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Métamorphoses d'Ovide : Avant-Propos - Notices - Hypertexte louvaniste - Iconographie ovidienne - Page précédente - Page suivante


 

 

OVIDE - MÉTAMORPHOSES

 Livre IX

 

Traduction nouvelle annotée

 

par

 

Anne-Marie Boxus et Jacques Poucet (2007)

 

Héraclès précipite Lichas dans la mer d'Eubée (Arnold Canova, entre 1795 et 1815).
Cfr Ovide, Métamorphoses, 9, 217-218
Source


Plan

 Fin des récits chez Achéloüs - Entrée en scène d'Hercule (9, 1-100)

Hercule : ses exploits, sa mort, son apothéose (9, 101-272)

Métamorphoses et rajeunissements dans l'entourage d'Hercule (9, 273-442)

Amours impossibles :  Byblis et Caunus (9, 443-665)

Un amour impossible qui finit bien : Iphis (9, 666-797)


Résumé

Fin des récits chez Achéloüs - Entrée en scène d'Hercule (9, 1-100)

Achéloüs rencontre Hercule (9, 1-61)

Achéloüs, avec une tristesse pourtant teintée de fierté, accepte d'expliquer à Thésée la raison de l'unique corne sur son front. (9, 1-7)

Prétendant à la main de la belle Déjanire, il a été confronté à un rival d'importance, Hercule. Tous deux exposent au père de la jeune fille leurs arguments. Achéloüs, en tant que dieu, traite avec hauteur Hercule, qui à ce moment-là n'a pas encore été admis au ciel. Hercule ne supporte pas l'insulte. Les deux rivaux s'affrontent alors en un violent corps à corps ; le dieu-fleuve raconte qu'Hercule finit par le plaquer au sol, en l'écrasant sous son poids, l'obligeant ainsi à mordre la poussière. (9, 8-61)

Les métamorphoses d'Achéloüs et la Corne d'abondance - Fin de la rencontre chez Achéloüs (9, 62-100)

Achéloüs cherche à échapper à Hercule, en recourant à ses pouvoirs magiques. Il se métamorphose d'abord en serpent. Mais Hercule, plein de condescendance, évoque aussitôt deux de ses exploits contre les serpents : ceux qu'avait envoyés Héra pour le perdre et qu'il avait écrasés dès son berceau ; et, plus tard, son combat victorieux contre l'Hydre de Lerne. Ce serait un jeu pour lui, dit-il, d'écraser entre ses doigts le serpent-Achéloüs. (9, 62-79)

Achéloüs se métamorphose ensuite en taureau, mais il est bientôt terrassé par Hercule, qui de surcroît lui arrache une de ses cornes, laquelle grâce aux Naïades, devient la Corne d'Abondance. Ainsi s'achève le récit d'Achéloüs. Une Naïade apparaît alors, présentant aux hôtes du dieu-fleuve la fameuse Corne emplie de fruits (9, 80-92). Au lever du jour, Thésée et ses compagnons s'en vont et Achéloüs disparaît dans ses flots. (9, 93-100)

 

Hercule : ses exploits, sa mort, son apothéose (9, 101-272)

Nessus, Déjanire, Hercule (9, 101-133)

Hercule, qui a obtenu la main de Déjanire, quitte Thèbes avec elle pour regagner sa patrie. Le courant impétueux de l'Événus les arrête en chemin, et le centaure Nessus leur vient en aide, en proposant de transporter lui-même Déjanire sur l'autre rive, tandis qu'Hercule traverserait à la nage. Mais tandis que Nessus tente d'enlever Déjanire, Hercule le blesse mortellement d'une flèche. Avant de mourir, Nessus, pour se venger, offre à Déjanire sa tunique imprégnée de son sang mêlé au venin de l'hydre de Lerne, tout en lui faisant croire que c'était un talisman incitant à l'amour.

