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Métamorphoses d'Ovide : Avant-Propos - Notices - Hypertexte louvaniste - Iconographie ovidienne - Page précédente - Page suivante


 
OVIDE - MÉTAMORPHOSES Livre IV  

 

  

Traduction nouvelle annotée

par

Anne-Marie Boxus et Jacques Poucet (2006)

 

 

     Joachim A. Wtewael, Persée secourant Andromède
    École d'Utrecht, 1er quart du XVIIe siècle
    Paris, Musée du Louvre
    Base Joconde

 


Plan
Légendes thébaines et autres : les Myniades (1) (4,1-273)
  • Introduction : Les filles de Minyas refusent de célébrer Bacchus (4, 1-42)
  • Premier récit des Minyades : Pyrame et Thisbé et la métamorphose des mûres  (4, 43-166)
  • Second récit : Mars, Vénus et le Soleil - Métamorphoses : Leucothoé et Clytie (4, 167-273)

Légendes thébaines et autres : les Minyades (2) (4, 274-415)

  • Troisième récit : Salmacis et Hermaphrodite (4, 274-388)
  • Métamorphose des Minyades en chauves-souris (4, 389-415)

Légendes thébaines : Junon s'acharne contre la famille de Cadmos (4, 416-603)

  • Junon pour punir Ino (et Athamas) fait appel aux services de Tisiphone (4, 416-480)
  • Folie d'Athamas, divinisation d'Ino et de Mélicerte, métamorphose des compagnes d'Ino (4, 481-562)
  • Cadmos et Harmonie métamorphosés en serpents (4, 563-603)

La légende de Persée : première partie (4, 604-803)

  • Persée et Atlas, métamorphosé en montagne (4, 604-662)
  • Persée et Andromède - Métamorphose des coraux (4, 663-752)
  • Noces de Persée et Andromède - Récit du combat de Persée contre Méduse (4, 753-803)

Résumé

Légendes thébaines et autres : les Myniades (1) (4,1-273)

Introduction : Les filles de Minyas refusent de célébrer Bacchus (4, 1-42)

Tandis que se déroulent en Béotie des cérémonies en l'honneur de Bacchus, de l'histoire duquel Ovide se plaît à évoquer différents épisodes à travers l'énumération de ses nombreux noms, seules les filles de Minyas refusent de reconnaître la naissance divine de Bacchus et se confinent dans leur demeure, tissant et filant. Elles imaginent de se distraire en racontant à tour de rôle des histoires.

Premier récit des Minyades : Pyrame et Thisbé et la métamorphose des mûres  (4, 43-166)

Après avoir hésité entre plusieurs récits, tous en rapport avec l'Orient, la première conteuse fixe son choix sur la quatrième histoire, qui traite d'un arbre  (le mûrier) dont les fruits sont devenus noirs. (4, 43-54)

Il s'agit de la légende de Pyrame et Thisbé, deux jeunes Babyloniens, violemment épris l'un de l'autre, mais contrariés dans leur amour par leurs pères respectifs. Réduits à communiquer entre eux par une fente du mur qui sépare leurs maisons contiguës, ils décident de fuir et se fixent un rendez-vous, la nuit, à l'ombre d'un mûrier portant des fruits blancs. (4, 55-92)

Thisbé s'enfuit la première, et tandis qu'elle cherche son amant dans la campagne, elle est effrayée par une lionne féroce, à la gueule ensanglantée, et se réfugie dans une grotte ; dans sa fuite, elle perd un voile que la lionne trouve et s'empresse de déchirer. Pyrame, sorti un peu plus tard, trouve le vêtement de Thisbé plein de sang et, se figurant qu'elle a péri, il se sent responsable et se donne la mort. Son sang asperge les fruits du mûrier qui, dès lors, prennent une teinte sombre. (4, 93-127)

Sortie de son refuge, Thisbé découvre son amant mourant et, après avoir vainement tenté de le ramener à la vie, elle se transperce le coeur, afin de le rejoindre. Cet amour plus fort que la mort est symbolisé par l'urne commune où  reposeront à jamais les cendres des amants, et par la couleur sombre des fruits du mûrier. (4, 128-166)

Second récit : Mars, Vénus et le Soleil - Métamorphoses : Leucothoé et Clytie (4, 167-273)

Leuconoé, la seconde des Minyades, commence par raconter comment le Soleil (alias Apollon), ayant surpris l'adultère de Mars et Vénus, avait dévoilé la chose à Vulcain, le mari de la déesse, et comment ce dernier, à l'aide d'un filet invisible, avait piégé les amants, les exposant à la risée de tous les dieux. (4, 167-189)

