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Suétone (généralités)

Vie de César (généralités) - (latin 85 K) - (traduction 200 K)


  Suétone, Jules César, 21

 XXI. Il devient le gendre de Pison et le beau-père de Pompée

(1) Vers le même temps, il épousa Calpurnie, fille de L. Pison, qui allait lui succéder au consulat; et il donna en mariage à Gnaeus Pompée sa fille Julie, en congédiant son premier fiancé Servilius Cépion, l'un de ceux qui, peu de temps auparavant, l'avaient particulièrement aidé à combattre Bibulus.

(2) Après cette nouvelle alliance, il commença, dans le sénat, par prendre d'abord l'avis de Pompée, alors qu'il avait coutume d'interroger Crassus le premier, et qu'il était d'usage que le consul conservât toute l'année l'ordre établi par lui aux calendes de janvier pour recueillir les votes.

(1) Sub idem tempus Calpurniam L. Pisonis filiam successuri sibi in consulatu duxit uxorem suamque, Iuliam, Gnaeo Pompeio conlocauit repudiato priore sponso Seruilio Caepione, cuius uel praecipua opera paulo ante Bibulum inpugnauerat.

(2) Ac post nouam adfinitatem Pompeium primum rogare sententiam coepit, cum Crassum soleret essetque consuetudo, ut quem ordinem interrogandi sententias consul Kal. Ianuariis instituisset, eum toto anno conseruaret.


Commentaire

Vers le même temps : il s'agit toujours de l'année du consulat (59).

Calpurnie : elle est la quatrième et dernière épouse de César. Voir ci-dessous, ch.81, 3 où Suétone raconte le rêve prémonitoire de Calpurnia la veille de l'assassinat du dictateur.

L. Calpurnius Pison : consul en 58, puis proconsul de Macédoine de 57 à 55. Sur ce personnage et son rôle politique, voir, avec quelque méfiance, le discours très hostile de Cicéron, In Pisonem, datant de l'année 55.

Servilius Cépion : personnage difficile à identifier ; voir la mise au point très détaillée de J. Van Ooteghem, Pompée le Grand bâtisseur d'empire, p.316, n.3.

Prendre l'avis : rogare sententiam. Le magistrat qui préside une réunion du Sénat lui soumet un problème (relatio) puis ouvre la discussion en interrogeant les sénateurs dans l'ordre protocolaire, déterminé par la plus haute magistrature exercée par ceux-ci, anciens consuls, anciens préteurs etc.. Au dernier siècle de la République, le président donnant la parole aux consulaires pouvait ne pas respecter strictement l'ordre d'ancienneté dans l'exercice du consulat et faire l'honneur à l'un ou l'autre de lui demander son avis avant son tour. Mais, comme le dit Suétone, il était de règle, dans ce cas, de suivre le même ordre pendant toute l'année.

 


[4 février 2005]

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