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Métamorphoses d'Ovide : Avant-Propos - Notices - Hypertexte louvaniste - Iconographie ovidienne - Page précédente - Page suivante


 

OVIDE - MÉTAMORPHOSES

Livre XI

Traduction nouvelle annotée

par

Anne-Marie Boxus et Jacques Poucet (2008)

Céyx dans la tempête  (Ludovico Dolce, 1558).
Source


Plan

Fin de l'histoire d'Orphée - Légende de Midas (11, 1-193)

Amorce des légendes troyennes : Laomédon - Pélée - Céyx (11, 194-409)

Céyx et Alcyoné (I)  : Unis, mais séparés  (11, 410-572)

Céyx et Alcyoné (II) : Réunis dans la mort et métamorphosés (11, 573-795)


Résumé

Fin de l'histoire d'Orphée - Légende de Midas (11, 1-193)

Mort d'Orphée - Châtiment des Ménades (11, 1-84)

Orphée, dont les chants captivent toutes les créatures, est pris à partie par les Ménades de Thrace qui, ne lui pardonnant pas son mépris à l'égard des femmes, se déchaînent contre lui. Massacrant d'abord les animaux envoûtés par le chant du poète, elles font arme de tout ce qu'elles trouvent pour lui donner le coup de grâce. (11, 1-43)

La nature entière pleure le poète, dont les restes mutilés et la lyre sont emportés par l'Hèbre jusqu'à la mer et finissent par échouer à Lesbos. Apollon métamorphose en rocher un serpent qui s'en prenait à la tête de son poète, tandis que l'ombre d'Orphée se retrouve définitivement réunie avec Eurydice dans les Enfers. (11, 44-66)

Bacchus ne laisse pas impuni le meurtre d'Orphée et, pour châtier les Ménades qui avaient participé ou assisté au meurtre, il les métamorphose en arbres enracinés sur place. (11, 67-84)

Midas, métamorphoseur métamorphosé (11, 85-193) 

Bacchus, escorté de sa troupe de Satyres et de Bacchantes, passe de Thrace en Phrygie. Des paysans phrygiens capturent le Satyre Silène, qu'ils livrent en état d'ivresse à Midas, leur roi. Celui-ci, heureux de retrouver celui qui l'avait jadis initié aux orgies bacchiques, l'accueille généreusement, puis le reconduit auprès de Bacchus. (11, 85-99)

Pour le remercier, Bacchus propose à Midas de se choisir une récompense. Peu avisé, Midas choisit de pouvoir transformer en or tout ce qu'il touchera. Mais ce pouvoir, qui le ravit dans un premier temps, s'avère très vite catastrophique : même les aliments que Midas porte à sa bouche se transforment en or, l'empêchant ainsi de se nourrir. (11, 100-130)

 Midas reconnaît et regrette son erreur, et Bacchus le débarrasse de son pouvoir funeste, en lui recommandant d'aller se baigner dans le Pactole, fleuve dont les flots et les champs voisins ont depuis lors la couleur de l'or. (11, 131-145)

Après cela, Midas vécut dans les bois, près du Tmolus. Un jour, le dieu Pan, avec son simple pipeau, eut l'audace de se mesurer au brillant Apollon dans un concours de chant. Désigné comme arbitre, le mont Tmolus donna la palme à Apollon ; seul Midas prit parti pour Pan. Le dieu de Délos châtia Midas pour sa stupidité, en lui donnant des oreilles d'âne. (11, 146-179)

Son coiffeur surprend l'affreux secret du roi, qui cherche pourtant à le dissimuler. Ne pouvant s'empêcher de révéler ce qu'il a découvert, mais craignant la colère de son maître, le serviteur s'isole, creuse un trou auquel il confie son secret à voix basse, avant de le recouvrir de terre. Mais l'année suivante, des roseaux ont poussé à cet endroit et quand le vent les agite, ils parlent des oreilles d'âne de Midas. (11, 180-193)

