui-ci, heureux de la proposition, mentalement prêt au combat, rassure les siens et décide de préciser à Latinus ses conditions (12, 81-112).

Dès l'aube du lendemain, dans les deux camps on aménage le terrain où se dérouleront le combat et la cérémonie rituelle du traité. De part et d'autre, les troupes sortent de leurs campements et s'installent en position de repos, tandis qu'une foule de Latins curieux s'apprête à contempler le spectacle depuis les remparts de la ville (12, 113-133).

Un pacte menacé par Junon (12, 134-160)

Junon, bien que connaissant l'arrêt irrévocable de Jupiter, tente cependant encore de sauver Turnus, en poussant la nymphe Juturne à soustraire son frère au combat et à la mort.

Le serment des rois (12, 161-215)

Entre-temps, Latinus accompagné de Turnus, et Énée flanqué d'Ascagne, s'avancent pour sceller le traité par des sacrifices et des offrandes. Énée s'engage solennellement, en cas de défaite, à renoncer à toute prétention sur le territoire latin et, en cas de victoire, à réunir les deux peuples sous les mêmes lois et les mêmes dieux. L'autorité suprême et le commandement militaire iront à son beau-père Latinus, et les Troyens construiront une ville nouvelle, Lavinium (12, 161-194).

Latinus s'engage tout aussi solennellement à respecter ces conventions, et la cérémonie s'achève par des sacrifices rituels (12, 195-215).

 

Rupture de trêve [12, 216-382]

Double intervention de Juturne (12, 216-256)

Tandis que les Rutules sont partagés et inquiets à la perspective du duel, Juturne, sous les traits de Camers, se mêle aux rangs des Italiens et, par ses reproches et ses exhortations, les pousse à reprendre les armes. (12, 216-243)

Ensuite, elle suscite un prodige (un aigle contraint par les oiseaux qu'il pourchassait de lâcher sa proie et de s'enfuir) propre à influencer, bien qu'en les abusant, les alliés de Turnus (12, 244-256).

Reprise des combats (12, 257-310)

L'augure Tolumnius, interprétant ce prodige au sens apparemment si clair, lance aussitôt un trait contre un groupe de neuf frères Troyens ; l'un d'entre eux est abattu, ce qui provoque la réaction immédiate des huit autres (12, 257-279).

Aussitôt, les adversaires des deux camps qui assistaient au sacrifice reprennent le combat, tandis que Latinus s'enfuit impuissant, rappelant cependant la volonté des dieux. Les combats singuliers font rage, vainqueurs et vaincus appartenant aux deux camps (12, 280-310).

Blessure d'Énée et fougue retrouvée de Turnus (12, 311-382)

Tandis qu'il cherche vainement à rappeler le duel qui devait être décisif, Enée est blessé par une flèche anonyme. Turnus voyant son adversaire hors de combat reprend espoir, et se lance avec une fougue digne de Mars dans d'épiques combats (12, 311-345).

Rien ni personne ne résiste à son ardeur ni à sa fierté hargneuse, et nombre de Troyens y laissent leur vie (12, 346-383).

 

Mêlée générale [12, 383-553]

La guérison d'Énée grâce à Vénus (12, 383-429)

Énée entouré de ses proches profondément découragés est soigné, sans succès, par Iapyx, un Troyen expert dans l'art de la médecine et protégé d' Apollon ; le héros se montre cependant impatient à reprendre le combat, qui se fait de plus en plus proche (12, 383-410).

Vénus, apitoyée par la souffrance de son fils, intervient secrètement, mêlant à l'eau utilisée par Iapyx une plante miraculeuse. Énée est subitement guéri et veut reprendre le combat, encouragé par Iapyx qui interprète cette guérison comme un signe favorable du destin (12, 411-429).

Énée à la recherche de Turnus (12, 430-467)

Stimulé par Iapyx, Énée s'empresse de revêtir ses armes et, après quelques conseils moraux à Ascagne, il quitte le camp, suivi de son armée. Tous s'avancent dans la plaine, épouvantant leurs ennemis (12, 430-457).

Des combats s'engagent, mortels pour les hommes de Turnus en débandade, tandis qu'Énée cherche toujours à affronter son ennemi en combat singulier (12, 458-467).

Juturne protège Turnus (12, 468-493)

Juturne se substitue à Métiscus, le cocher de son frère, dont elle prend les traits, et fait tourner en tous sens le char, donnant l'impression que Turnus est vainqueur ; mais en réalité elle veut le soustraire au combat (12, 468-480).

Énée, abusé un moment, poursuit le char et, tandis qu'il hésite sur la conduite à suivre, il évite de justesse une flèche traîtreusement lancée par Messapus (12, 481-493).

Énée se déchaîne. Massacre effroyable (12, 494-553)

Cette nouvelle violation du pacte irrite Énée qui finalement rejoint la mêlée, où il donne libre cours à sa fureur guerrière, ce que ponctue une invocation aux dieux, annonciatrice de nombreux massacres (12, 494-504).

Les deux héros se déchaînent comme des torrents dévastateurs, semant partout la mort. Bref, dans les deux camps, les guerriers s'affrontent de toutes leurs forces (12, 505-553).