Déjanire, jalouse de Iolé, offre à Hercule la tunique fatale (9, 134-158)

Longtemps après l'épisode de la mort de Nessus, Hercule est en train d'honorer Jupiter du Cénéum, avant de rejoindre Déjanire. Avertie par la rumeur qu'il ramenait avec lui une jeune fille, Iolé, l'épouse pressentit aussitôt en elle une rivale. (9, 134 -140)

Amante jalouse et éplorée, Déjanire, décidée à récupérer son époux, songe au pouvoir magique de la tunique que lui avait offerte Nessus mourant. Elle la fait porter à Hercule, qui s'en revêt, inconscient du sort affreux qui l'attend. (9, 141-158)

Hercule désespéré et furieux sur l'Oeta (9, 159-210)

Sur le mont Oeta, Hercule accomplissait un sacrifice, paré de la tunique empoisonnée dont l'effet se manifesta aussitôt. La souffrance intolérable qui l'accable lui arrache dse gémissements. Impuissant à se défaire du vêtement qui le brûle, le héros se révolte contre Héra-Junon, cause de tous ses tourments, et la supplie de lui ôter la vie. (9, 159-181)

Il évoque alors, de façon très succincte, une série d'exploits, dont les « Douze Travaux » qu'il a réussi à accomplir, en triomphant de l'acharnement de la déesse. Ensuite, comparant son sort malheureux à celui d'Eurysthée et incapable de lutter contre cette dernière épreuve, il se déchaîne et appelle son père. (9, 182-210)

Métamorphose de Lichas et apothéose d'Hercule (9, 211-272)

Hercule, découvrant le malheureux Lichas terré au creux d'une grotte, le saisit impitoyablement et le précipite à travers les airs en direction de l'Eubée, où son corps se durcit, métamorphosé en un écueil qui perpétue son nom, au nord est de l'Eubée. (9, 211-228a)

Hercule ensuite construit un bûcher avec les arbres qu'il a abattus, remet son arc, son carquois et ses flèches à Philoctète, qu'il charge d'allumer le bûcher ; ensuite, il se couche sur la peau du lion de Némée posée au sommet, et, environné de flammes, il attend la mort avec sérénité. (9, 228b-238)

Tous les dieux inquiets du sort du bienfaiteur des hommes sont bientôt rassurés par Jupiter, qui leur sait gré de leur sollicitude et leur explique que seule la part humaine d'Hercule, son corps, est soumise à la mort, et que sa part divine ne peut être détruite par les flammes. À la satisfaction générale des dieux, y compris Héra, il annonce qu'il élève Hercule au rang des immortels, insistant sur le caractère hautement mérité de cet honneur. (9, 239-261)

Les éléments humains d'Hercule, qu'il tenait de sa mère, étant anéantis par les flammes, ne subsiste que la nature divine du héros. Emmené vers les astres par Jupiter, il est désormais un dieu. (9, 262-272)

 

Métamorphoses et rajeunissements dans l'entourage d'Hercule (9, 273-442)

Alcmène raconte à Iolé la naissance d'Hercule et la métamorphose de Galanthis (9, 273-323)

Après l'apothéose d'Hercule, le récit nous ramène à Argos : Alcmène vieillissante y a pour compagne et confidente sa bru, Iolé, qu'elle a l'habitude d'entretenir de ses malheurs et des « Travaux » de son illustre fils. Iolé attendant un enfant d'Hyllus, c'est l'occasion pour Alcmène de souhaiter bonne chance à la future mère, et d'aborder le récit de la naissance d'Hercule. (9, 273-284)

De cette naissance, ellle raconte les moments pénibles dus à la malveillance de Junon, qui s'arrangea, avec des divinités à sa solde, pour retarder des jours durant la délivrance d'Alcmène. Lucine notamment se tenait mains et genoux joints à la porte de la parturiente, un rituel magique empêchant la naissance. (9, 285-305)

Celle-ci eut lieu, grâce à la ruse de Galanthis, une fidèle servante d'Alcmène, qui vint annoncer à Lucine que la naissance avait eu lieu. Surprise, Lucine dénoua mains et genoux, annihilant l'effet maléfique et permettant ainsi la délivrance. Parce qu'elle se moqua de la déconvenue de Lucine, Galanthis fut punie et métamorphosée en un animal non précisé, qui pourrait être une belette. (9, 306-323)

 Iolé raconte la métamorphose de Dryopé (9, 323-393)

Iolé à son tour y va d'une histoire plus triste encore, celle de Dryopé, sa demi-soeur, épouse d'Andrémon et mère d'un petit Amphissos. Un jour, la jeune femme se rendit dans la montagne pour y honorer les nymphes. Là, elle coupa quelques fleurs d'un arbre, pour amuser son bébé. Elle fut surprise de voir du sang s'écouler des fleurs coupées. Elle ignorait que cet arbre à fleurs de lotus n'était autre que la nymphe Lotis qui, en se métamorphosant ainsi, avait échappé aux assiduités du dieu Priape. (9, 323-348)

