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Troisième chapitre
Auteurs retenus
DIODORE DE SICILE [Notice]
Bibliothèque historique, I, 1, 4-5 (trad. H.VAN EFFENTERRE)
Dans toutes les circonstances de la vie, on devrait croire que l'histoire est la plus utile des disciplines. Aux jeunes gens, elle confère la prudence des hommes d'âge. Chez les vieillards, elle redouble et multplie l'expérience déjà acquise. Elle rend les simples particuliers dignes de gouverner, et les gouvernants, elle les incline aux entreprises les plus admirables par l'immortalité que leur apportera la gloire! Grâce aux éloges qu'ils mériteront après leur mort, elle prédispose davantage les militaires à courir des risques pour la patrie! Et elle détourne les criminels de la voie du mal par la crainte d'opprobres éternels!
IV, 1, 4 Nous avons pris la peine, pour écrire notre histoire, de consacrer tous nos efforts à l'étude du lointain passé. Héros, demi-dieux et autres grands hommes ont accompli beaucoup d'actions très remarquables. En reconnaissance de leurs bienfaits pour la communauté, les modernes les honorent par des sacrifices à l'égal des dieux ou sur le mode héroïque. L'histoire leur doit à tous un hommage approprié dans la composition qu'elle fait pour la postérité!
XV, 1, 1 (trad. Cl.VIAL) Au cours de cet ouvrage, nous n'avons jamais cessé de parler librement selon la coutume des historiens, de décerner aux gens de bien l'éloge qui récompense leurs belles actions et d'infliger aux méchants pour chacune de leurs fautes le blâme qu'ils méritent; de cette manière, nous pensons inciter, par l'espoir d'une gloire immortelle, les âmes naturellement nobles à tenter les plus belles entreprises et détourner, par la crainte de justes reproches, les êtres mauvais de courir le mal.
VARRON
Censorinus, De die natali liber, XXI (trad. NISARD) Je vais parler maintenant de cette période de temps que Varron appelle historique. Cet auteur, en effet, divise le temps en trois périodes: la première s'étend de l'origine des hommes au premier déluge, et il l'appelle incertaine, à cause des ténèbres qui en dérobent la connaissance; la seconde s'étend du premier déluge à la première olympiade, et, comme elle a donné lieu à une foule de récits fabuleux, il la nomme mythique; la troisième va de la première olympiade jusqu'à nous; il l'appelle historique, parce que les événements qui s'y sont passés sont consignés dans de véritables histoires.
DENYS D'HALICARNASSE [Notice]
Antiquités romaines, I, 4 (trad. Valérie Fromentin - J. Schnbele) Sur le fait, en revanche, que ce n'est pas sans réflexion ni sages précautions que je me suis tourné vers la période archaïque de l'histoire de Rome, mais avec au contraire de bonnes raisons à donner pour justifier mon choix, je voudrais dire quelques mots dans ce prologue, afin que certains, qui se plaisent à tout critiquer, n'aillent pas me blâmer, alors qu'ils n'ont encore rien entendu de ce que je vais révéler: cette cité, diront-ils, de nos jours digne de louanges, a connu des débuts sans gloire, fort humbles et qui ne méritent pas qu'on en écrive l'histoire; elle n'est par ailleurs devenue illustre et glorieuse que depuis peu de générations, à partir du moment où elle eut abattu la puissance macédonienne et mené victorieusement les Guerres Puniques: alors qu'il m'était possible de prendre pour sujet une des périodes glorieuses de son histoire, j'ai préféré une qui n'a rien de brillant! Mais c'est que l'ignorance est encore quasi générale chez les Grecs en ce qui concerne l'histoire ancienne de la cité des Romains, et certaines opinions qui, loin d'être vraies, se fondent sur les premiers racontars venus, induisent la plupart des gens en erreur, en prétendant que Rome se flatterait d'avoir eu pour fondateurs des hommes sans feu ni lieu, des Barbares qui n'étaient pas même de condition libre, et que ce ne serait pas grâce à sa piété ni à son sens de la justice ni à ses autres vertus qu'elle serait parvenue avec le temps à l'hégémonie universelle, mais grâce à quelque hasard et à une Fortune injuste qui distribuerait inconsidérément les plus grands biens à ceux qui en sont les plus indignes. Et il est de plus méchants esprits encore qui ont pris l'habitude d'accuser ouvertement la Fortune de donner aux pires des Barbares les biens des Grecs. Mais à quoi bon parler de tous ceux-là, quand il s'est trouvé même des historiens pour oser écrire ces mensonges dans leurs Histoires et les laisser à la postérité, dans le seul but de complaire, par des Histoires qui n'étaient ni justes ni vraies, à des rois barbares qui haïssaient l'hégémonie romaine et auprès desquels ils jouèrent eux-mêmes toute leur vie le rôle de serviles courtisans?
I, 7, 2 (trad. J.-M.H.) Je suis arrivé en Italie au moment où César Auguste mettait fin à la guerre civile, au milieu de la 187e Olympiade, et j'ai vécu à Rome depuis lors jusqu'à maintenant, soit vingt-deux ans. J'ai appris la langue des Romains et j'ai pris connaissance de leur littérature. Durant toute cette période, je n'ai fait que m'occuper de ce qui concernait mon projet. Certaines données, je les ai recueillies auprès de gens très érudits avec lesquels je suis entré en contact; les autres renseignements, je les ai pris dans des histoires écrites par des Romains jouissant d'une grande considération dans leur pays, Porcius Caton, Fabius Maximus, Valérius Antias et Licinius Macer, les Aelius, Gellius, Calpurnius et beaucoup d'autres auteurs bien connus là-bas. Ayant puisé dans leurs travaux -- qui ressemblent aux chronographies grecques -- je me suis essayé à écrire. Voilà ce que j'avais à dire à mon sujet.
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Les commentaires éventuels peuvent être envoyés à Jean-Marie Hannick.