 

Dénouement proche [12, 554-696]

Assaut de la ville de Latinus (12, 554-592)

Énée, sur l'inspiration de Vénus, se prépare à assaillir la ville de Latinus. Il prend position sur une hauteur et précise ses exigences devant ses troupes. Se considérant vainqueur puisque persuadé de la dérobade de Turnus, il revendique la soumission totale des Latins, sous peine de détruire la ville (12, 554-573).

L'assaut est donné, et tandis qu'Énée proteste de son bon droit devant Latinus, dans la ville épouvantée, les citoyens, tels des abeilles dont on enfume la retraite, sont partagés entre le parti de négocier ou celui de se défendre (12, 574-592).

Suicide d'Amata et revirement de Turnus (12, 593-649)

La reine Amata, croyant Turnus mort, se suicide de désespoir, se disant responsable du désastre. Les manifestations de deuil de Lavinia et des femmes latines contribuent à répandre la nouvelle dans la ville, tandis que Latinus est désespéré (12, 593-613).

Turnus, toujours emporté sur son char, et alerté par le tumulte venant de la ville, arrête les chevaux. Juturne, qui a pris les traits du cocher Métiscus, persiste à vouloir écarter son frère du combat, tout en ménageant sa fierté. Turnus n'est plus dupe de l'artifice de sa soeurj; impressionné par la mort de deux de ses proches, il se sait perdu et accepte l'idée de mourir, mais non celle d'être un lâche (12, 614-649).

Turnus veut sauver son honneur (12, 650-696)

Sacès vient avertir Turnus de l'assaut troyen, des hésitations de Latinus, du suicide d'Amata ; il lui reproche son inefficacité et l'appelle au secours. Cet appel réveille en Turnus une série de sentiments qui le stimulegnt à agir (12, 650-668).

Turnus, reprenant ses esprits et voyant flamber dans la ville une tour de défense, sait que l'heure de son destin a sonné et que, pour sauver son honneur, il doit accepter le duel avec Énée. Sans attendre, il se rue vers la ville et fait connaître sa décision aux Latins et aux Rutules (12, 669-696).

 

Duel décisif [12, 697-790]

 Premier affrontement et fuite de Turnus (12, 697-745)

Énée, exalté par cette nouvelle donne, cherche aussitôt à affronter Turnus dans la plaine, sous les regards de Latinus et des deux armées, muées en spectateurs. Le combat s'engage à coups de javelots lancés de loin, puis évolue en un corps à corps farouche mais équilibré (12, 697-727).

Enfin, quand Turnus tente de frapper l'armure d'Énée, il voit voler en éclat l'épée de Métiscus, dont il se servait par mégarde et cherche à se sauver en fuyant, ce qui s'avère impossible. (12, 728-745)

Second affrontement (12, 746-790)

Énée se met aussitôt à poursuivre Turnus, comparé à un cerf aux abois ; tout en fuyant, le héros réclame son épée aux Rutules qui entourent le champ de bataille, tandis qu'Énée apparaît de plus en plus menaçant (12, 746-765).

Énée à son tour est privé de sa lance, à cause d'un sacrilège inconsidéré des Troyens à l'égard de Faunus, lequel intervient un moment en faveur de Turnus. Les deux rivaux, ayant récupéré leurs armes respectives grâce à Juturne et à Vénus, sont prêts à reprendre le duel (12, 766-790).

 

Dénouement final [12, 791-952]

Revirement de Junon (12, 791-842)

Jupiter ordonne à Junon de mettre fin à son acharnement contre les décrets du destin. Junon à contre-coeur a renoncé à soutenir personnellement Turnus, avouant toutefois avoir permis, malgré tout, à Juturne de porter aide à son frère (12, 791-818).

Elle obtient de Jupiter, pour le Latium et les Latins, la faveur de garder, après la fusion des deux peuples, certaines prérogatives. Jupiter déclare solennellement que les peuples d'Italie, conservant leur nom, leur langue et leurs coutumes, se mêleront par le sang aux Troyens, et formeront une race supérieure, qui se distinguera par sa piété, notamment à l'égard de Junon (12, 819-842).

Intervention d'une Furie (12, 843-886)

Jupiter alors dépêche sur terre une des Furies chargée d'impressionner et d'isoler Turnus. Sous l'apparence d'un oiseau de nuit, comme un sinistre présage, elle emplit le chef rutule d'épouvante (12, 843-868).

Juturne, en reconnaissant la Furie déguisée en hibou, renonce à la lutte, en déplorant sa condition d'immortelle (12, 869-886).

Ultime rencontre et mort de Turnus (12, 887-952)

Énée, croyant que Turnus continue à se dérober par lâcheté, le provoque et le héros rutule réagit en tentant de lancer sur son adversaire un énorme bloc de pierre ; mais ces efforts sont vains, car sous l'emprise de la Furie, Turnus se sent complètement isolé. Énée d'un trait transperce le bouclier de Turnus qu'il blesse à la cuisse (12, 887-929).

Ce dernier, terrassé, reconnaît sa défaite et supplie Énée de l'épargner, ou du moins de rendre sa dépouille aux siens et de mettre un terme à sa haine. Énée est presque convaincu, mais la vue du baudrier de Pallas sur les épaules de Turnus ravive sa fureur et, d'un dernier coup, il achève impitoyablement Turnus (12, 930-952).


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