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Suétone (généralités)

Vie d'Auguste (généralités) - (latin 85 K) - (traduction 200 K)


  Suétone, Auguste, 23

 XXIII. Ses revers. Son désespoir à la nouvelle de la défaite de Varus

(1) Il n'essuya de défaites ignominieuses que celles de Lollius et de Varus, toutes deux en Germanie. La première fut plutôt un affront qu'une perte. La seconde faillit être funeste à l'État : trois légions furent taillées en pièces avec leur chef, ses lieutenants et ses troupes auxiliaires.

(2) À cette nouvelle, il disposa des sentinelles dans Rome pour prévenir tout désordre, et confina dans leur place les commandants des provinces, afin que leurs lumières et leur expérience retinssent les alliés dans le devoir.

(3) Il consacra de grands jeux à Jupiter pour le rétablissement des affaires de la République, ainsi qu'on l'avait fait dans la guerre des Cimbres et des Marses.

(4) Enfin on dit qu'Auguste fut tellement consterné de ce désastre, qu'il laissa croître sa barbe et ses cheveux plusieurs mois de suite, et qu'il se frappait de temps en temps la tête contre la porte, en s'écriant: " Quintilius Varus, rends-moi mes légions". L'anniversaire de cette défaite fut toujours pour lui un jour de tristesse et de deuil.

(1) Graues ignominias cladesque duas omnino nec alibi quam in Germania accept, Lollianam et Varianam, sed Lollianam maioris infamiae quam detrimenti, Varianam paene exitiabilem, tribus legionibus cum duce legatisque et auxiliis omnibus caesis.

(2) Hac nuntiata excubias per urbem indixit, ne quis tumultus existeret, et praesidibus prouinciarum propagauit imperium, ut a peritis et assuetis socii continerentur.

(3) Vouit et magnos ludos Ioui Optimo Maximo, si res p. in meliorem statum uertisset: quod factum Cimbrico Marsicoque bello erat.

(4) Adeo denique consternatum ferunt, ut per continuos menses barba capilloque summisso caput interdum foribus illideret, uociferans: "Quintili Vare, legiones redde!" diemque cladis quot annis maestum habuerit ac lugubrem.


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[28 février 2001]

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