 

Amorce des légendes troyennes : Laomédon - Pélée - Céyx (11, 194-409)

Laomédon le parjure et sa fille Hésioné (11, 194-217a)

Apollon se dirige alors vers la région de Troie où il rencontre le roi de Phrygie, Laomédon, en train d'élever les murailles de la ville. Neptune et lui, ayant pris forme humaine, conviennent, moyennant une certaine quantité d'or, d'aider le roi dans son entreprise gigantesque. L'oeuvre achevée, le roi fait preuve de mauvaise foi et refuse de payer le salaire convenu. (11, 194-206)

Neptune se venge en inondant toute la campagne troyenne et il envoie un monstre marin exigeant que lui soit livrée en pâture la propre fille du roi, Hésioné. Hercule, de passage avec les Argonautes, délivre Hésioné qu'on avait attachée à un rocher. Mais il se voit refuser les chevaux qui devaient le récompenser ; alors il s'empare de la ville et obtient Hésioné comme épouse pour son fidèle compagnon, Télamon. (11, 207-220)

Pélée, époux heureux de Thétis, doit s'exiler chez Céyx (11, 217b-288)

La mention de Télamon sert à introduire le personnage de son frère, Pélée. Protée avait annoncé à la nymphe Thétis qu'elle mettrait au monde un fils destiné à être plus grand que son père. Pour éviter d'être supplanté, Jupiter renonça à s'unir à Thétis qu'il désirait pourtant et chargea son petit-fils, Pélée, de le remplacer auprès de la Néréide. (11, 217b-228)

Pélée cherche à étreindre Thétis qu'il a surprise se reposant dans une grotte au centre d'une baie d'Hémonie. Mais la nymphe, qui a le pouvoir de se métamorphoser, lui échappe en se transformant en oiseau, puis en arbre, puis en tigresse. Pélée effrayé invoque alors les dieux de la mer et reçoit de Protée le conseil d'enchaîner Thétis à son insu durant son sommeil et de la maintenir solidement serrée, jusqu'à ce qu'elle retrouve sa forme primitive. (11, 229-256)

Pélée suit ce conseil ; Thétis a beau se métamorphoser, elle ne peut se défaire de ses liens et comprend qu'une puissance divine se manifeste ainsi, ce qui la pousse à reprendre son apparence normale. Thétis et Pélée s'unissent donc, engendrent le futur Achille et vivent heureux. (11, 257-265)

Pélée, malgré son bonheur, est contraint à s'exiler, à cause du meurtre de son frère Phocus. Il obtient l'asile chez Céyx, roi paisible de Trachinie, qui l'accueille avec bonté, bien qu'affecté lui même à ce moment-là par un deuil. (11, 266-288)

Céyx raconte à Pélée la métamorphose de Daedalion (11, 289-345)

La tristesse du doux Céyx s'explique par la perte de son frère Daedalion, qui conserva son caractère farouche et belliqueux, après sa métamorphose en épervier. (11, 289-300)

Ce Daedalion avait eu une fille, Chioné, très jolie, dont s'éprennent les dieux Apollon et Mercure. Mercure endort la belle et abuse d'elle, puis c'est le tour d'Apollon. Au terme de sa grossesse, Chioné met au monde deux jumeaux, Autolycus, le fils très astucieux de Mercure, et Philammon, célèbre musicien digne de son père Apollon. Chioné, fière de sa réussite, prétendit surpasser Diane en beauté ; d'une flèche la déesse vindicative lui transperça la langue et Chioné succomba à sa blessure. (11, 301-328)

Daedalion, inconsolable, tenta vainement de mourir en se jetant sur le bûcher de sa fille, puis il s'enfuit pour s'arrêter, épuisé, au sommet du Parnasse. Apollon, pris de compassion, le métamorphosa en épervier, cet oiseau qui fait le malheur des autres oiseaux, parce qu'il est malheureux lui-même. (11, 329-345)

