Bibliotheca Classica Selecta - Autres traductions françaises dans la BCS

Suétone (généralités)

Vie d'Auguste (généralités) - (latin 85 K) - (traduction 200 K)


  Suétone, Auguste, 71

 LXXI. Sa passion pour le jeu. Quelques passages de ses lettres

(1) De toutes ces accusations, ou de toutes ces calomnies, les bruits infâmes sur son impudicité furent ceux qu'il confondit le plus aisément, tant par la régularité de sa vie présente que par celle qu'il tint à la suite. Il prouva aussi qu'il était peu passionné pour le luxe, lorsque après la prise d'Alexandrie, il ne se réserva, de toutes les richesses des rois, qu'un vase murrhin, et fit fondre tous les vases d'or d'usage journalier.

(2) La volupté exerça toujours sur lui un grand empire. Il aimait surtout, dit-on, les vierges; et Livie elle-même contribuait à lui en procurer de toutes parts.

(3) Indifférent à sa réputation de joueur, il jouait sans déguisement et sans mystère. C'était un délassement qu'il affectionnait, même dans sa vieillesse, non seulement pendant le mois de décembre, mais encore les autres jours de l'année, qu'il y eût fête ou non.

(4) C'est ce qu'on voit par une lettre de sa main, dans laquelle il dit: "Mon cher Tibère, j'ai soupé avec les mêmes personnes. Vinicius et Silius le père sont venus augmenter le nombre des convives. Pendant le repas, nous avons joué en vieillards, hier comme aujourd'hui. Après avoir jeté les dés, celui qui avait amené le chien ou le six mettait au jeu un denier pour chaque dé, et celui qui avait amené Vénus prenait tout."

(5) Dans une autre lettre il dit: "Mon cher, Tibère, nous avons bien passé les fêtes de Minerve; car nous avons joué tous les jours, et nous avons bien chauffé la table de jeu. Ton frère jetait les hauts cris ; mais, au bout du compte, il n'a pas perdu beaucoup. Contre son attente, il s'est refait de ses grandes pertes. J'en suis, moi, pour vingt mille sesterces. Mais aussi, j'ai été , selon mes habitudes, beaucoup trop facile; car je m'étais fait payer des coups de main que j'ai remis aux joueurs, ou, si j'avais retenu ce que j'ai donné, j'en aurais gagné plus de cinquante mille. Je ne m'en repens pas, parce que ma bonté portera ma gloire jusqu'au ciel."

(6) Il écrit à sa fille: "Je t'ai envoyé deux cent cinquante deniers. C'est ce que j'ai donné à chacun de mes convives pour qu'ils puissent, pendant le souper, jouer entre eux aux dés, ou à pair ou non."

(1) Ex quibus siue criminibus siue maledictis infamiam impudicitiae facillime refutauit et praesentis et posterae uitae castitate; item lautitiarum inuidiam, cum et Alexandria capta nihil sibi praeter unum murrinum calicem ex instrumento regio retinuerit et mox uasa aurea assiduissimi usus conflauerit omnia.

(2) Circa libidines haesit, postea quoque, ut ferunt, ad uitiandas uirgines promptior, quae sibi undique etiam ab uxore conquirerentur.

(3) Aleae rumorem nullo modo expauit lusitque simpliciter et palam oblectamenti causa etiam senex ac praeterquam Decembri mense aliis quoque festis et profestis diebus.

(4) Nec id dubium est. Autographa quadam epistula: "Cenaui," ait, "mi Tiberi, cum iisdem; accesserunt conuiuae Vinicius et Silius pater. Inter cenam lusimus geronticos et heri et hodie; talis enim iactatis, ut quisque canem aut senionem miserat, in singulos talos singulos denarios in medium conferebat, quos tollebat uniuersos, qui Venerem iecerat."

(5) Et rursus aliis litteris: "Nos, mi Tiberi, Quinquatrus satis iucunde egimus; lusimus enim per omnis dies forumque aleatorium calfecimus. Frater tuus magnis clamoribus rem gessit; ad summam tamen perdidit non multum, sed ex magnis detrimentis praeter spem paulatim retractum est. Ego perdidi uiginti milia nummum meo nomine, sed cum effuse in lusu liberalis fuissem, ut soleo plerumque. Nam si quas manus remisi cuique exegissem aut retinuissem quod cuique donaui, uicissem uel quinquaginta milia. Sed hoc malo; benignitas enim mea me ad caelestem gloriam efferet."

(6) Scribit ad filiam: "Misi tibi denarios ducentos quinquaginta, quos singulis conuiuis dederam, si uellent inter se inter cenam uel talis uel par impar ludere."


Commentaire

 


[28 février 2001]

Bibliotheca Classica Selecta - FUSL - UCL (FLTR)