Bientôt Dryopé se sent clouée sur place, se métamorphosant elle aussi en un arbre à fleurs de lotus ; progressivement son corps se durcit, se couvre d'écorce et de feuilles. Ni Iolé, qui l'accompagnait, ni le père ni le mari de la malheureuse, qui la cherchaient partout, ne purent rien contre ce sort immérité, dû à la colère de Lotis. Dryopé, avant de fermer les yeux, assure ses proches de son innocence et leur fait d'émouvantes recommandations concernant son enfant. (9, 349-393).

Apparition de Iolaüs rajeuni. Revendications chez les dieux (9, 394-442)

La tristesse née de ces deux récits est bientôt dissipée par l'apparition inattendue de Iolaüs, sous les traits qu'il avait, enfant. Hébé, auteur de ce miracle, est bien décidée à ne plus répéter ce geste à l'avenir, mais aussitôt Thémis la contredit, en prophétisant une guerre liée à la légende thébaine, où interviendront rajeunissements ou vieillissements « hors norme », par exemple le vieillissement des fils de Callirhoé, qui purent ainsi venger leur père. (394-417)

L'intervention de Thémis donne à divers dieux l'envie de bénéficier du même droit à la jeunesse pour certains de leurs protégés. Mais, lors d'un conseil, Jupiter les ramène à la raison, leur rappelant que tous, dieux compris, sont soumis à la loi du destin et signalant, à titre d'exemple, que lui-même n'a pu empêcher ses propres fils, Éaque, Rhadamanthe et Minos, de connaître la vieillesse. (418-442)

 

Amours impossibles :  Byblis et Caunus (9, 443-665)

Byblis prend conscience de sa passion coupable pour son jumeau Caunus (9, 443-516)

Le jeune Milétos, descendant d'Apollon, s'exile volontairement de Crète à cause de l'hostilité défiante du vieux roi Minos à son égard. Il va fonder Milet, en Asie Mineure, où il rencontre Cyané, la fille du fleuve Méandre, laquelle lui donne des jumeaux, une fille, Byblis, et un garçon, Caunus. (9, 443-453)

Éprise de son frère, Byblis lui témoigne, en toute innocence d'abord, de nombreuses marques d'affection. Mais bientôt, son comportement (coquetterie, jalousie) et surtout un rêve érotique, au cours duquel elle s'est vue unie charnellement à Caunus, lui font prendre conscience de la nature véritable de sa passion. (9, 454-471)

Dans un monologue intérieur, elle se rend compte de l'impossibilité de cette union et se résigne à se contenter des jouissances que peuvent lui procurer ses rêves. Et, malgré l'exemple de divers dieux s'unissant entre frère et soeur en faisant fi de l'interdit, elle préfère résister et mourir plutôt que de succomber. Mais, pensant que son frère partagerait peut-être ses sentiments, elle opère un brusque revirement et décide de passer à l'action. (9, 472-516)

Byblis dévoile sa passion à Caunus dans une lettre (9, 517-573)

Partagée entre détermination et gêne, après avoir longtemps hésité, Byblis décide de faire porter une lettre à Caunus, où elle lui avouera son amour. (9, 517-529)

Après une entrée en matière assez alambiquée, où elle révèle à son frère son identité et son embarras, Byblis rappelle leurs précédentes rencontres, évoquant divers détails très révélateurs de la nature de l'amour qu'elle lui porte. Elle décrit ses efforts nombreux, mais vains, pour résister à sa passion, et s'en remet à lui. Enfin, elle argue du fait qu'ils sont à l'âge de l'insouciance et de la légèreté, et qu'ils pourront vivre pleinement leur amour sans entrave, tout en sauvegardant les apparences. Elle le supplie de ne pas la pousser au pire, s'il n'agrée pas sa demande. (9, 530-563)

Byblis charge alors un de ses serviteurs de remettre son message scellé à Caunus, et cela, en dépit d'un mauvais présage qui aurait dû la retenir, les tablettes de cire étant tombées au moment où elle les confiait au messager. (9, 564-573)