Un loup rappelle à Pélée le crime qui l'a souillé (11, 346-409)

Le gardien du troupeau de Pélée, visiblement effrayé, annonce soudain qu'un loup monstrueux a surgi d'un marais voisin du temple des divinités de la mer, et qu'il attaque avec une rage et une cruauté démesurées le troupeau qui se reposait sur le rivage. Les hommes prennent les armes pour sauver ce qui peut l'être. (11, 346-378)

Céyx veut se joindre aux combattants, malgré les supplications de son épouse Alcyoné, qui cherche à le retenir. Pélée comprend que le massacre de ses boeufs est voulu par la Néréide Psamathé comme une offrande aux mânes de son fils Phocos, tué par ses frères, et il conseille à Céyx d'implorer les divinités marines, plutôt que de prendre les armes. (4, 379-392)

Du haut d'une tour, Céyx et ses hôtes aperçoivent sur le rivage le loup poursuivant son oeuvre dévastatrice. Pélée implore en vain la Néréide Psamathé, mais une autre Néréide, sa soeur Thétis, intervient en faveur de son époux Pélée, en métamorphosant le loup en statue de pierre. Pélée toutefois repart en exil chez les Magnètes, où Acaste le purifie. (4, 393-409)

 

Céyx et Alcyoné (I) : Unis, mais séparés (11, 410-572)

Séparation des deux époux (11, 410-473)

Céyx, suite aux prodiges récemment survenus, décide de consulter l'oracle de Claros. Cette perspective effraie Alcyoné et provoque ses pleurs et ses protestations : dans un long plaidoyer, elle cherche à dissuader son époux de partir, en invoquant tour à tour leur profond amour réciproque, le danger d'un voyage en mer, puis elle affirme parler en connaissance de cause, étant la fille d'Éole ; du reste, elle veut l'accompagner pour mourir avec lui, s'il ne renonce pas. Mais Céyx refuse d'exposer Alcyoné au danger d'une traversée et veut la rassurer en lui promettant son prochain retour. (11, 410-453)

 Céyx prêt au départ laisse l'infortunée Alcyoné. Celle-ci, en proie aux pires pressentiments, lui fait des adieux déchirants, et se retrouve seule et inconsolable dans sa chambre, où tout lui rappelle l'absence de son époux. (11, 454-473)

Naufrage et mort de Céyx (11, 474-572)

Le navire qui avait pris le départ par temps calme était parvenu à mi-parcours, quand, vers le soir, une tempête se leva, surprenant l'équipage et le capitaine qui, malgré leurs efforts, furent absolument impuissants devant les éléments de plus en plus déchaînés. Le navire fut le jouet des vagues et bientôt l'eau pénétra à l'intérieur de la coque. En outre, la pluie se mit à tomber et l'obscurité fut totale. La violence des éclairs et du tonnerre, ainsi que les assauts des vagues plongèrent tout l'équipage dans l'épouvante. (11, 474-536)

Découragés et impuissants devant les éléments déchaînés, les hommes s'attendent à mourir, ne pouvant plus que prier et songer à leurs proches. Alcyoné occupe toutes les pensées de Céyx. Bientôt le navire se brise, et la plupart des hommes meurent. Céyx nage pendant quelque temps, tout occupé à penser à son épouse, et souhaitant que son cadavre s'échoue sur le rivage de sa patrie pour y être honoré par elle d'une sépulture. Bientôt il meurt lui aussi, et ce jour-là, Lucifer ne brille pas de son éclat habituel. (11, 537-572)

 

Céyx et Alcyoné (II) : Réunis dans la mort et métamorphosés (11, 573-795)

 Junon envoie un Songe à Alcyoné (11, 573-632)