Vénus, ulcérée de ce vilain tour, veut punir le Soleil en lui inspirant une passion exclusive et dévorante pour une jeune fille de Perse, Leucothoé. Oubliant ses nombreuses conquêtes, dont Clytie, le dieu s'introduit chez sa bien-aimée sous les traits d'Eurynomé, sa mère, et abuse d'elle contre son gré. (4, 190-233)

Clytie, rivale délaissée, raconte calomnieusement au père de Leucothoé que sa fille s'est déshonorée ; celui-ci aussitôt la punit en l'enterrant sous un tas de sable. Malgré tous ses efforts pour ranimer sa bien-aimée, le Soleil ne peut que la métamorphoser en arbre à encens. Quant à Clytie, elle dépérit de désespoir, et est métamorphosée en héliotrope. (4, 234-273)

 

Légendes thébaines et autres : les Minyades (2) (4, 274-415)

Troisième récit : Salmacis et Hermaphrodite (4, 274-388)

Alcithoé, la troisième fille de Minyas prend la parole à son tour. Après avoir énuméré quelques métamorphoses soi-disant trop connues pour  être racontées, elle choisit d'expliquer l'origine de la sinistre réputation de la fontaine de Salmacis.

Un fils d'Hermès-Mercure et de Vénus décide, à l'âge de quinze ans, de quitter la terre de son enfance pour découvrir le monde. Il parvient, en Carie, près d'un étang aux eaux limpides, où habite une jeune nymphe solitaire, Salmacis, qui passe tout son temps à folâtrer près de cet étang qui porte son nom. Dès qu'elle aperçoit le jeune garçon, elle s'éprend de lui, l'aborde et s'offre à lui. Mais, ignorant tout de l'amour, il la repousse aussitôt. (4, 274-336)

La nymphe fait semblant de s'effacer et disparaît dans les fourrés. Le garçon, se croyant seul, se déshabille pour se baigner. Quand elle le voit si beau, Salmacis ne peut plus se maîtriser, le rejoint dans l'eau et se colle à lui, malgré les efforts qu'il fait pour lui échapper. Salmacis alors demande aux dieux la faveur qu'ils ne soient jamais séparés l'un de l'autre, et elle est exaucée. (4, 337-379)

Le jeune homme, Hermaphrodite, devenu un être efféminé, obtient de ses parents que soit transformé en androgyne tout homme qui sera en contact avec les eaux de la fontaine qui, depuis ce temps, est dotée de ce pouvoir maléfique. (4, 380-388)

Métamorphose des Minyades en chauves-souris (4, 389-415)

Les Minyades, à la fin de leur récit, continuent à filer et tisser, persistant dans leur hostilité à Bacchus, quand soudain des feuilles de vigne et du lierre se mettent à pousser, au milieu de sons et d'odeurs évoquant les cérémonies en l'honneur de Bacchus. Finalement, au moment où tombe la nuit, au milieu de lueurs mystérieuses et d'apparitions fantastiques, les trois soeurs, punies par Bacchus, sont métamorphosées en chauves-souris (uespertiliones), animaux de l'astre de la nuit (Vesper). (4, 389-415)

 

Légendes thébaines :  Junon s'acharne contre la famille de Cadmos (4, 416-603)

Junon pour punir Ino (et Athamas) fait appel aux services de Tisiphone (4, 416-480)

Junon, dans un monologue intérieur, exprime sa rancoeur à l'égard d'Ino, épouse d'Athamas, celle des quatre filles de Cadmos encore épargnée, et décide de la châtier elle aussi. (4, 416-431)

Elle se rend donc aux enfers, évoqués par de simples allusions aux figures mythologiques conventionnelles de Cerbère, des Érinyes, des grands damnés  (Tityos, Tantale, Sisyphe, Ixion et les Danaïdes), et demande l'aide des Furies, pour punir Athamas et Ino de leur impiété à son égard. Tisiphone ne demande qu'à la satisfaire. (4, 432-480)

Folie d'Athamas, divinisation d'Ino et de Mélicerte, métamorphose des compagnes d'Ino (4, 481-562)

Tisiphone aussitôt se rend avec son sinistre cortège au palais d'Athamas et d'Ino qui, terrorisés, cherchent à fuir. Mais la Furie leur barre la sortie, jette sur eux des vipères, leur fait perdre la raison avec du poison, provoque un embrasement général, puis s'en retourne aux enfers, mission accomplie. (4, 481-511).