Dénouement - Métamorphose de Byblis  (9, 574-665)

Caunus est outré, prêt à passer sa colère sur le serviteur qu'il accuse de complicité, mais il le renvoie sans le punir, pour éviter le scandale. Le malheureux messager court avertir Byblis, désespérée par cette nouvelle. (9, 574-582)

Pourtant, quand elle recouvre ses esprits, elle n'abdique pas encore. Elle reprend son monologue, se reproche sa hâte, son irréflexion et sa maladresse : elle aurait dû tenir compte du mauvais présage et postposer son intervention, ne pas recourir à une lettre mais s'expliquer directement avec Caunus, toujours persuadée qu'elle aurait pu le convaincre. Enfin, elle met en cause la maladresse de son messager, pense à la sensiblité de Caunus, à quoi elle attache son espoir. Elle se sent acculée à aller jusqu'au bout, pour ne pas risquer d'être mal jugée par son frère, qui devrait voir en elle une victime et non un être en proie à un simple caprice. La fin de son discours assez incohérent montre l'étendue de son désarroi et l'impasse où elle se trouve. (9, 583-629)

Caunus, harcelé par les tentatives incessantes de sa soeur, finit par quitter Milet pour une autre terre. Et Byblis dont la folle passion est devenue publique veut suivre son frère en exil. Après avoir vainement cherché à le rejoindre en parcourant diverses régions, elle s'arrête épuisée, inconsolable, inondant le sol de ses larmes, avant d'être prise en pitié par des nymphes du pays des Lélèges, qui la métamorphosent, elle et ses larmes, en une source qui porte son nom. (9, 630-665)

 

Un amour impossible qui finit bien : Iphis (9, 666-797)

Naissance et enfance d'Iphis - Intervention d' Isis (9, 666-713)

En Crète, la métamorphose d'Iphis fit oublier la triste histoire des amours de Byblis. Ligdus, un citoyen crétois honorable, mais pauvre, ordonna à sa femme Téléthusa de supprimer l'enfant qu'elle attendait si c'était une fille. Insensible aux prières de sa femme et justifiant cette décision cruelle par leur pauvreté, Ligdus se montre intraitable. (9, 666-684a)

Arrivée presqu'à terme, Téléthusa voit durant son sommeil lui apparaître Isis, qui la rassure et lui conseille de ne pas tenir compte de l'ordre de son mari. Quand elle eut donné naissance à une fille, Téléthusa s'arrangea pour la faire passer pour un garçon, que Ligdus nomma Iphis, un nom pouvant s'appliquer aux deux sexes. Et la supercherie dura des années. (9, 684b-713)

Fiançailles d'Iphis (9, 714-763)

À l'âge de 13 ans, Iphis se vit fiancé à la plus jolie de ses compagnes d'enfance, Ianthé. Tous deux éprouvent immédiatement une véritable passion mutuelle. Ianthé attend dans la joie et la sérénité le moment de leur union, tandis qu'Iphis, ayant conscience de se trouver dans une impasse, vit dans le désespoir. (9, 714-725)

Dans un monologue intérieur, Iphis prend conscience du caractère contre-nature de sa passion et se désespère, se trouvant plus à plaindre encore que la crétoise Pasiphaé ; en effet, victime elle aussi d'une passion interdite, celle-ci put l'assouvir grâce à un stratagème imaginé par Dédale. N'attendant rien de personne, Iphis fait alors appel à sa raison, mais sans grande conviction, et son désespoir résigné grandit en même temps que son désir, à l'approche du jour des noces. (9, 726-763)

Heureux dénouement : métamorphose d'Iphis en homme (9, 764-797)

Téléthusa, ne pouvant plus différer le jour fatidique des noces, et se souvenant de l'apparition d'Isis, se rend avec sa fille à son temple, implore la pitié et la protection de la déesse, à qui Iphis doit d'être en vie, contrairement à la volonté de son père. Suite à cette prière, Isis sembla manifester ce que Téléthusa prit comme un présage favorable. (9, 764-784)

Rassurée, elle quitta le temple, suivie de sa fille, qui peu à peu se sent métamorphosée en homme. La liesse et les offrandes à la déesse peuvent se donner libre cours et le lendemain, Iphis, devenu vraiment un homme, peut épouser Ianthé, sa bien-aimée. (9, 785-797)


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