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Suétone (généralités)

Vie de César (généralités) - (latin 85 K) - (traduction 200 K)


  Suétone, Jules César, 64

 LXIV. Sa présence d'esprit dans le danger

Il attaquait un pont dans Alexandrie; mais une brusque sortie de l'ennemi le força de sauter dans une barque. Comme de nombreux soldats s'y précipitaient aussi, il se jeta à la mer, et nagea l'espace de deux cents pas, jusqu'au vaisseau le plus proche, élevant sa main gauche au-dessus des flots, pour ne pas mouiller des écrits qu'il portait, traînant son manteau de général avec ses dents, pour ne pas laisser cette dépouille aux ennemis.

Alexandriae circa oppugnationem pontis eruptione hostium subita conpulsus in scapham pluribus eodem praecipitantibus, cum desilisset in mare, nando per ducentos passus euasit ad proximam nauem, elata laeua, ne libelli quos tenebat madefierent, paludamentum mordicus trahens, ne spolio poteretur hostis.


Commentaire

Alexandrie : où César est arrivé après le meurtre de Pompée et où il doit se défendre contre les Égyptiens.

Pour ne pas mouiller des écrits : Plutarque (César, 49, 8) rapporte le même détail mais plus prudemment, « on dit que… ». Voltaire a commenté ce passage : « … Plutarque assure que César tout armé se jeta dans la mer d'Alexandrie, tenant d'une main en l'air des papiers qu'il ne voulait pas mouiller, et nageant de l'autre main. Ne croyez pas un mot de ce conte que vous fait Plutarque. Croyez plutôt César, qui n'en dit mot dans ses Commentaires ; et soyez bien sûr que quand on se jette dans la mer, et qu'on tient des papiers à la main, on les mouille » » (Qu'il faut savoir douter. Éclaircissements sur l'Histoire de Charles XII, dans Œuvres historiques, éd. R. Pomeau, Paris, 1957, Bibliothèque de la Pleiade, p.312).

Manteau de général : en latin, paludamentum, sorte de cape de couleur pourpre. Florus (II, 13, 59) raconte le fait un peu différemment : « il fit une brusque sortie et occupa la presqu'île de Pharos ; jeté alors à la mer, il eut la chance étonnante de rejoindre à la nage sa flotte toute proche, après avoir, il est vrai, laissé son manteau de général dans les flots, soit par un effet du destin, soit à dessein, pour que celui-ci servît de cible aux traits et aux pierres que lui lançaient les ennemis » (trad. P. Jal).


[23 mars 2006]

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