Athamas devenu fou poursuit Ino et leurs deux enfants (Léarque et Mélicerte), qu'il prend pour une lionne et ses lionceaux. Il arrache Léarque des bras de sa mère et le massacre. Ino, invoquant Bacchus, réussit à s'échapper avec Mélicerte, jusqu'à un rocher surplombant la mer, du haut duquel elle se précipite avec son bébé. Vénus les prend en pitié, et obtient de Neptune leur transformation en dieux marins : ainsi Ino et Mélicerte deviennent-ils respectivement Leucothoé et Palémon. (4, 512-542)

Les compagnes d'Ino qui avaient reproché à Junon sa cruauté furent punies et métamorphosées en rochers ou en oiseaux. (4, 543-562)

Cadmos et Harmonie métamorphosés en serpents (4, 563-603)

Cadmos, découragé par tous les malheurs qui ont frappé sa maison, s'exile en Illyrie avec son épouse, et pense que le serpent qu'il a tué à son arrivée sur la terre de Béotie était sacré. Il prie alors les dieux de devenir serpent à son tour et sa prière est exaucée. Son épouse veut le rejoindre. Ainsi les deux époux sont-ils métamorphosés en deux serpents, inoffensifs pour les humains. (4, 563-603)

 

La légende de Persée : première partie (4, 604-804)

Persée et Atlas, métamorphosé en montagne (4, 604-662)

Ovide passe à la légende de Persée, et la similitude de l'impiété manifestée au dieu Bacchus à Thèbes et à Argos lui sert de transition. Dans cette dernière ville en effet, le roi Acrisius refuse de reconnaître la divinité de Bacchus et surtout l'origine divine de son petit-fils, Persée, fils de Danaé et de Jupiter. Bientôt pourtant, le pouvoir « surhumain » de Persée devient manifeste. Il se déplace à travers les airs, grâce à des ailes, transporte avec lui la tête de la Gorgone Méduse qu'il a décapitée, et survole l'univers tout entier. (4, 604-626)

Au cours de ses déplacements aériens, Persée arrive chez Atlas, un géant qui règne sur un immense territoire situé aux confins de l'Occident. Ce roi puissant possédait notamment un verger portant des fruits d'or. Persée, pour l'amadouer, fait état de son ascendance jupitérienne et de ses exploits, mais il se fait violemment repousser, car un oracle avait prédit qu'un fils de Jupiter déroberait les fruits d'or du verger merveilleux. Suite à cet accueil peu cordial, Persée dirige sur Atlas la face de Méduse, qu'il emportait partout avec lui. Atlas est métamorphosé en une montagne immense, qui supporte le ciel avec tous ses astres. (4, 627-662) 

Persée et Andromède - Métamorphose des coraux (4, 663-752)

Quittant le pays d'Atlas par les airs, Persée arrive en Éthiopie où il aperçoit, enchaînée à un rocher près du rivage, une jeune fille très belle, dont il s'éprend aussitôt. Il apprend qu'elle s'appelle Andromède et qu'elle subit un châtiment pour une faute commise par sa mère. Pendant qu'il s'informe, un monstre menaçant se dresse à la surface de la mer, semant l'épouvante générale. Persée se présente alors aux parents désemparés, Céphée et Cassiope, souverains d'Éthiopie, à qui il demande de devenir leur gendre. En contrepartie, il sauvera Andromède. Les parents lui accordent la main de leur fille et lui promettent en outre leur trône. (4, 603-705)

Un combat épique se déroule entre Persée et le monstre qu'il finit par tuer, suscitant le soulagement et l'allégresse. Andromède est délivrée de ses chaînes. (4, 706-739)

Persée qui, après son exploit, a déposé sur un lit de feuilles et de tiges la tête de Méduse, est indirectement responsable de la métamorphose d'une plante marine en corail, pétrifié au contact de la tête de la Gorgone, phénomène que reproduisent les nymphes de la mer. (4, 740-752)

Noces de Persée et Andromède - Récit du combat de Persée contre Méduse (4, 753-803)

Après avoir offert des sacrifices appropriés à Jupiter, Minerve et Mercure, Persée épouse Andromède au cours d'une fête grandiose offerte par Céphée, dans son luxueux palais. (4, 753-769)

Au cours du banquet, Persée est amené à raconter son combat contre Méduse : après une allusion peu explicite à son passage chez les filles de Phorcys (les Grées), le héros narre son  itinéraire périlleux jusqu'au séjour des Gorgones. Sans croiser directement le regard de Méduse, dont le visage se reflétait sur son bouclier, Persée lui trancha la tête, d'où jaillirent Pégase et Chrysaor. Persée raconte encore ses nombreux voyages, puis explique que les cheveux de Méduse sont devenus des serpents, par suite d'une vengeance de Minerve, laquelle utilisa ensuite ces serpents sur son bouclier. (4, 770-803)


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