Alcyoné attendait impatiemment le retour de Céyx et invoquait pour lui les dieux, surtout Junon. Mais cette dernière, pour éviter le risque d'une souillure, veut avertir Alcyoné de la mort de Céyx par l'intermédiaire d'un Songe, et elle charge Iris de transmettre son ordre au Sommeil, qui le fera exécuter. (11, 573-591)

L'antre du Sommeil se trouve dans un pays lointain, dans une grotte retirée et obscure, bercée seulement par le murmure du Léthé et dont l'entrée, dépourvue de porte et de gardien, est défendue par des plantes soporifiques. Au centre de la grotte se dresse le lit du seigneur des lieux, le Sommeil, entouré de ses innombrables fils, les Songes. (11, 592-615)

Iris tire Sommeil de sa torpeur et, sans lui ménager ses compliments, lui communique l'ordre de Junon, lui intimant d'envoyer à Trachis un Songe qui se présenterait à Alcyoné sous les traits de Céyx naufragé. Puis elle s'empresse de regagner le ciel. (11, 616-632)

Morphée avertit Alcyoné, qui veut accompagner Céyx dans la mort (11, 633-709)

Parmi les Songes habitués à visiter les humains, le Sommeil désigne, pour exécuter l'ordre de Junon, Morphée qu'il estime le plus apte à imiter fidèlement l'apparence humaine ; ensuite, le dieu s'empresse de regagner sa couche douillette. (11, 633-649)

Morphée, sous les traits de Céyx, se présente à Alcyoné endormie, lui décrit son naufrage et lui demande de ne pas le laisser sans funérailles. (11, 650-676)

Une fois réveillée, la malheureuse est persuadée de la réalité de son rêve, et manifeste sa douleur d'une manière très démonstrative, appropriée à un deuil ; elle rabroue sa nourrice, en lui annonçant la mort de son époux, dont sa vision nocturne lui a donné la certitude. (11, 677-693)

Ensuite, comme si elle s'adressait à son époux, elle rappelle ses mauvais pressentiments au moment de son départ, regrette de ne pas l'avoir accompagné, et exprime sa résolution de le rejoindre pour toujours dans la mort. (11, 694-709)

Alcyoné découvre le cadavre de Céyx - Métamorphose des deux époux (11, 710-748)

Dès le lendemain matin, Alcyoné se rend à l'endroit d'où Céyx s'était embarqué et bientôt elle identifie le cadavre de son époux rejeté par les flots. Elle manifeste sa profonde désolation, près d'un brise-lames. (11, 710- 730)

Soudain on l'aperçoit en haut de la digue, puis en train de survoler la surface des flots, métamorphosée en oiseau marin . De ses ailes, elle entoure le cadavre du naufragé qu'elle tente de couvrir de baisers. Les dieux compatissants finalement transforment Céyx lui aussi en oiseau, les laissant poursuivre leur vie d'époux fidèles et de parents, tandis qu' Éole assure une mer calme, quand c'est nécessaire pour leur progéniture. (11, 731-749)

Ésaque, métamorphosé en plongeon (11, 749-795)

Sur le rivage, un témoin de la transformation d'Alcyoné et de Céyx raconte alors la métamorphose d'un plongeon, qui avant d'être un oiseau marin, était un prince de l'illustre dynastie troyenne, fils de Priam et (demi-)frère d'Hector. Ce prince nommé Ésaque vivait par goût loin de la cour. (11, 749-766)

La nymphe Hespérie, dont Ésaque était épris, est un jour mortellement blessée par un serpent, au moment où le jeune homme la poursuivait. Cette mort, dont il se sent responsable, le désespère, et il promet de mourir lui aussi pour consoler la malheureuse défunte. (11, 767-782)

Pour se donner la mort, il se précipite dans la mer du haut d'un rocher, mais la déesse Téthys l'empêche de se noyer en le métamorphosant, bien contre son gré, en un oiseau marin, nommé plongeon. (11, 783-795)


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